Smotrich estime le plan de prise de contrôle de la ville de Gaza insuffisant
Le ministre des Finances pense que c'est un stratagème pour relancer les négociations, auxquelles il s'oppose, et veut "effacer l'État palestinien" en « revenant » sur le précédent retrait
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Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, estime que le projet israélien de conquête de la ville de Gaza ne va pas assez loin, a déclaré vendredi le porte-parole du ministre des Finances après que le président du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit a voté contre, lors de la session nocturne du cabinet qui l’a collégialement validé.
Smotrich, qui s’oppose à tout cessez-le-feu avec le Hamas, a déclaré lors d’une interview qu’il voulait « effacer l’État palestinien » en « revenant » sur le retrait d’Israël de la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie en 2005.
Ce projet « peut sembler bon, mais c’est en fait plus ou moins la même chose », a déclaré le porte-parole en ajoutant que Smotrich, qui est par ailleurs ministre délégué au sein du ministère de la Défense, estimait que cette décision était « immorale et contraire à l’éthique comme au sionisme ».
« Il ne s’agit pas d’une opération destinée à conquérir la bande de Gaza, prendre le contrôle militaire total du territoire et faire pression pour une issue décisive », a déclaré le porte-parole au sujet du plan d’action qui devrait être « le seul et unique moyen d’assurer la victoire, la sécurité à long-terme et la libération des otages ».
Au contraire, a déclaré le porte-parole, le projet actuel est « une opération dangereuse dont le seul but est de faire revenir le Hamas à la table des négociations – un objectif qui ne figure pas dans la liste des objectifs de guerre ».
Obtenir la libération des otages est, en fait, l’un des objectifs de guerre, tout comme le démantèlement des capacités militaires et politiques du Hamas.
Le porte-parole a poursuivi en disant qu’une fois de plus, Netanyahu avait promis qu’Israël irait « jusqu’au bout » pour ensuite, « au moment crucial, se retirer du terrain après la mort de dizaines de héros et sans succès opérationnel tangible ».
Toujours au sujet de Smotrich, le journal Israel Hayom et la radio publique Kan ont fait savoir qu’il avait voté contre la proposition de Netanyahu de prendre le contrôle de la ville de Gaza lors de la réunion du cabinet de sécurité qui s’est tenue jeudi soir.
Citant des sources anonymes, Israel Hayom a indiqué que Smotrich avait, une fois n’est pas coutume, été d’accord avec le chef d’Etat-major de Tsahal, Zamir, pour dire que le projet n’était pas bon et ne permettrait pas à Israël d’atteindre ses objectifs de guerre officiels.
Smotrich aurait dit lors de ce cabinet de sécurité que si Netanyahu voulait vraiment que son projet le conduise à la « victoire », il faudrait que le Premier ministre « annonce officiellement qu’il n’acceptera plus d’accord partiel ».
« Ainsi, le Hamas comprendra qu’il ne lui reste que deux options : se rendre et conclure un accord ou être détruit », aurait déclaré Smotrich.
« Tant que le Premier ministre ne fera pas une annonce de cet ordre, on continuera de penser qu’il est prêt à accepter un accord partiel », a ajouté Smotrich. « Le contenu de cette décision n’a donc rien à voir avec son titre, et je peux décemment pas l’accepter. »
« Effacer l’État palestinien »
Dans une interview publiée dans Ofek, la newsletter du week-end de son parti, HaTzionout HaDatit, Smotrich a fait savoir que son objectif était de rétablir les implantations israéliennes de Ganim et Kadim, dans le nord de la Cisjordanie, évacuées et démantelées en 2005.
Après avoir tenu des propos similaires lors d’une visite de l’ancienne implantation de Sa-Nur, jeudi, il a ajouté qu’il espérait que cela se produirait « dans les toute prochaines semaines », pour le 20e anniversaire du retrait de Gaza et de quatre implantations de Cisjordanie.
« Le peuple d’Israël est en train de corriger le péché de Gaza », a-t-il dit au sujet des actions menées par les militants des implantations pour rétablir les implantations du Gush Katif, « et j’espère que nous ferons de même pour le péché du nord de la Samarie. »
Ces derniers mois, Israël a validé le principe du rétablissement des implantations de Sa-Nur et Homesh, démantelées en même temps que celles de Ganim et Kadim lors du retrait de 2005.
Smotrich a déclaré au journal de son parti que les projets pour la Cisjordanie avaient vocation à « effacer l’État palestinien » et empêcher que ne se reproduise un pogrom du type de celui commis par le Hamas le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre à Gaza.
« Une grande partie de ce que nous faisons aujourd’hui en Judée-Samarie nous a été inspiré par le 7 octobre », a-t-il dit en ajoutant que la « majorité absolue » des Israéliens savait que les implantations de Cisjordanie avaient vocation à garantir que les villes du centre d’Israël ne connaissent pas un sort similaire à celui des communautés frontalières de Gaza attaquées par le Hamas.
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