« Pour la rédemption de Sion » : une pièce vieille de 2 000 ans révèle le chaos qui a précédé la destruction de Jérusalem
Une pièce en bronze frappée durant l'an IV de la Grande Révolte des Juifs contre les Romains a été découverte par des archéologues lors de fouilles à proximité du mont du Temple
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Une pièce de monnaie en bronze frappée au cours de la quatrième année de la Grande Révolte des Juifs contre les Romains a été découverte près du mont du Temple à Jérusalem, a annoncé jeudi l’Autorité des antiquités d’Israël. Ce petit artefact permet d’en apprendre davantage sur les derniers mois ayant précédé la destruction du Temple en 70 de l’ère commune, alors que les rebelles pressentaient déjà l’imminence de leur chute.
Cette pièce a été exhumée au début du mois, au cours de fouilles menées par l’IAA dans le Parc archéologique de Jérusalem – Centre Davidson, en collaboration avec la Cité de David et la Société pour la reconstruction et le développement du quartier juif.
L’avers de la pièce représente une coupe, accompagnée de l’inscription « Pour la rédemption de Sion ». Au revers figurent un loulav et deux etrogim (branches de palmier et cédrats utilisés lors de la fête de Soukkot), avec la mention « Année quatre ».
« Ce que les pièces frappées durant cette dernière année ont d’unique, c’est le changement des termes employés », a indiqué Yanniv David Levy, chercheur et conservateur au département des monnaies de l’IAA, au Times of Israel par téléphone.
« Les pièces des années qui précèdent portent l’inscription ‘Pour la liberté de Sion' », a-t-il expliqué. « Ce changement suggère une évolution de l’atmosphère à Jérusalem. Même si les Romains n’avaient pas encore pris la ville, il est probable que la population sentait déjà que la fin était proche. »
Selon Levy, les rebelles, ayant compris que la liberté n’était plus à leur portée, avaient tourné leurs espoirs vers une intervention divine.
« La liberté est quelque chose que les gens peuvent obtenir grâce à leurs propres actions humaines », a-t-il ajouté. « Mais un appel à la rédemption suggère que la population ne comptait plus sur elle-même. Il s’agit d’un appel à l’intervention divine. »
L’inscription n’est pas le seul changement notable observé sur les pièces frappées au cours de la quatrième année de la Grande révolte – la période allant du mois hébreu de Nissan (mars-avril) 69 de l’ère commune au mois d’Adar (février-mars) 70 de notre ère.
« Les pièces de bronze fabriquées à cette époque étaient nettement plus grandes que celles des années précédentes », a poursuivi Levy. « Nous n’avons pas d’explication définitive pouvant justifier ce changement. Il s’agissait peut-être d’un moyen pour Shimon Bar Giora, qui a dirigé la révolte dans sa phase finale, d’affirmer son autorité. »
À cette époque, l’importance de la frappe de pièces dépassait largement la simple fonction économique, a souligné Levy.
« Il ne faut pas considérer les pièces de monnaie comme de simples moyens de paiement, mais plutôt comme une forme de communication de masse, à l’instar d’un journal ou d’un fil d’actualité sur les réseaux sociaux », a-t-il expliqué. « Pour soutenir une rébellion, il fallait d’abord transmettre votre message, à la fois à votre propre peuple et à votre ennemi. Ces pièces proclamaient la cause de la révolte et projetaient une image de force. »
Et de poursuivre : la dernière fois – avant celle citée plus haut – que des pièces avaient été frappées par un souverain juif en Terre d’Israël remontait à la dynastie des Hasmonéens, environ un siècle plus tôt.
Frapper sa propre monnaie avait également des implications pratiques.
« En produisant des pièces, les rebelles pouvaient faire fonctionner une économie indépendante de la monnaie romaine dans les zones qu’ils contrôlaient », a fait valoir Levy.
Selon lui, la pièce exhumée avait probablement été frappée sur le mont du Temple ou dans ses environs immédiats.
« Seules 400 de ces pièces ont été trouvées en Israël, ce qui est assez peu pour des pièces en bronze », a confié Levy. « La plupart ont été découvertes à Jérusalem, mais certaines ont également été mises au jour à Massada, ce qui témoigne d’un autre volet de l’histoire, celui des réfugiés qui ont fui la ville après sa destruction. »
Levy a retrouvé cette pièce de l’an IV alors qu’il inspectait le site des fouilles à l’aide d’un détecteur de métaux.
« Je l’ai trouvée il y a environ deux semaines », a-t-il raconté. »Elle était couverte de saleté. Ce n’est qu’après l’avoir nettoyée au laboratoire que nous avons pu identifier ce dont il s’agissait réellement. »
« Exhumer une telle pièce juste à côté du mont du Temple et à quelques jours de Tisha Beav, le jour où nous pleurons la destruction du Temple, a été pour moi une expérience incroyablement émouvante », a-t-il conclu.
la Communauté du Times of Israël !







