Sud-Liban : Un soldat de Tsahal tué et 13 autres blessés lors d’une attaque du Hezbollah
Le sergent-chef Nir Ben Ari a été tué lors d'une opération visant à s'emparer d'une installation souterraine "stratégique" appartenant au groupe terroriste, située sous la crête d'Ali Taher ; 3 autres soldats ont été tués vendredi
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un soldat de l’armée israélienne a été tué et 13 autres ont été blessés lors d’une attaque menée cette nuit par le groupe terroriste chiite du Hezbollah contre des soldats dans le sud du Liban, a fait savoir Tsahal.
Le soldat tué est le sergent-chef Nir Ben Ari, 21 ans, membre de l’unité Maglan de la brigade de commandos, et originaire de Kerem Maharal.
Il a été tué lors d’opérations visant à s’emparer d’une importante installation clandestine du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah située sous la crête d’Ali Taher. Samedi, l’armée avait déclaré avoir « cessé le feu » en dehors de sa « zone de sécurité » déclarée au sud du Liban, mais qu’elle poursuivrait ses opérations à l’intérieur de celle-ci, y compris sur la crête.
Selon une enquête de Tsahal, vers 1 h 30 du matin, une salve de roquettes et un drone explosif se sont abattus sur une position militaire située dans le village de Kfar Tebnit, dans la région de Nabatieh.
Les projectiles ont tué Ben Ari et blessé 13 autres soldats. Deux sont dans un état grave, un dans un état modérément grave et dix sont légèrement blessés.
Les soldats ont été transportés à l’hôpital et leurs familles ont été prévenues, a ajouté l’armée.
À la suite de cette attaque meurtrière, l’armée israélienne a mené des frappes visant des infrastructures du Hezbollah dans la région de Nabatieh.
De plus, l’armée a fait savoir que le sergent-chef Yoav Klein, 21 ans, originaire d’Herzliya et membre du 52e bataillon de la 401e brigade blindée, était mort, aux côtés de trois autres soldats, lors d’une attaque du Hezbollah qui a pris pour cible un char, dans le sud du Liban, aux premières heures de la matinée de vendredi.
Vendredi, l’armée israélienne avait déclaré que le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon, 32 ans, commandant du 52e bataillon, ainsi que trois membres de son équipage, avaient été tués après qu’un drone ou un missile antichar du Hezbollah s’était abattu sur leur char.
Samedi, l’armée a identifié le troisième soldat. Il s’agit du sergent-chef Liav Kababia, 20 ans, originaire de Hod HaSharon.
Le nom du quatrième soldat tué lors de l’attaque a été révélé dimanche matin. Il s’agit du sergent-chef Nave Habshoosh, 20 ans, originaire de Geva Binyamin.
Une enquête militaire a établi que le char avait été touché par des tirs du Hezbollah et que l’explosion n’était pas due à un dysfonctionnement, contrairement à plusieurs informations parues dans les médias. L’armée estime que le char a été frappé par un missile antichar guidé ou par un drone équipé d’une ogive antichar.
Selon l’armée, le Hezbollah disposerait d’une importante installation souterraine « stratégique » sous la crête d’Ali Taher, près de Nabatieh. Selon Tsahal, ce site souterrain constituerait le « centre névralgique » de la division régionale Badr du groupe terroriste chiite libanais.
Selon l’armée, des dizaines de terroristes du Hezbollah sont retranchés sous terre dans la région, et des combats ont eu lieu en surface comme sous terre ces derniers jours.
Initialement, cette crête n’était pas incluse dans la zone de sécurité définie par Tsahal au sud du Liban. Cependant, jeudi, l’armée a publié une carte mise à jour de la « zone de défense avancée », qui inclut désormais Ali Taher ainsi que la région de Majdal Zoun.
À la suite des attaques du Hezbollah ayant coûté la vie à des soldats de Tsahal, Israël a mené une série de frappes dans le sud et l’est du Liban, durant la nuit et jusqu’à samedi après-midi.
Le groupe terroriste, en violation d’un cessez-le-feu, avait lancé plus de 175 projectiles contre les troupes israéliennes dans le sud du Liban au cours de la journée précédente, selon l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter.
Les frappes de représailles israéliennes auraient fait au moins 27 morts et au moins 26 blessés, ont rapporté les premiers intervenants et les médias libanais.
Ces chiffres sont invérifiables et ne font pas la distinction entre civils et terroristes.
Samedi, Tsahal a déclaré avoir « cessé le feu » en dehors de sa « zone de sécurité » déclarée au sud du Liban, conformément aux instructions de la direction politique, mais qu’elle poursuivrait ses opérations à l’intérieur de cette zone.
Ces combats ont éclaté après la signature, mercredi, d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran. Dans ce protocole, la République islamique s’engageait à rouvrir le détroit d’Ormuz et les États-Unis à lever leur blocus sur les navires et les ports iraniens.
Samedi, soit quelques jours après la réouverture du détroit, le Commandement du centre iranien a affirmé l’avoir à nouveau fermé, déclarant que les frappes de Tsahal dans le sud du Liban violaient l’accord.
L’armée américaine a toutefois nié que le détroit ait été fermé, affirmant qu’il restait ouvert et que les forces américaines surveillaient la situation pour s’assurer que cela reste le cas.
Israël n’a pas pris part au processus de négociation ayant conduit au protocole d’accord et n’en est pas signataire. Cependant, le mémorandum visait à obliger les États-Unis et leurs alliés à mettre fin immédiatement et définitivement aux opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a promis qu’Israël resterait dans la zone de sécurité qu’il contrôle au Liban pendant de nombreuses années encore et qu’il ne se retirerait pas, même en cas de demande explicite des États-Unis.
Dans une interview accordée au journal Makor Rishon et publiée ce week-end, il a ajouté estimer qu’aucune demande de ce type ne serait formulée, car « ils comprennent nos lignes rouges ».
Interrogé sur la question de savoir si l’armée resterait au Liban pendant des années, le ministre a répondu : « Oui, et je dis cela en tant que personne qui mène actuellement des négociations sur la gestion du budget de la défense pour la prochaine décennie. »
Interrogé sur la question de savoir si Israël devrait établir des postes militaires et des bases à part entière dans la zone de sécurité, Smotrich a répondu : « Tout, sans aucun doute. Nous resterons là-bas jusqu’à ce que le Hezbollah désarme, et même au-delà, car nous avons besoin de frontières défendables. » Il a fait valoir que la frontière fixée par l’accord Sykes-Picot de 1916 était illogique et ne tenait pas compte de la topographie du terrain.
« Mais bien sûr, tant que le Hezbollah ne se sera pas désarmé, nous ne bougerons pas d’un millimètre. C’est la position du Premier ministre et du ministre de la Défense, ainsi que la mienne, et nous sommes déterminés à nous y tenir. »
Le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui a multiplié les attaques de drones et de roquettes incessantes contre le nord d’Israël, a entraîné le Liban dans la guerre contre la République islamique d’Iran début mars en tirant des roquettes sur Israël pour la première fois depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024.
Israël a riposté par des frappes aériennes massives et une invasion à grande échelle du Liban, établissant par la suite une zone tampon s’étendant jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais depuis la frontière.
Cette reprise des attaques du Hezbollah contre Israël faisait suite à l’élimination du guide suprême iranien, Ali Khamenei, survenue au début de la campagne de bombardements américano-israéliens contre l’Iran, le 28 février. Les combats en Iran ont donné lieu à une trêve le 8 avril, alors qu’Israël et le Hezbollah continuaient d’échanger des tirs.
En vertu de l’accord de novembre 2024 qui avait mis fin à plus d’un an d’hostilités déclenchées par le Hezbollah, l’armée libanaise était censée désarmer le groupe terroriste chiite. Beyrouth n’y est pas parvenu à ce jour.
Lors des pourparlers israélo-libanais initiés en avril sous l’égide des États-Unis, les parties ont réaffirmé leur soutien à l’accord de 2024. Le Hezbollah, quant à lui, a vivement critiqué le gouvernement libanais pour avoir négocié directement avec Israël.
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