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Pologne : un ex-ministre dit avoir obtenu « l’asile » en Hongrie

Zbigniew Ziobro est notamment accusé d'avoir orchestré des détournements d'argent provenant d'un fonds spécial destiné à soutenir les victimes de crimes pour financer illégalement l'achat du logiciel espion Pegasus de fabrication israélienne

Le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro devant les journalistes à Varsovie, en Pologne, le 26 septembre 2020. (Crédit : Czarek Sokolowski/AP)
Le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro devant les journalistes à Varsovie, en Pologne, le 26 septembre 2020. (Crédit : Czarek Sokolowski/AP)

Un ancien ministre du parti conservateur polonais Droit et Justice (PiS, nationaliste), poursuivi dans son pays pour malversations, a affirmé lundi avoir obtenu « l’asile politique » en Hongrie.

Zbigniew Ziobro, 55 ans, est visé par une enquête pour des faits d’abus de pouvoir et association de malfaiteurs alors qu’il était ministre de la Justice et procureur général dans les gouvernements du PiS entre 2015 et 2023.

Les députés polonais ont voté en novembre 2025 la levée de son immunité parlementaire et autorisé son placement en détention provisoire.

Refusant de répondre aux convocations de la justice polonaise au motif que les poursuites engagées à son encontre seraient le fruit d’une persécution « politique » orchestrée par l’exécutif du centriste Donald Tusk, Ziobro a trouvé refuge à Budapest.

Dans une publication-fleuve sur X lundi, il explique avoir « décidé de recourir à l’asile politique accordé par le gouvernement hongrois ».

« Je remercie vivement le président Viktor Orban », écrit-il en dénonçant « le banditisme » et « l’instauration progressive d’une dictature » en Pologne.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’exprime lors d’une campagne électorale à Szekesfehervar, en Hongrie, le 6 avril 2018. (Laszlo Balogh/Getty Images/via JTA)

Son épouse a également obtenu l’asile bien qu’elle ne fasse l’objet d’aucune poursuite. Leur avocat a confirmé l’information sur son compte X.

L’un de ses adjoints de l’époque, Marcin Romanowski, accusé d’actes similaires, avait lui aussi obtenu l’asile politique en Hongrie en décembre 2024.

« Pays d’origine sûrs »

Ziobro est notamment accusé d’avoir orchestré des détournements d’argent provenant d’un fonds spécial destiné à soutenir les victimes de crimes et d’avoir utilisé ce fonds à des fins politiques ainsi que pour financer illégalement l’achat du logiciel espion Pegasus de fabrication israélienne.

Selon le gouvernement actuel, ce logiciel aurait été utilisé à l’époque pour surveiller des opposants politiques.

S’il est reconnu coupable, Ziobro, qui suit un traitement contre un cancer, risque jusqu’à 25 ans de prison.

Le vice-ministre polonais de la Défense, Cezary Tomczyk, a fustigé l’annonce de Ziobro, « un ancien ministre de la Justice qui se soustrait à ses responsabilités en fuyant dans le pays d’Orban, un ami (du président russe) Poutine ».

Ziobro est l’architecte d’une série de réformes judiciaires controversées entre 2015 et 2023. Ces réformes ont provoqué un bras de fer entre la Pologne et la Commission européenne, selon laquelle ces mesures fragilisaient l’Etat de droit et l’équilibre des pouvoirs.

Le gouvernement pro-européen de Donald Tusk, aux affaires depuis 2023, s’est engagé à revenir sur ces réformes mais le président nationaliste Karol Nawrocki, élu en juin 2025 avec le soutien du PiS, y oppose presque systématiquement son veto.

Un mécanisme d’asile politique n’existe pas en tant que tel entre Etats membres de l’UE pour la protection de leurs ressortissants.

Le droit européen considère en effet que « le niveau de protection des droits fondamentaux et des libertés fondamentales dans les États membres de l’Union européenne » en font « des pays d’origine sûrs les uns vis-à-vis des autres ».

Des exceptions sont toutefois prévues, par exemple si l’Etat membre du ressortissant concerné a dérogé à ses obligations en matière de protection des droits humains et des libertés fondamentales telles qu’énoncées dans la Convention de Rome.

Pour justifier la décision de Budapest, le chef de la diplomatie hongroise, Peter Szijjarto, a estimé lundi que la démocratie et l’Etat de droit était « en crise et menacés en Pologne ».

Son pays, a-t-il ajouté, a accepté des demandes d' »asile » ou accordé « le statut de réfugié » à « plusieurs personnes cibles de persécution politique en Pologne ».

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