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Sous la pression de Trump, Israël et l’Iran disent cesser leurs attaques mutuelles

"Il semble que cette vague de combats soit derrière nous", déclare un responsable israélien, tout en soulignant que les opérations de Tsahal contre le Hezbollah se poursuivront

Des personnes s'abritant dans un parking souterrain lors d'une alerte  aux missiles, à Tel Aviv, le 8 juin 2026 (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)
Des personnes s'abritant dans un parking souterrain lors d'une alerte aux missiles, à Tel Aviv, le 8 juin 2026 (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

Lundi après-midi, un responsable israélien a déclaré qu’Israël avait décidé de suspendre ses frappes contre l’Iran, après que le président américain Donald Trump eut déclaré plus tôt dans la journée sur les réseaux sociaux qu’Israël et l’Iran « devaient immédiatement cesser de se tirer dessus », et que Téhéran eut annoncé qu’il cesserait le feu à moins que l’armée israélienne ne poursuive ses attaques contre le groupe terroriste chiite du Hezbollah, soutenu par la République islamique, au Liban.

Le message succinct de Trump sur sa plateforme Truth Social a été suivi d’un autre, plus long, dans lequel il affirme qu’Israël et l’Iran « cherchaient à conclure un CESSEZ-LE-FEU immédiat » après s’être livrés à des échanges de tirs pendant la nuit pour la première fois en deux mois.

Un deuxième responsable israélien a déclaré aux médias locaux que la décision de suspendre les frappes contre l’Iran avait été prise à la demande de Trump, mais a souligné qu’Israël ne mettrait pas fin à son offensive contre le Hezbollah dans le sud du Liban.

« Nous avons le sentiment que cette vague de combats est derrière nous. Nous attendons une décision finale des dirigeants politiques. »

Un responsable régional a également déclaré lundi que les États-Unis avaient fait savoir à l’Iran qu’il n’y aurait plus d’attaques israéliennes si Téhéran cessait ses tirs de missiles, et qu’Israël avait accepté de suspendre ses attaques pour l’instant.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Trump se sont entretenus par téléphone lundi, et Netanyahu a convoqué son cabinet de sécurité au grand complet lundi à 21h, a indiqué le bureau de l’un des ministres du cabinet au Times of Israel.

Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu aux demandes répétées de commentaires depuis que l’escalade des combats contre le Hezbollah et l’Iran a commencé dimanche.

Avant les déclarations des responsables israéliens et régionaux, Trump avait publié une série d’annonces sur Truth Social, déclarant qu’Israël et l’Iran « devaient immédiatement cesser de « tirer » », et affirmant que les deux pays « cherchaient à conclure un CESSEZ-LE-FEU immédiat », après s’être livrés à des dizaines de frappes pendant la nuit pour la première fois depuis début avril.

« Les négociations finales sur la ‘paix’ se poursuivent, à moins que l’ignorance ou la stupidité ne viennent les entraver », a-t-il écrit.

Il a également déclaré que le blocus naval américain sur le transport maritime lié à l’Iran « restera en place, et pleinement en vigueur, jusqu’à ce qu’un ‘accord final’ soit conclu », ajoutant : « Les choses devraient avancer rapidement. »

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Bahgaei, a déclaré que la médiation pakistanaise pour mettre fin à la guerre « se poursuivait naturellement en toutes circonstances ».

L’Iran a ensuite annoncé qu’il cessait ses attaques contre Israël, mais a menacé de riposter si Israël poursuivait son « agression » au Liban, où Tsahal a pris pour cible le Hezbollah alors que ce groupe terroriste pilonnait le nord d’Israël.

« La cessation des opérations des forces armées est annoncée », a déclaré Khatam al-Anbiya, le commandement militaire d’urgence iranien, dans un communiqué relayé par les médias iraniens.

« Toutefois, il est souligné que si l’agression et les actes de malveillance se poursuivent, y compris dans le sud du Liban, des mesures bien plus sévères et écrasantes qu’auparavant seront prises. »

Cette photo prise depuis une position située dans la région de la Haute Galilée, au nord d’Israël, montre un missile israélien du système Dôme de fer filant dans le ciel pour intercepter des projectiles en approche, le 8 juin 2026 (Crédit : Jalaa Mare /AFP)

Malgré ces différentes annonces, Israël et le Hezbollah ont continué à s’échanger des tirs lundi, des alertes à la roquette retentissant dans plusieurs localités du nord après que le groupe terroriste a pris pour cible des troupes stationnées dans le sud du Liban. Israël a riposté par une série de frappes contre des cibles du Hezbollah dans cette zone.

Avant que les Israéliens et les Iraniens n’évoquent un cessez-le-feu bilatéral, l’armée israélienne a indiqué qu’elle était prête à faire face à au moins quelques jours de combats supplémentaires, voire à une reprise totale de la guerre.

L’armée israélienne a déclaré qu’elle était en « étroite coordination » avec le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), qui aurait contribué à abattre les missiles iraniens.

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a également eu trois conversations avec le chef du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper.

Des agents de sécurité libanais sur le site où une frappe aérienne israélienne a touché un bâtiment dans la banlieue sud de Beyrouth – bastion historique du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah connu sous le nom de la Dahiyeh, au Liban, le 7 juin 2026. (Crédit : Hassan Ammar/AP Photo)

Cependant, l’armée a précisé que les États-Unis n’étaient pas impliqués dans la reprise des attaques contre l’Iran, alors que Téhéran accusait Washington d’en être à l’origine.

L’Iran a tiré 24 missiles, tous soit abattus, soit tombés dans des zones inhabitées

La nouvelle vague de conflits entre l’Iran et Israël a débuté dimanche soir, lorsque l’Iran a lancé ses premières attaques par missiles contre Israël depuis le 8 avril. Cette action a eu lieu quelques heures après qu’Israël a frappé des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth, malgré l’accord de cessez-le-feu au Liban annoncé par Trump la semaine dernière.

Entre dimanche soir et lundi après-midi, l’Iran a tiré au total 24 missiles balistiques sur Israël, qui ont tous été interceptés ou sont retombés dans des zones inhabitées, a déclaré Tsahal.

Les terroristes houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont également tiré deux missiles balistiques sur Israël lundi matin, dont l’un a été intercepté et l’autre n’a pas atteint le territoire israélien, selon l’armée.

Ces attaques n’ont fait aucun blessé, bien qu’un fragment de missile ayant frappé la Cisjordanie ait endommagé plusieurs habitations dans une implantation.

Israël a riposté par deux vagues de frappes contre l’Iran, visant des infrastructures militaires et énergétiques.

Au cours de la nuit, des dizaines d’avions de chasse de l’armée de l’air israélienne ont frappé neuf systèmes de défense aérienne iraniens dans l’ouest et le centre de l’Iran. Tsahal a ensuite publié des images montrant une frappe contre l’un de ces systèmes, équipé, selon l’armée, de missiles antiaériens.

« La destruction de ces systèmes renforce encore la supériorité aérienne de l’armée de l’air israélienne dans le ciel iranien, afin de continuer à éliminer les menaces pesant sur les citoyens de l’État d’Israël », a déclaré Tsahal.

Lundi matin, des avions de chasse israéliens ont également frappé trois usines d’un complexe pétrochimique dans le sud-ouest de l’Iran, ciblant des infrastructures utilisées par l’Iran pour produire des matières premières destinées à la fabrication de missiles, selon l’armée israélienne.

« Les infrastructures ciblées produisaient des matériaux uniques qui servent de composants essentiels au développement de missiles balistiques, lesquels constituent une menace pour l’État d’Israël et ses citoyens », a déclaré Tsahal.

« Il s’agit de composants essentiels de l’infrastructure de production qui soutient le programme de missiles du régime terroriste iranien. »

Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a affirmé avoir pris pour cible une installation pétrochimique à Haïfa en représailles.

« La Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, en réponse à l’agression de l’ennemi américano-sioniste contre une installation de l’industrie pétrochimique, a frappé des installations industrielles similaires à Haïfa il y a quelques instants », a déclaré Sepah News, le média officiel du CGRI.

Israël « s’est lancé dans un jeu dangereux, dont la portée englobera toutes les cibles liées à l’énergie dans la région », a déclaré le CGRI, rejetant sur les États-Unis la responsabilité de toute conséquence pour l’économie mondiale.

Par ailleurs, les médias iraniens ont rapporté lundi matin qu’un drone hostile avait été abattu au-dessus de Téhéran, à la suite d’explosions et d’activités de défense aérienne dans la capitale.

Des habitants de Tel Aviv dans un abri antiatomique pour se protéger des missiles tirés depuis l’Iran, le 8 juin 2026. (Crédit : Yehoshua Yosef/Flash90)

Bahgaei, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a déclaré lundi que la reprise des combats avec Israël ne ferait qu’aggraver un « processus diplomatique chaotique » avec les États-Unis.

« Il est tout à fait naturel que le processus diplomatique engagé pour mettre fin à cette guerre imposée soit affecté », a déclaré Baghaei lors d’une conférence de presse à Téhéran.

Il a ajouté que les actions d’Israël ne pouvaient être dissociées de la politique américaine.

« Sans aucun doute, comme je l’ai dit, les actions du régime sioniste dans la région ne peuvent être dissociées des politiques américaines », a poursuivi Baghaei.

Des agriculteurs arrosant un champ agricole brûlé, à proximité d’éclats de missile iranien, près de la ville de Najha, en Syrie, le 8 juin 2026. (Crédit : Ghaith Alsayed/AP)

« Personne ne croit que le régime sioniste mènerait une quelconque action sans coordination et coopération préalables avec les États-Unis. »

L’Iran et les États-Unis ont lancé une campagne de bombardements en Iran le 28 février afin de déstabiliser son régime et de détruire ses programmes de missiles balistiques et nucléaires. L’Iran a riposté par des frappes de missiles et de drones dans toute la région. Les combats ont été suspendus le 8 avril.

Le 2 mars, le Hezbollah a entraîné le Liban dans une guerre régionale plus large en tirant ses premières roquettes contre Israël depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, qui avait mis fin à plus d’un an d’hostilités.

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