Royaume-Uni : un « environnement hostile » pour les professionnels de santé juifs
Face à l'antisémitisme croissant à l'hôpital, les soignants juifs cherchent le soutien de leur syndicat médical, la JMA, en raison de tensions avec leurs propres collègues
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C’est un constat alarmant sur le climat qui règne dans le service public de santé britannique (NHS).
Selon la Dre Fiona Sim, fraîchement installée à la présidence de la Jewish Medical Association (JMA), la majorité des personnels de santé juifs qui sollicitent aujourd’hui son organisation le font pour signaler des problèmes avec leurs collègues, et non avec leurs patients.
Dans une interview au Jewish News, la Dre Sim — médecin spécialiste en santé publique — décrit une détérioration marquée des relations de travail depuis le pogrom du 7 octobre 2023.
Son organisation, qui vient en aide à près de 1 200 professionnels du secteur de la santé (médecins, infirmiers, psychologues, pharmaciennes et étudiants), consacre une part importante et grandissante de son activité à la lutte contre l’antisémitisme.
Un malaise grandissant au sein de la British Medical Association
Les inquiétudes de la JMA dépassent le cadre strict des hôpitaux et s’étendent désormais aux instances représentatives de la profession. La Dre Sim cible notamment la British Medical Association (BMA), le principal syndicat médical de Grande-Bretagne, qu’elle qualifie d’« environnement grandement hostile aux médecins juifs ».
En juin dernier, l’assemblée annuelle de la BMA a voté une motion s’opposant à l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah (IHRA), tout en demandant le gel des recommandations du rapport de Lord Mann sur la lutte contre le racisme au sein du NHS.
« Nombre de médecins juifs se sentent exclus d’un grand nombre des mesures prises par la BMA. Certains ont déjà résilié leur adhésion car ils estiment que la situation ne s’améliore pas », regrette la Dre Sim.
La présidente de la JMA s’est également élevée contre les velléités de boycott d’ institutions médicales ou d’universitaires israéliens, rappelant les priorités fondamentales de la médecine, d’une part la collaboration médicale et le fait que la recherche et le partage de connaissances ne soient pas soumis à des critères géopolitiques, et d’autre part la continuité des soins.
La Dre Sim a tenu à rassurer la population et rappeler que la « grande majorité » du personnel soignant était exemplaire. Les patients juifs ne doivent en aucun cas hésiter à se faire soigner par le NHS.
Ce climat pesant, combiné aux difficultés générales du système de santé britannique, pousse de plus en plus de professionnels de santé juifs — jeunes diplômés tout autant que médecins expérimentés — à envisager l’expatriation – l’alyah – vers Israël, certains affirmant sans détour n’avoir « aucune intention de revenir ».
Face à ces difficultés, la Dre Sim, qui succède au professeur David Katz après 18 ans de présidence, refuse que la JMA soit seulement perçue comme un organisme de défense contre les discriminations.
Son objectif est d’en faire un véritable « foyer professionnel », axé sur l’aide mutuelle, la formation, le renforcement des liens avec la communauté médicale internationale et la collaboration avec de nouvelles initiatives telles que le Jewish Health Equity Partnership.
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