Shachaf Bergshtein, 33 ans : kibboutznik de toujours et coureur passionné
Ce membre de l'équipe de sécurité locale a été tué en combattant les terroristes lors de l'invasion du kibboutz Kfar Aza par le Hamas, le 7 octobre
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Shachaf Bergshtein, 33 ans, originaire du kibboutz Kfar Aza, a été tué le 7 octobre lors de l’invasion du kibboutz par le Hamas.
Membre de l’équipe de sécurité du kibboutz, il a été reconnu à titre posthume comme soldat tombé au combat, avec le grade de sergent-major de la réserve. Shachaf, réserviste actif de l’armée israélienne, avait également été rappelé sous les drapeaux ce jour-là. Mais il a été tué avant mêle d’avoir reçu le message.
Shachaf a été porté disparu pendant une semaine après l’attaque du Hamas. Sa famille a finalement été informée que son corps avait été retrouvé. On ne sait que peu de choses sur les circonstances qui ont entouré les derniers instants de Shachaf.
Il a été enterré le 14 octobre à Tel-Aviv. Il laisse derrière lui ses parents, Shlomit et Dov, ainsi que ses frères et sœurs Yaakov, Tal et Levona.
Né et élevé au kibboutz Alumim, près de la frontière avec Gaza, Shachaf s’est, toute sa vie durant, beaucoup impliqué dans de nombreux sports, selon son éloge funèbre local. Il jouait au football et au basket-ball, au matkot (paddle ball) sur la plage et pratiquait le yoga. Mais Shachaf était surtout un coureur passionné, s’entraînant régulièrement dans les champs du kibboutz, aux premières heures du matin, avant d’aller travailler. Il était également guide bénévole et, à ce titre, courait en tandem avec des personnes malvoyantes.
En 2009, Shachaf s’est enrôlé dans l’unité Orev, une unité de reconnaissance d’élite de la brigade Nahal, où il a d’abord suivi une formation de secouriste, selon un éloge funèbre d’Orev. Une fois son service effectué, il est resté réserviste actif, se présentant à chaque appel – et pour la dernière fois en août 2023, période à laquelle il a reçu une mention d’excellence pour son service.
Shachaf a étudié le génie hydraulique et travaillé dans la supervision de l’irrigation des cultures. S’il a quitté Alumim pour s’installer à Kfar Aza quelques années avant sa mort, il a toutefois continué à travailler dans l’agriculture à Alumim. Ceux qui se souviennent de lui le décrivent comme un oncle adoré par ses nièces et neveux, un ami attentionné qui était toujours prêt à apporter son aide, notamment avec sa camionnette quand ses amis déménageaient, ainsi que comme un passionné de fitness.
À l’occasion de ce qui aurait été le 34e anniversaire de Shachaf, sa sœur Levona a raconté sur Facebook qu’ils étaient allés célébrer cette journée « au bord de la mer, car c’est très certainement là que nous t’aurions trouvé, en plein été, assis sur une confortable chaise longue à l’ombre de l’Otentik [parasol], puis te levant pour jouer aux matkot et courir vers la mer, pour plonger dans les vagues ».
Et Levona d’ajouter : « C’est aujourd’hui ton 34e anniversaire, mais tu resteras à jamais âgé de 33 ans… J’espère qu’ici tout le monde s’inspirera de Shachaf, de l’ami qu’il était, de sa générosité sans limite, de ses passe-temps uniques, de sa joie de vivre, car comme Shachaf l’a lui-même déclaré en 2009 : ‘Peu importe le nombre d’années que compte la vie, l’important, c’est la quantité de vie qu’il y a dans ces années’. »
Pour sa part, son frère, Yaakov, a posté un message sur Facebook à l’occasion du premier anniversaire de sa mort, évoquant tous les moments et tous les lieux où l’absence de Shachaf se faisait lourdement sentir.
« À chaque déménagement, ma main compose toute seule ton numéro sur mon téléphone pour te demander de l’aide. À qui d’autre est-ce que je pourrais demander de l’aide sans me sentir coupable, qui d’autre viendrait nous conseiller sur la meilleure manière d’emballer et de déballer nos affaires, tout cela avec le sourire et un grand cœur ? », a-t-il écrit. « Ton absence se ressent aussi dans les longues conversations avec nos parents. À chaque fois que nous discutons, avec maman et papa, je me demande : ‘Où est Shachaf quand on a besoin de lui ?’ Pour parler à maman pendant des heures, pour dire bonjour à papa chaque matin, dans les champs. »
Et d’ajouter : quand les enfants nous occupaient beaucoup, « je t’imaginais ici, nous donnant un coup de main, emmenant les enfants là où ils le demandaient… Aller dans le désert sans toi, partir en randonnée, ça n’a plus de sens. Les voyages et la nature ne sont plus les mêmes ». Il évoque le mariage de leur sœur Tal, déplorant : « Tu n’étais pas sous la houppa, ni sur la piste de danse… Il était si facile de t’imaginer là, parmi nous, buvant un peu, fumant un peu, mais surtout souriant et heureux, comme tu l’étais toujours. »
« Mais c’est au fond de moi que tu me manques le plus. Je voudrais que tu viennes, que tu nous dises : ‘Allez, assez pleuré, relevez-vous, continuez’… Mais c’est difficile. Les larmes coulent, et ton absence se fait sentir partout, à chaque événement, à chaque respiration. »
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