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Quatre inculpés dans un nouveau scandale de contrebande à Gaza

Cigarettes et appareils électroniques auraient été introduits en contrebande à Gaza via Hébron à deux reprises par des routiers arabes israéliens - qui ont passé 3 jours sur le territoire placé sous le contrôle du Hamas

Des hommes armés escortant des camions transportant de l'aide humanitaire alors qu'ils traversent Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 novembre 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP Photo)
Des hommes armés escortant des camions transportant de l'aide humanitaire alors qu'ils traversent Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 novembre 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP Photo)

Jeudi, quatre arabes israéliens ont été inculpés de trafic de marchandises vers la bande de Gaza pour une valeur de plusieurs millions de shekels. Il s’agit du dernier cas en date de contrebande présumée au sein de l’enclave.

L’affaire impliquerait par ailleurs un soldat israélien autorisé à entrer dans la bande de Gaza.

Le procureur de l’État a déposé deux actes d’accusation à l’encontre des prévenus, accusés d’avoir, à deux reprises, fait passer de grandes quantités de cigarettes, matériels électroniques et autres objets de valeur par le poste-frontière de Kerem Shalom.

Les accusés ont fait de la contrebande pour « un gain financier, en étant conscients du risque que les marchandises interdites puissent tomber entre les mains de l’organisation du Hamas et de ses hommes », expliquent les procureurs.

Selon les actes d’accusation qui ont été déposés devant le tribunal de Haïfa, Ghaith et Amir Ghadir, tous deux originaires de la ville arabe de Bir al-Maksur, dans le nord du pays, ont profité du fait qu’ils connaissaient le commandant adjoint de bataillon qui supervisait le flux de marchandises entrant et sortant de Gaza.

Ce n’est pas le premier scandale de contrebande à éclabousser l’armée israélienne. Le réserviste Bezalel Zini, frère du chef du Shin Bet David Zini, est en ce moment-même jugé pour contrebande de cigarettes dans l’enclave.

De l’aide humanitaire entrant à Gaza par le poste-frontière israélien de Kerem Shalom, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 novembre 2025. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Dans cette nouvelle affaire, les marchandises de contrebande auraient été remises par le propriétaire d’un supermarché palestinien d’Hébron pour des Gazaouis de sa connaissance, qui étaient supposés les récupérer.

Les marchandises auraient été transportées par un chauffeur routier de Rahat nommé Adnan Abu Latif, avec l’aide d’Amin Abu Latif, un autre habitant de cette ville bédouine.

La première opération de contrebande aurait eu lieu au début du mois de novembre 2025. Tard dans la nuit, Adnan et Amin se seraient retrouvés dans un entrepôt d’Hébron pour y charger une centaine de caisses de cigarettes, maquillage et parfum, mais aussi des palettes de charbon pour narguilé et une dizaine de vélos — pour une valeur totale de plusieurs millions de shekels.

Ensuite, Adnan aurait conduit le camion jusqu’au carrefour de Kerem Shalom : il serait alors sorti de son camion, dont il aurait ouvert les portes, laissant le moteur tourner. Des personnes inconnues auraient ensuite conduit le camion dans l’enclave. Adnan et Amin auraient touché 450 000 NIS, estiment les procureurs.

Deux mois plus tard, en janvier dernier, les deux hommes auraient pris contact avec les deux autres accusés pour faire passer en contrebande à Gaza des téléphones portables, des cigarettes, des batteries de voiture, des vélos électriques, des ordinateurs portables, des routeurs et des chargeurs, apprend-on dans l’acte d’accusation. Les personnes impliquées auraient touché 4,5 millions de NIS.

Le commandant adjoint du bataillon, recruté par les deux accusés de Bir al-Maksur, aurait dit aux autres soldats de ne pas vérifier ce camion et de ne pas enregistrer son passage à la frontière. Il sera poursuivi par le Procureur général militaire, autorité judiciaire militaire.

Dans la seconde affaire, c’est Adnan qui était entré dans l’enclave, le chauffeur routier gazoui qui était alors supposé récupérer les marchandises n’étant jamais venu. Ce ressortissant israélien avait franchi la ligne Jaune qui délimite le déploiement de Tsahal à Gaza, puis il avait continué sa route sur le territoire contrôlé par le Hamas, où il était resté pendant trois jours avant d’être extrait par Tsahal, indiquent les procureurs.

Selon le Parquet, les accusés « ont fait courir d’énormes risques à tout l’État d’Israël » : si Adnan avait été enlevé par des personnes hostiles, Israël « aurait été contraint de lancer une opération militaire pour le sauver ou de libérer des détenus pour obtenir sa libération. »

Les forces de police du Hamas sont déployées à Gaza-City le 11 octobre 2025. (Ali Hassan/ Flash90)

Les procureurs ont noté que les marchandises prohibées – même celles qui ne peuvent pas être utilisées à des fins violentes – procurent des ressources financières au Hamas, le groupe terroriste revendant ces produits aux habitants de l’enclave au détriment des vendeurs du marché, en augmentant les prix tout en canalisant des fonds vers les caisses du groupe terroriste.

Les quatre hommes ont écopé de chefs d’accusation sévères, notamment d’aide de l’ennemi en temps de guerre, d’utilisation de biens à des fins terroristes, de fraude aggravée et d’entrave à une enquête.

Trafic d’armes à la frontière jordanienne

Par ailleurs, la police et le Shin Bet ont annoncé que les forces de sécurité avaient intercepté une tentative de contrebande d’armes en provenance de Jordanie vers Israël et interpelé trois Bédouins israéliens.

Les trois hommes auraient tenté de faire entrer illégalement en Israël 36 pistolets et 63 chargeurs à l’aide d’un drone lourd, ont indiqué les agences dans un communiqué commun.

L’armée avait intercepté le drone en janvier dernier. Les inculpés ont été arrêtés à proximité de la frontière jordanienne, transférés au commissariat d’Arad et interrogés par des agents du Shin Bet pour suspicion de contrebande.

Les trois hommes ont été inculpés jeudi par le tribunal de Beer Sheva, a annoncé la police, à l’issue d’un mois d’enquête.

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