Sánchez : l’Espagne va demander à l’UE de « rompre » l’accord d’association UE-Israël
Madrid dénonce des violations du droit international, tandis qu’une initiative citoyenne européenne dépasse le million de signatures pour suspendre l’accord
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L’Espagne demandera mardi à l’Union européenne (UE) de rompre son accord d’association avec Israël, estimant que son gouvernement « viole le droit international », a annoncé le Premier ministre Pedro Sánchez dimanche.
« Ce mardi, le gouvernement espagnol soumettra à l’Europe une proposition visant à ce que l’Union européenne rompe son accord d’association avec Israël, car un gouvernement qui viole le droit international […] ne peut être partenaire de l’Union européenne », a déclaré Sánchez lors d’un meeting électoral en Andalousie.
« C’est aussi simple que cela », a-t-il ajouté.
En parallèle, une initiative citoyenne européenne (ICE) demandant la suspension de l’accord d’association entre l’UE et l’État hébreu a franchi le cap symbolique du million de signatures, trois mois après son ouverture.
« Nous avons atteint ce niveau de signatures en moins de trois mois, c’est un record », se réjouit Manon Aubry (La France insoumise), cheffe du groupe The Left au Parlement européen, qui soutient l’initiative.
Avec 1 014 174 signatures dans au moins sept États membres, et si ces soutiens sont certifiés par les autorités nationales, la Commission européenne sera amenée à l’examiner, sans être toutefois contrainte d’y donner suite.
Les Français se sont largement mobilisés, avec près de 379 000 signatures, faisant de l’Hexagone le premier pays européen en termes de soutien à cette initiative, devant l’Italie (243 485) et l’Espagne (121 037).
Cette ICE demande à la Commission de présenter au Conseil une proposition de suspension totale de l’accord d’association UE-Israël, visant « un État commettant des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre », peut-on lire sur la plateforme de signature.
L’accord d’association, signé en 1995 puis entré en vigueur en juin 2000, constitue la base légale des relations entre l’Union européenne et Israël.
Il vise à fournir « un cadre juridique et institutionnel approprié pour le dialogue politique et la coopération économique entre l’UE et Israël », indique la Commission européenne.
Cet accord a été progressivement élargi, intégrant Israël à plusieurs politiques communautaires. Par exemple, Israël est associé au programme Erasmus+, qui permet aux jeunes Européens d’effectuer des mobilités en Israël, et inversement.
C’est en particulier l’article 2 du texte qui est invoqué pour remettre en cause l’accord. Cet article souligne que les relations entre l’Union européenne et Israël reposent sur « le respect des droits humains et des principes démocratiques », une clause que les détracteurs de l’accord jugent non respectée.
Le Premier ministre espagnol et les signataires de l’ICE ne sont pas les seuls à avoir exprimé la volonté de réviser l’accord. D’autres États membres de l’UE, dont l’Irlande, les Pays-Bas et la France, ainsi qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Kaja Kallas, vice-présidente, avaient déjà évoqué cette possibilité, avant que n’éclate la guerre contre le régime iranien.
Une révision de l’accord, prévoyant notamment un paquet de sanctions visant l’État hébreu, avait été avancée. Toutefois, une telle décision doit être validée par une majorité qualifiée des États membres de l’UE, ce qui implique le soutien d’au moins l’un des principaux pays, comme l’Allemagne, jusqu’ici réticent à l’idée de sanctions.
Alors que la guerre contre le régime iranien et le Hezbollah libanais a davantage creusé les divergences entre Israël et l’UE, la question de l’avenir de l’accord d’association revient sur la table, faisant espérer à ses détracteurs que, cette fois-ci, ce qui n’était jusqu’alors que des déclarations finira par se matérialiser.
En réponse à l’annonce du Premier ministre espagnol, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a indiqué sur le réseau social X que l’État hébreu ne reconnaissait pas l’interprétation « hypocrite de quelqu’un qui entretient des relations avec des régimes totalitaires violant les droits de l’Homme ».
« Nous n’accepterons pas une lecture hypocrite de la part de quelqu’un qui entretient des relations avec des régimes totalitaires violant les droits de l’Homme, comme la Turquie d’Erdogan ou le Venezuela de Maduro. Un gouvernement qui reçoit les remerciements du régime brutal iranien et d’organisations terroristes, et qui s’est employé à propager l’antisémitisme. Nous n’avons rien contre les citoyens espagnols, bien au contraire, mais contre le deux poids deux mesures du gouvernement de @sanchezcastejon »
No aceptaremos una lectura hipocrita de alguien que tiene una relación con regímenes totalitarios que violan los derechos humanos como Turquía de Erdogan, Venezuela de Maduro. Un gobierno quien recibe agradecimientos del régimen brutal de Iran e organizaciones terroristas, y que… https://t.co/2S9yZah3hh pic.twitter.com/5xiwExDOA4
— Gideon Sa'ar | גדעון סער (@gidonsaar) April 19, 2026
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