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Explication

Quelles sont les relations entre Oman et Israël – s’il y en a ?

Le sultanat du Golfe s’est retrouvé sous les feux de l’actualité après qu’un pilote omanais a tenté de faire s’écraser un avion qui transportait des Israéliens lors d’un vol reliant Dubaï à Tel Aviv

Sur cette photo d'archive datée du 26 octobre 2018, diffusée par l'Agence de presse d'Oman, le sultan Qaboos d'Oman, à gauche, reçoit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Mascate, en Oman. (Crédit: Agence de presse d'Oman via AP)
Sur cette photo d'archive datée du 26 octobre 2018, diffusée par l'Agence de presse d'Oman, le sultan Qaboos d'Oman, à gauche, reçoit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Mascate, en Oman. (Crédit: Agence de presse d'Oman via AP)

JTA – Le pilote omanais qui a tenté de détourner et de faire s’écraser un vol flydubai à destination de Tel Aviv a attiré une nouvelle fois l’attention sur son pays natal. Oman – ce sultanat parfois surnommé la « Suisse du Moyen-Orient » – s’efforce depuis longtemps de trouver un équilibre dans ses relations avec l’Occident et avec l’Iran. Sa situation géographique stratégique, combinée à son approche diplomatique particulière, en fait un acteur atypique au Moyen-Orient.

Oman est situé à l’extrémité sud-est de la péninsule arabique, à la frontière de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Yémen. Il borde le détroit d’Ormuz, ce passage maritime d’importance stratégique par lequel transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.

Jusqu’à une date récente, Oman n’était pas un pays du Moyen-Orient habitué à faire les gros titres de l’actualité internationale. Mais il s’est imposé comme un acteur de premier plan, ces derniers mois, après avoir longtemps joué le rôle de médiateur au cœur des négociations entre Washington et Téhéran. Sa posture neutre, ainsi que ses liens étroits tant avec les États-Unis qu’avec l’Iran, lui avaient offert une position importante dans le cadre des pourparlers entre les deux parties avant le déclenchement de la guerre opposant l’administration Trump au régime de Téhéran, au début de l’année.

Quand la médiation omanaise a échoué à empêcher le conflit, Oman a condamné la campagne militaire conjointe qui a été lancée par les États-Unis et Israël, au mois de février, disant qu’il « regrettait profondément les opérations militaires menées par Israël et les États-Unis d’Amérique contre la république islamique d’Iran » et qu’il « considérait cette action comme contraire aux règles du droit international ».

Même après que l’Iran a lui-même attaqué Oman – le territoire abrite trois bases militaires américaines – pendant une campagne menée par Téhéran qui cherchait alors à exercer des pressions sur les pays de la région et à dissuader le président américain Donald Trump, Mascate n’a pas renoncé à sa chère neutralité. Parmi les cibles frappées par l’Iran à Oman, un port et des infrastructures pétrolières – même si ces attaques ont été limitées par rapport à celles qui ont pu être lancées contre d’autres pays de la région.

Les relations entre Washington et Mascate se sont encore tendues au fur et à mesure que la guerre s’est prolongée. Dans une Opinion publiée dans The Economist, le ministre des Affaires étrangères d’Oman a dénoncé une guerre « illégale », regrettant que Washington ait « perdu le contrôle de sa politique étrangère ».

Le président Donald Trump salue le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr Albusaidi, lors d’un sommet visant à soutenir la fin de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, qui dure depuis plus de deux ans, à la suite d’un accord de cessez-le-feu décisif, le 13 octobre 2025, à Charm el-Cheikh, en Égypte. (Crédit: AP Photo/Evan Vucci, Pool)

Trump, quant à lui, a menacé de bombarder Oman, déclarant aux journalistes au mois d’août dernier : « Je ne pense pas qu’ils se soient très bien comportés, mais nous pourrions nous en occuper très facilement, comme nous le faisons avec les autres ». » Le Wall Street Journal a rapporté que de hauts responsables américains avaient accusé en privé Oman d’être « un acteur hypocrite » qui se rangeait largement du côté de l’Iran plutôt que de rechercher le meilleur accord possible entre Washington et Téhéran.

Si cet État du Golfe entretient des liens déterminants avec Washington, il n’a toutefois pas noué de relations diplomatiques officielles avec Israël. Si les deux pays entretenaient autrefois des relations commerciales, ces dernières avaient été rompues en 2000 dans un contexte d’aggravation du conflit israélo-palestinien. Les contacts entre les deux pays se sont ensuite poursuivis discrètement, et Netanyahu s’est rendu à Oman en 2018 lors d’une rare rencontre publique entre un Premier ministre israélien et un sultan omanais.

Les deux pays ont mené des discussions en vue d’établir des relations officielles – mais ces efforts n’ont pas abouti à ce jour. La position d’Oman est restée globalement similaire à celle de l’Arabie saoudite, qui a évoqué ouvertement la possibilité d’une normalisation avec Israël, mais qui a subordonné cette reconnaissance à un cheminement clair et irréversible vers la création d’un État palestinien. Oman a également exprimé son soutien aux Accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn en 2020 et qui ont depuis été signés par une poignée d’autres pays musulmans.

Le discours d’Oman à l’égard d’Israël s’est durci depuis le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie à Gaza, et les relations entre les deux pays se sont refroidies. Les responsables omanais ont vivement critiqué la conduite d’Israël à Gaza et ils se sont montrés particulièrement critiques à l’égard de la guerre menée par Israël contre l’Iran.

Ahmed bin Hamad al-Khalili, le grand mufti d’Oman, a qualifié l’attaque israélienne contre l’Iran « d’agression perfide des États-Unis et des sionistes contre l’Iran ».

Un État stratégique du Golfe

L’importance géographique d’Oman tient en grande partie à sa situation le long de voies navigables par lesquelles transitent d’importantes quantités de pétrole. Son territoire, en revanche, est recouvert de désert, à l’exception d’une plaine côtière où vit une part significative de la population du pays, qui compte environ 5,5 millions d’habitants.

Des touristes prennent des photos à la Grande Mosquée du sultan Qaboos à Mascate, à Oman, le 12 avril 2025. (Crédit: AP Photo/Fatima Shbair)

Cette population se distingue dans le monde musulman : une part importante de ses citoyens appartient à la branche ibadite de l’islam, une tradition distincte de l’islam sunnite comme de l’islam chiite. Le pays abrite également une importante population d’expatriés issue de différents horizons religieux.

Oman est un sultanat, ce qui signifie que le sultan y détient des pouvoirs étendus. L’actuel souverain, le sultan Haitham bin Tarik Al Said, a pris ses fonctions au mois de janvier 2020 dans le sillage du décès de son cousin, le sultan Qaboos, qui avait régné sur le pays pendant près de 50 ans.

Une part importante de l’économie omanaise repose sur le pétrole, même si le pays s’efforce de diversifier son économie. Sa situation stratégique et son vaste littoral en ont également fait une porte d’entrée pour le commerce international entre l’Europe et l’Asie.

À ce jour, Oman n’a pas diffusé de réaction officielle à cet incident ni ouvertement confirmé l’identité ou la nationalité du pilote qui aurait perpétré l’attaque contre le vol flydubai. Toutefois, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les médias internationaux ont qualifié le pilote d’Omanais.

Dans un communiqué, Netanyahu a déclaré que « l’auteur de cet acte a subi une radicalisation islamiste. Il est venu pour faire s’écraser l’avion. Nous enquêtons actuellement pour déterminer s’il a été envoyé, et celui qui l’aura envoyé en paiera le prix très fort ».

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