Rejet d’un projet de loi interdisant les visites de la Croix-Rouge aux prisonniers
La Knesset n'a pas voté le texte du fait du boycott des partis ultra-orthodoxes, au grand dam du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir
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Lundi, du fait du boycott du scrutin par les partis haredim, la Knesset a rejeté en première lecture le projet de loi interdisant les visites de la Croix-Rouge aux prisonniers palestiniens par 36 voix pour et 41 contre.
Les députés ultra-orthodoxes boycottent les votes de la coalition en signe de protestation contre l’absence de vote, à ce stade, de projets de loi essentiels à leur programme électoral.
Ce projet de loi ne pourra pas être représenté au vote avant six mois, ce qui signifie qu’aucun vote sur la question n’aura lieu avant les élections générales prévues d’ici la fin octobre.
Le ministre d’extrême droite de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, qui a autorité sur les services pénitentiaires israéliens et qui s’est vanté à plusieurs reprises des sévères conditions de détention imposées aux détenus palestiniens, s’en est violemment pris au parti ultra-orthodoxe Shas en raison du boycott du scrutin, accusant son dirigeant, Aryeh Deri, d’être responsable du non vote de ce texte.
« Grâce à vous, la force Nukba sera récompensée par des visites de la Croix-Rouge en prison », a écrit Ben Gvir sur X, en parlant des commandos du Hamas. « Comment arrivez-vous à dormir la nuit ? », ce à quoi le Shas a réagi en affirmant que les Israéliens voulaient « la sécurité dans les rues, pas des tweets ».
Du fait du boycott des ultra-orthodoxes, le président du groupe parlementaire de la coalition, Ofir Katz, a adressé un courrier aux députés de l’opposition pour les prier de ne pas voter contre le projet de loi, sans succès, a indiqué le site d’information Ynet.
Plus tôt ce mois-ci, la Cour Suprême a invalidé la politique du gouvernement qui interdisait les visites de la Croix-Rouge, au motif que ni le droit israélien ni le droit international ne le permettaient.
Le gouvernement avait en effet interdit à titre général les visites de la Croix-Rouge suite au pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, ce contre quoi des organisations de défense des droits humains avaient porté plainte au travers d’un recours.
La Cour a accordé de nombreux reports au gouvernement, lors de cette affaire, paraissant réticente à l’idée de statuer sur une question aussi difficile du fait de la captivité des otages israéliens.
La Cour a souligné dans son arrêt que le gouvernement avait longtemps justifié cette interdiction par la privation de visites de la Croix Rouge des otages israéliens aux mains du Hamas à Gaza, ce qui n’était plus d’actualité depuis a libération des derniers otages, en octobre 2025.
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