La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, désormais étendue à une large partie du Moyen-Orient, a déjà coûté près de 186 milliards de dollars aux économies arabes, a déclaré un haut responsable de l’ONU, appelant à un arrêt immédiat des combats.
« Nous espérons que les hostilités cesseront au plus tôt. Chaque jour de guerre supplémentaire aggrave les conséquences sur l’économie mondiale », a indiqué Abdallah Al Dardari, sous-secrétaire général de l’ONU, aux journalistes, depuis Amman.
« Selon nos estimations, la perte de PIB subie par la région arabe après un mois de combats avoisinerait les 6 %… 6 % du PIB, cela équivaut à une perte économique d’environ 186 milliards de dollars pour la région, en seulement trente jours », a-t-il ajouté.
Selon Al Dardari, qui occupe par ailleurs un poste de haut responsable des Nations unies pour la région arabe, ce sont les pays du Golfe, riches en pétrole, qui sont le plus durement touchés.
« L’impact sur le PIB est très important dans la région du Golfe, avec des pertes qui pourraient atteindre 168 milliards de dollars, et dans la région du Levant, où elles pourraient s’élever à environ 30 milliards de dollars », a-t-il affirmé.
Al Dardari a mis en garde contre la dépendance excessive des économies du Golfe vis-à-vis du pétrole, faisant état de la nécessité impérative de diversifier l’économie, ainsi que l’a démontré la crise qui touche le détroit d’Ormuz, axe maritime essentiel.
Il a également insisté sur l’importance de trouver des axes commerciaux alternatifs au détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
« Les économies arabes reposent presque exclusivement sur une seule ressource. Même les pays qui n’exportent pas de pétrole dépendent des envois de fonds des expatriés qui vivent dans les pays exportateurs de pétrole ainsi que de l’aide fournie par ces mêmes pays. Les pays exportateurs de pétrole, quant à eux, ne comptent que sur un seul produit », a-t-il précisé.
« Cette vulnérabilité structurelle des économies arabes est mise en évidence par les événements récents, lesquels prouvent qu’elle n’est pas viable », a-t-il ajouté.
Dardari a de plus fait part de ses inquiétudes quant à l’impact attendu sur l’emploi, dans une région déjà ravagée par les inégalités.
« D’après nos estimations, ce conflit entraînera la perte d’environ 3,7 millions d’emplois », a-t-il dit. « Sur le plan social, mous prévoyons également que ce sont environ quatre millions de personnes supplémentaires dans la région qui passeront, ou qui sont déjà passées, sous le seuil de pauvreté ce mois-ci en raison des hostilités. »