Selon Israël, le recours de Pretoria devant la CIJ est a vocation à « protéger son allié du Hamas »
Jérusalem fustige la nouvelle tentative sud-africaine de mettre fin à l'offensive de Tsahal contre le Hamas, affirmant que le pays manipule la Convention sur le génocide
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Israël a fustigé jeudi soir la dernière tentative en date de l’Afrique du Sud pour obtenir de la Cour internationale de justice l’ordre de mettre fin à la guerre contre le Hamas à Gaza, et accusé Pretoria d’utiliser la Convention sur le génocide pour protéger le groupe terroriste islamiste.
Dans un court document répondant à une nouvelle demande de l’Afrique du Sud, cette semaine, pour que la CIJ intervienne dans le conflit, Israël a déclaré que la demande de Pretoria était « infondée en fait comme en droit » et « moralement répugnante ».
En début de semaine, l’Afrique du Sud a en effet saisi la Cour pour qu’elle ordonne à Israël de renoncer à son projet d’offensive militaire à Rafah, ultime grand bastion du Hamas dans la bande de Gaza, avec quatre bataillons terroristes en grande partie intacts, là où Israël pense que les dirigeants du Hamas se cachent et détiennent des otages israéliens.
En décembre dernier, l’Afrique du Sud avait déposé une première plainte auprès de la CIJ, accusant Israël de commettre un génocide contre les Gazaouis au moyen de sa guerre contre le Hamas.
Bien que la Cour ait conclu à titre provisoire, en janvier, qu’il était plausible qu’Israël ait enfreint certaines dispositions de la Convention sur le génocide, elle a refusé d’accéder à la demande principale de l’Afrique du Sud, à savoir d’enjoindre Israël de mettre fin à son offensive militaire.
Israël a réagi à ce dernier recours en soulignant qu’il était fondé sur l’article 75(1) du Règlement de la Cour et qu’il s’agissait donc d’une « contradiction dans les termes » puisque cette clause permet à la Cour de prendre des mesures provisoires de son propre chef, mais ne permet pas de présenter des demandes à la Cour dans cette perspective.
Sur le fond des nouvelles mesures demandées par l’Afrique du Sud, Israël a indiqué que rien n’avait changé sur le terrain, à Gaza, depuis l’examen par la CIJ, en janvier, des allégations de génocide de l’Afrique du Sud, ajoutant que « l’offensive militaire sans précédent à Rafah » évoquée par Pretoria « n’a en fait pas eu lieu ».
Israël a qualifié de « mensonges scandaleux » les affirmations de l’Afrique du Sud faisant état d’une « opération militaire sans précédent » à Rafah, le 11 février, pour libérer deux otages israéliens – opération qui, selon le Hamas, a coûté la vie à des dizaines de Palestiniens. Israël a par ailleurs précisé que c’était en fait le Hamas qui faisait preuve d’un « mépris envers la loi » en n’accédant pas à l’appel de la CIJ pour la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.
Israël a également souligné que le recours déposé par l’Afrique du Sud auprès de la CIJ, fondé sur la crainte d’un génocide imminent, reprenait en fait des propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu « qui indiquent clairement que les opérations militaires ont pour cibles les bataillons du Hamas à Rafah », ajoutant que Netanyahu lui-même avait évoqué la nécessité d’évacuer les civils de la ville.
« Cette annonce est conforme à l’engagement d’Israël envers le droit international humanitaire et ses efforts pour minimiser les dégâts infligés aux civils, contrairement au Hamas – qui au mépris total de la vie et de la loi – continue de mener une stratégie odieuse consistant à maximiser ces dégâts au moyen d’attaque répétées envers les civils israéliens et son utilisation des populations et infrastructures civiles palestiniennes comme boucliers à Gaza » a argumenté Israël dans son mémoire en défense.
Jérusalem estime que l’utilisation, par l’Afrique du Sud, de la déclaration de Netanyahu attestant clairement que le Hamas est la cible d’Israël « témoigne d’une nouvelle tentative d’instrumentaliser la Convention sur le génocide » et de faire en sorte que la Cour « micro-gère » le conflit, dont la conduite n’est pas régie par la Convention sur le génocide mais par le droit international humanitaire sur lequel la Cour n’a pas compétence.
« C’est la preuve d’une nouvelle et cynique tentative de l’Afrique du Sud de faire de ces mesures provisoires une épée, et non un bouclier, et d’instrumentaliser la Cour pour protéger son allié de longue date, le Hamas, véritable organisation terroriste génocidaire, et de priver Israël du droit de se défendre contre une attaque terroriste et de faire libérer ses otages, dans le respect de la loi » a déclaré Israël.
la Communauté du Times of Israël !







