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Pour des raisons officielles de sécurité, Tsahal procède à l’arrachage d’oliviers en Cisjordanie

Palestiniens et militants affirment que l’armée coupe des arbres sur des terres privées à un rythme effréné remettant en cause le bien-fondé de cette campagne destinée à mettre fin aux attaques

Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Khaled Shamlawi près d’oliviers déracinés dans le village de Haris, en Cisjordanie, le 13 mai 2026. (Nurit Yohanan/Times of Israel)
Khaled Shamlawi près d’oliviers déracinés dans le village de Haris, en Cisjordanie, le 13 mai 2026. (Nurit Yohanan/Times of Israel)

Chaque année, Khaled Shamlawi récolte les olives de sa petite oliveraie forte de quelques dizaines d’arbres, située à quelques centaines de mètres de son domicile dans le village de Haris, en Cisjordanie, non loin de l’implantation d’Ariel, au sud de Naplouse.

En règle générale, la vente de ses fruits lui rapporte plus ou moins 5 000 NIS par an, selon ses estimations, un complément modeste mais non négligeable à ses revenus dans une région où le salaire mensuel moyen est de l’ordre de 3 100 NIS.

Mais il y a de cela un mois et demi, des soldats israéliens ont déraciné une vingtaine de ses arbres, certains d’entre eux centenaires, lesquels se trouvaient près de la route. Depuis ce jour, son oliveraie est en partie détruite.

Quelques semaines plus tôt, un représentant du ministère de la Défense s’était rendu chez Shamlawi pour lui annoncer que ses arbres allaient être abattus au motif que des pierres avaient été lancées sur des voitures circulant sur cette route, tout autant empruntée par des Israéliens que des Palestiniens. Les arbres permettaient aux agresseurs de se dissimuler, lui aurait expliqué le militaire israélien.

« Je lui ai dit que ce n’était pas vrai et que c’était nos terres — que nous ne laisserions personne venir ici causer des problèmes », explique Shamlawi. « Ils ne m’ont pas cru. »

Les arbres de Shamlawi sont déjà séparés de la route par une clôture installée par l’armée israélienne il y a de cela une vingtaine d’années, ajoute-t-il. Il tente alors de persuader l’homme de construire une autre clôture, au lieu d’arracher les arbres, mais en vain.

Selon les Palestiniens et les organisations de défense des droits humains qui leur viennent en aide, c’est dans toute la Cisjordanie que de pareils arrachages ont lieu, signe manifeste d’une tendance de l’armée israélienne à retirer les arbres des Palestiniens pour des raisons de sécurité, alors même que des voix critiques affirment que ces mesures sont le plus souvent injustifiées.

« Il n’y a jamais rien eu de tel auparavant. C’est une augmentation folle », commente l’activiste Dror Etkes, de l’ONG israélienne Kerem Navot, qui mène des recherches sur la politique foncière israélienne en Cisjordanie.

Khaled Shamlawi près de ses oliviers déracinés par l’armée israélienne, le 13 mai 2026. (Nurit Yohanan, The Times of Israel)

Il explique au Times of Israel avoir recueilli des dizaines d’ordres imposant l’arrachage d’arbres pour des raisons de sécurité depuis fin 2025. Or, souligne Etkes, ces dernières années, cette pratique avait toujours été utilisée avec parcimonie.

Ces mesures s’ajoutent à d’autres actions similaires menées depuis des années par l’Administration civile, l’unité du ministère de la Défense chargée des affaires civiles en Cisjordanie, laquelle a d’ores et déjà à son actif l’arrachage de milliers d’arbres pour faciliter l’expansion des implantations ou la construction de routes.

Cependant, l’Administration civile n’arrache que les arbres situés sur des terres domaniales, là où la campagne de l’armée israélienne vise également des bosquets situés sur des terres palestiniennes privées.

L’armée israélienne a refusé de répondre aux questions du Times of Israel concernant le nombre d’ordres d’arrachages d’arbres émis, ces dernières années, et pour savoir s’il y a effectivement eu une augmentation de leur nombre.

Palestiniens et militants assurent que cette augmentation est spectaculaire.

Aviv Tatarsky, qui est militant de l’organisation pacifiste Ir Amim, laquelle vient en aide aux Palestiniens de Cisjordanie, a déclaré au Times of Israel que, ces derniers mois, plus de 1 000 arbres appartenant à des habitants de Haris et des localités voisines de Kifl Haris et Deir Istiya avaient été arrachés, semble-t-il par l’armée israélienne.

Shamlawi ajoute faire partie de la trentaine d’habitants de Haris à avoir reçu des avis similaires en mars dernier, les informant que les arbres situés près de la route seraient arrachés.

L’agriculteur palestinien Kazem Al-Hajj Muhammad et ses enfants inspectent les oliviers déracinés sur leurs terres, le 24 août 2025. (AP Photo/Majdi Mohammed)

Un habitant de Deir Istiya, qui a demandé à rester anonyme de crainte de représailles, a déclaré au Times of Israel que le 7 mai dernier, l’armée avait arraché 30 oliviers sur ses terres, non loin d’une route.

Selon lui, deux semaines avant l’opération d’arrachage, des représentants de l’armée israélienne et de l’Administration civile l’avaient informé que les arbres de sa parcelle adjacente à la route principale menant au village seraient retirés.

Les habitants ne savent pas à quelle date l’arrachage doit avoir lieu et Shamlawi explique avoir appris que les travaux avaient commencé en voyant des bulldozers arracher ses oliviers.

Si lui et d’autres ont été informés des projets d’arrachage de leurs arbres, ce n’est pas le cas de tous les propriétaires fonciers. Les actions de l’armée israélienne étant menées sur ordre militaire, l’obligation d’information des propriétaires fonciers est moins stricte.

Des Palestiniens récoltent des olives pendant la saison des récoltes, dans le village de Qusra, en Cisjordanie, dans le sud de Naplouse, le 15 octobre 2024. (Flash90)

Les avis d’arrachage n’ont pas à être publiés, simplement apposés sur la parcelle concernée ainsi que dans les bureaux de coordination et de liaison de district de l’Administration civile, les centres administratifs situés en dehors des villages palestiniens et dont les horaires d’ouverture sont limités.

En mars 2026, l’organisation israélienne de défense des droits humains Yesh Din, qui apporte une assistance juridique aux Palestiniens, a recensé pour ce seul mois pas moins de 16 ordres d’arrachage d’oliviers émis par l’armée israélienne en différents endroits de la Cisjordanie. Ces ordres concernaient 82 hectares de terres, réparties en plusieurs parcelles, dont certaines se trouvaient sur des terres privées palestiniennes.

On ignore le nombre d’ordres déjà exécutés.

Un Palestinien passe devant des oliviers déracinés et des barbelés posés par des soldats israéliens à la suite d’un raid militaire dans le village d’Al-Mughayyir, en Cisjordanie, le dimanche 24 août 2025. (AP Photo/Majdi Mohammed)

Les ordres de l’armée israélienne, qualifiés de « mesures de sécurité », autorisent l’enlèvement ou le déplacement des arbres. Cependant, dans tous les cas décrits dans cet article, les arbres ont été arrachés sans être replantés ailleurs. L’armée israélienne n’a pas répondu aux questions du Times of Israel tenant aux raisons pour lesquelles les oliviers ne sont pas replantés.

Arracher des arbres pour les replanter ailleurs s’avère plus compliqué et long que le simple arrachage, ce qui peut expliquer que l’armée opte pour la solution la plus facile, même si cela porte préjudice à des propriétaires fonciers qui ne sont accusés d’aucun acte répréhensible, estiment les avocats qui défendent les Palestiniens dont les arbres ont été déracinés.

Cette année, en réponse à un recours introduit devant la Cour suprême au nom des habitants de Yabad, l’armée israélienne a fait part de ses regrets concernant sa décision de ne pas replanter les 588 arbres appartenant à des habitants qu’elle avait déracinés fin 2025.

La transplantation d’oliviers est un processus complexe qui requiert un équipement spécialisé et beaucoup de temps, surtout lorsqu’il s’agit de parcelles comptant des centaines d’arbres.

Un olivier appartenant à Khaled Shamlawi, un habitant de Hares, a été déraciné par l’armée israélienne, le 13 mai 2026 (Nurit Yohanan, Times of Israel)

Dans le cadre du recours déposé devant la Cour suprême suite à ces arrachages, l’armée israélienne a reconnu que les arbres des habitants avaient été arrachés et non déplacés, comme cela aurait dû être le cas, et a fait part de ses regrets à ce sujet. La procédure judiciaire suit son cours.

« Il s’agit de la propriété privée de personnes contre lesquelles il ne pèse aucune accusation d’acte répréhensible », explique au Times of Israel l’avocat Alon Sapir, qui représente les habitants de Yabad. « L’argument [de l’État] est que ces arbres pouvaient dissimuler des personnes désireuses de mener des attaques sur la route. Les juges ont fait part de leur malaise face à la manière dont cette affaire est traitée. »

L’affaire suit son cours.

Modeler une nouvelle réalité

Les ordres d’arrachage des arbres pour raisons de sécurité sont émis sur la base de considérations opérationnelles de terrain et doivent être approuvés par le chef du Commandement central de l’armée israélienne. Cependant, la plupart du temps, l’armée ne rend pas publiques les raisons pour lesquelles les arbres doivent être abattus pas plus que la menace qu’ils représentent.

L’armée ne détaille pas ces considérations dans les ordres qu’elle émet. L’ex-chef du Commandement central, Gadi Shamni, explique au Times of Israel que pour une personne extérieure à l’armée, n’ayant pas accès aux informations précises concernant les tentatives d’attentats, il est très difficile d’établir dans quelle mesure les arrachages sont ou non nécessaires et justifiés.

« Je ne connais pas les considérations en jeu — s’il s’agit d’une mesure justifiée ou non, quel est le niveau de risque, combien d’arbres doivent être arrachés. C’est une question tactique », poursuit-il.

Des Palestiniens inspectent des oliviers qui auraient été déracinés par des soldats israéliens à l’aide d’un bulldozer dans le village d’Al-Mughayyir, en Cisjordanie, au nord de Ramallah, le 24 août 2025. (Zain JAAFAR / AFP)

Selon l’avocat de Yesh Din, Roni Pelli, la forte augmentation des arrachages d’arbres pour raisons de sécurité a commencé en août dernier, suite à une tentative d’attaque près du village d’Al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah.

Selon l’armée israélienne, le 21 août dernier, un tireur embusqué dans les arbres, près de la route, a ouvert le feu sur des civils israéliens venus d’un avant-poste voisin. Après la fusillade, qui n’a fait aucune victime, des affrontements ont éclaté et le tireur a agressé un berger israélien âgé de 20 ans, qu’il a légèrement blessé.

L’agresseur a pris la fuite en direction d’Al-Mughayyir, ce qui a par la suite donné lieu à des interventions de l’armée israélienne dans le village. Le suspect, un habitant de ce même village, a été arrêté un jour plus tard. Les jours suivants, les bulldozers de l’armée israélienne ont arraché 3 100 oliviers sur les terres environnantes.

Au lendemain de l’attaque, le commandant du Commandement central de l’armée israélienne, le général de division Avi Bluth, avait indiqué que les actions de l’armée étaient à la fois des mesures punitives et dissuasives. « Chacun de ces villages et chacun de nos ennemis doit savoir que s’ils s’en prennent à des habitants, ils en paieront le prix », avait déclaré Bluth. « Ils subiront des couvre-feux, des bouclages et des opérations de remodelage. »

Le chef du Commandement central de l’armée israélienne, le général de division Avi Bluth, à droite, s’entretient avec des soldats en Cisjordanie, sur une photo de presse fournie le 12 novembre 2025. (Armée israélienne)

Le terme d’ « opérations de remodelage » désigne, en langage militaire, la création ou le maintien de conditions sur le terrain favorables à l’armée, notamment par des mesures telles que le remodelage du terrain ou encore l’élimination de la végétation, à commencer par les arbres.

Le 1er mai dernier, Bluth a déclaré aux résidents d’implantations que l’amélioration de la sécurité en Cisjordanie était liée à ces opérations, menées à la faveur d’un changement stratégique initié par lui depuis sa prise de fonction.

« La situation sécuritaire dans le ressort du Commandement central s’est spectaculairement améliorée grâce à une stratégie offensive », a-t-il déclaré. « Elle a été formulée et rédigée lors de ma prise de fonctions, en juillet 2024. Le remodelage du terrain et les autres opérations de remodelage changent la donne. »

Une pelleteuse de l’Administration civile déracine un olivier palestinien dans le nord de la Cisjordanie, le 7 mai 2026. (Autorisation)

Selon Pelli, l’arrachage d’arbres à grande échelle ne s’est pas arrêté depuis les opérations d’al-Mughayyir.

« Si un Palestinien n’a pas de chance et que ses terres se trouvent près d’un tronçon de route où la visibilité est mauvaise, ils vont arracher ses arbres », explique-t-elle.

Elle est contre cette politique, qu’elle juge injustifiée au regard de ses bénéfices.

« Un commandant militaire est autorisé à prendre certaines mesures pour des raisons de sécurité, mais elles doivent être proportionnées », précise-t-elle.

Depuis l’attaque d’août dernier, l’armée israélienne a saisi de vastes zones autour d’al-Mughayyir en vertu d’ordres militaires émis pour raisons de sécurité, empêchant les propriétaires fonciers palestiniens d’accéder à leurs terres.

Sur cette photo prise le lundi 18 octobre 2010, on voit un âne paître sous un olivier à Tel, en Cisjordanie. (AP/Tara Todras-Whitehill)

En réponse au recours déposé auprès de la Cour suprême par Yesh Din, l’armée israélienne a fait valoir que les arbres situés près d’al-Mughayyir avaient été arrachés car ils constituaient « un point faible en matière de sécurité », lequel avait été exploité pour nuire aux civils et aux forces de l’ordre. L’armée a par ailleurs reconnu avoir déraciné par erreur des arbres au-delà de la zone couverte par l’ordre — dépassant la zone désignée de 19 %.

« Le commandant du Commandement central a examiné ce dépassement avec une grande sévérité et diligenté une enquête et pris des mesures en fonction de ses conclusions », a déclaré l’armée israélienne dans sa réponse à la Cour suprême.

Malgré ces affaires, Shamni fait remarquer que rien n’empêche le chef du Commandement central de faire ce qu’il veut, cette fonction étant dotée de « pouvoirs quasi illimités » en tant qu’autorité souveraine en Cisjordanie.

« Quand il signe un ordre pour raisons de sécurité, tout est possible ou presque. A ma connaissance, jamais la Cour suprême ne l’a empêché de mener des actions, même en cas de recours », souligne-t-il.

« A ma connaissance, lorsque le commandant du Commandement central signe quelque chose et affirme qu’il s’agit d’un impératif de sécurité, le système judiciaire ne lui dit jamais de ne pas le faire. »

Gadi Shamni, à droite, alors chef du Commandement central de l’armée israélienne, lors d’un exercice militaire, le 28 août 2008. (Porte-parole de l’armée israélienne/Flash 90)

« Il ne reste plus qu’à lui faire confiance et espérer que ses considérations relèvent bien strictement de questions de sécurité », ajoute-t-il.

En sa qualité de dirigeant de facto de la Cisjordanie, le chef du Commandement central est supposé prendre en compte non seulement la sécurité, mais aussi la vie des personnes qui vivent sous le contrôle de l’armée israélienne. Ses évaluations s’appuient sur des contributions de l’armée mais aussi d’autres instances telles que l’Administration civile, censée relayer les préoccupations des civils palestiniens, rappelle Shamni.

« En fin de compte, cela relève beaucoup du bon sens et de l’expérience, et le chef du Commandement central doit prendre les bonnes décisions de manière à garantir une certaine sécurité et une certaine stabilité civile », poursuit-il.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich tient une conférence de presse avec les maires des implantations de Cisjordanie, au ministère des Finances à Jérusalem, le 3 septembre 2025. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’Administration civile relève certes du ministère de la Défense, mais dans le gouvernement actuel, la responsabilité de cet organisme a été confiée au ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich, qui occupe également un poste de ministre adjoint au ministère de la Défense, ce qui lui confère une grande influence sur la Cisjordanie.

Depuis sa prise de fonctions, Smotrich a remplacé de nombreux hauts responsables de l’Administration civile et déclaré publiquement que les activités de l’administration visaient à encourager l’expansion des implantations.

Une perte sèche de ressources

Avant l’arrachage des arbres dans les oliveraies, ces dernières ont subi durant des années les attaques de résidents d’implantations qui ont endommagé des milliers d’arbres, portant atteinte aux ressources économiques de nombreux Palestiniens.

Selon les chiffres officiels de l’Autorité palestinienne, en 2019, l’ONU indiquait que 80 000 à 100 000 familles palestiniennes vivaient totalement ou en partie des revenus tirés de près des 10 millions d’oliviers de Cisjordanie. On estime que ce secteur représente jusqu’à 191 millions de dollars les bonnes années.

Un rapport de la Banque mondiale de 2018 estime pour sa part que les olives et produits dérivés représentent 4,6 % du produit intérieur brut de la Cisjordanie et de Gaza.

Selon les chiffres de Yesh Din, lors de la dernière récolte des olives en date, d’octobre à décembre 2025, les résidents d’implantations ont endommagé 6 000 oliviers, contre 3 700 l’année précédente.

Les organisations de défense des droits humains qui viennent en aide aux Palestiniens craignent que l’intensification des actions militaires contre les oliviers n’encourage les résidents d’implantations à multiplier les attaques.

Selon Yesh Din, en décembre dernier, des bulldozers ont été utilisés pour arracher des oliviers dans le village d’a-Sawiya. L’armée a nié avoir mené des opérations, ce qui laisse à penser que ce sont les résidents d’implantations qui s’en sont chargés.

Des oliviers appartenant à des Palestiniens du village de Susiya qui auraient été abattus par des résidents d’implantations, le 5 novembre 2025. (Crédit : habitants du village)

Le Conseil régional de Samarie n’a pas répondu aux demandes de commentaires du Times of Israel.

Dans le recours déposé devant la Cour suprême par des propriétaires fonciers de Yabad, trois requérants (sur neuf) dont les arbres ont été arrachés ont déclaré vivre exclusivement de la récolte des olives et d’autres fruits.

À Haris, Shamlawi a réussi à sauver certains de ses arbres, qu’il espère pouvoir replanter. Pour que ces arbres anciens et noueux prennent racine ailleurs, il faudra énormément de travail et de soins, pendant des années, mais en les éloignant ainsi de la route, il espère qu’ils auront une chance de reprendre racine et de porter à nouveau des fruits.

« J’ai l’impression qu’ils sont devenus fous, ces derniers temps », conclut-il en parlant de ceux qui sont à l’origine de ces arrachages effrénés. « Je ne sais pas ce qui leur arrive, pourquoi ils font tout ça. »

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