Ryad et Washington avaient un accord sur la partie palestinienne de la normalisation avant le 7-Octobre
La veille de l'attaque du Hamas, Blinken devait se rendre en Israël pour évoquer le document rédigé avec Ryad sur les concessions mineures à suggérer à Netanyahu, face aux Palestiniens
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

WASHINGTON — À la veille de l’attaque du Hamas du 7-Octobre, les États-Unis et l’Arabie saoudite étaient parvenus à un accord au sujet des concessions à faire, côté israélien, face aux Palestiniens, pour que Ryad rétablisse ses relations avec Jérusalem, a révélé The Times of Israel.
L’administration Biden et l’Arabie saoudite avaient en effet rédigé un document sur la composante palestinienne de l’accord de normalisation durant l’été 2023, qui prouve que les parties étaient bien plus avancées qu’on ne le pensait dans les négociations.
Ces révélations – et bien d’autres – sont au cœur d’un reportage du Times of Israel publié vendredi : Le lendemain qui jamais ne vint : comment le temps a englouti le plan Blinken pour l’après-guerre à Gaza.
Cet article évoque par ailleurs les tentatives ultérieures du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, pour mettre fin à cette guerre avec son plan de gestion de l’après-guerre à Gaza et en relançant les négociations de normalisation, des initiatives avortées par son départ des affaires en janvier dernier.
Blinken avait remis un document pour l’après-guerre que le ToI révèle aujourd’hui pour la première fois.
Les concessions que les États-Unis et l’Arabie saoudite attendaient d’Israël avant le 7-Octobre étaient relativement modestes, consistant par exemple à ce qu’Israël confie à l’AP le contrôle de territoires supplémentaires en Cisjordanie par un basculement de certaines parties de la zone C contrôlée par Israël dans la zone B, sur laquelle l’AP a une autorité limitée, et en transformant des parties de la zone B en zone A, sous la gouvernance et le contrôle sécuritaire palestiniens.
Les États-Unis et l’Arabie saoudite n’étaient pas parvenus à un accord sur la question du calendrier de reconnaissance d’un État palestinien par Washington, Ryad insistant pour que cela se fasse plus rapidement. Mais un consensus suffisamment robuste avait été trouvé pour que Blinken projette de se rendre en Israël début octobre 2023, avec le document corédigé par Washington et Ryad.
Blinken s’attendait à ce que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, ajoute ses propres amendements à ce document, à commencer par des conditions que Jérusalem estimait susceptibles de retarder sinon d’empêcher sine die la création d’un État palestinien.
Israël avait été informé des négociations américano-saoudiennes et semblait plus ou moins d’accord avec les modestes mesures évoquées pour le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem afin d’élaborer un projet d’accord de normalisation avec l’Arabie saoudite.
Mais l’agenda de Blinken a été secoué par le massacre perpétré par le Hamas le 7-Octobre, qui a forcé Washington à renoncer à négocier un accord de normalisation et même à tenter de gérer la guerre à Gaza.
Biden et ses collaborateurs ont répété à plusieurs reprises que l’attaque du Hamas était en partie liée au désir de torpiller les initiatives américaines de négociation d’un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.
L’enquête du Times of Israel montre à quel point les parties étaient proches de conclure un tel accord avant l’attaque et que les États-Unis ont tenté de relancer ces pourparlers pour mettre fin à la guerre éprouvante à Gaza qui s’en est suivie.
la Communauté du Times of Israël !







