Selon des députés, le gouvernement britannique a mal réagi à l’interdiction policière des fans du Maccabi
Les députés reprochent à la police de ne pas avoir bien enquêté et de ne pas avoir contacté la communauté juive avant le match d’Aston Villa, en 2025, les "maladresses" du gouvernement ayant empiré la situation
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Selon un rapport publié dimanche par plusieurs parlementaires britanniques au sujet de l’interdiction des fans du Maccabi Tel Aviv lors d’un match de football à Birmingham, l’an dernier, la police n’a pas fait ce que l’on attendait d’elle et n’a pas contacté la communauté juive locale, l’intervention du gouvernement n’ayant pas, loin s’en faut, facilité les choses.
Le comité, composé de sept parlementaires, a déclaré n’avoir trouvé aucune preuve d’une « conspiration » contre les supporters israéliens mais qu’il « ne pouvait pas exclure le fait que la pression politique ait joué un rôle » dans ce que l’une des auteures — la députée travailliste Joani Reid — a qualifié « d’« une des plus graves défaillances policières de ces dernières années ».
Selon ce rapport, « certaines preuves ont été retenues pour justifier l’interdiction, et la police des West Midlands a accordé un crédit excessif à des informations inexactes et non vérifiées concernant les supporters du Maccabi Tel Aviv. »
« Cet incident a sérieusement entamé la confiance dont jouissait la police des West Midlands, en particulier au sein de la communauté juive mais aussi dans l’opinion publique, au sujet de son efficacité », ont déclaré les parlementaires.
Le comité a par ailleurs relevé qu’en « n’intervenant qu’après l’interdiction des supporters de l’équipe [du Maccabi Tel Aviv], le gouvernement a accru les tensions autour de la rencontre tout en se révélant impuissants à permettre aux supporters du Maccabi Tel Aviv d’assister au match. »
Un précédent rapport, publié en janvier dernier, avait constaté que la police avait été victime du « biais de confirmation » dans son évaluation des risques.
À la suite de ce rapport, le chef de la police locale, Craig Guildford – lequel fait l’objet de deux enquêtes pour comportement inapproprié – a démissionné en janvier, ce que le comité a salué.
La police britannique a utilisé des informations erronées pour justifier l’interdiction du Maccabi, en s’appuyant dans ses recherches sur l’outil d’intelligence artificielle Copilot de Microsoft, lequel a « inventé » un match de football au cours duquel les supporters du Maccabi auraient occasionné des problèmes.
Guildford a nié l’utilisation de l’IA par ses services. Selon le rapport des parlementaires publié dimanche, le chef de la police n’a pas volontairement induit les députés en erreur, mais le fait qu’il ne se soit pas intéressé de près à la question « dénote d’un incroyable manque de curiosité professionnelle ».
La police avait de surcroît affirmé que des centaines de supporters du Maccabi s’en étaient pris à des communautés musulmanes, la veille d’un match contre l’Ajax en 2024 à Amsterdam, ce que la police néerlandaise a réfuté en expliquant que les supporters du Maccabi avaient en fait été les victimes de ces violences. À l’issue de ce match, de violentes émeutes avaient éclaté au cours desquelles des gangs d’Amsterdam — composés en grande partie de musulmans et d’Arabes — s’en étaient pris à des supporters israéliens – ce que les autorités néerlandaises avaient qualifié d’acte antisémite.
Le comité parlementaire a en outre reproché à Guildford sa mauvaise communication avec et au sujet de la communauté juive, que la police n’a pas consultée avant d’annoncer l’interdiction.
« Non seulement la police des West Midlands a mal communiqué avec la communauté juive mais ce défaut de communication a sans doute entaché le bien-fondé de la décision qui a été prise », lit-on dans le rapport qui souligne que la police connaissait bien l’opinion de ceux qui voulaient l’interdiction des supporters israéliens mais qu’elle n’avait « pas pris la peine d’écouter d’autres opinions ».
Les parlementaires ont déclaré n’avoir trouvé aucune preuve que cette interdiction ait été prise par antisémitisme, tout en soulignant toutefois que la différence flagrante de traitement entre les autres communautés et les Juifs « pouvait le faire penser ».
Le comité a également reproché à la police d’avoir laissé entendre que la communauté juive était d’accord avec cette interdiction, ce qui est faux. Les parlementaires ont déclaré ne pas avoir trouvé la preuve que ceci ait été fait délibérément, ce qui n’empêche que ce soit « surprenant et décevant ».
Le gouvernement britannique est intervenu trop tardivement
Au-delà des errements de la police, l’intervention du gouvernement britannique – pour dénoncer cette décision – n’a fait qu’aggraver les choses, estiment les parlementaires.
En outre, selon eux, le Home Office britannique et le ministère de la Culture, des Médias et du Sport savaient depuis le 8 octobre 2025 que les supporters du Maccabi risquaient de se faire interdire l’accès au stade.
« Si le gouvernement était intervenu discrètement à ce stade, pour faire connaître son opinion et assurer les autorités locales que le gouvernement prendrait en charge les mesures nécessaires, les choses se seraient passées différemment », ont écrit les parlementaires.
Les propos du Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a qualifié l’interdiction de « mauvaise décision », n’ont fait qu’attirer davantage l’attention sur la question et le match, estiment-ils.
La présidente du comité, Dame Karen Bradley, a déclaré au Guardian qu’il « aurait dû être évident » pour le gouvernement que le match risquait de poser problème.
« L’intervention du gouvernement a été maladroite et tardive, et nous rejetons l’argument selon lequel il ne pouvait pas intervenir en amont de la prise de décision », a précisé Bradley. « Leur intervention n’a fait qu’attiser les tensions. »
Pour éviter de telles difficultés, conclut le comité, il serait bon que certains matchs de football soient désignés « d’intérêt national », afin de permettre une présence policière plus forte dans les cas sensibles.
la Communauté du Times of Israël !







