Syrie : le ministère de l’Intérieur annonce un nouveau cessez-le-feu à Soueïda
Un des trois principaux chefs religieux druzes syriens a lu les dix points de l'accord, qui prévoit "l'intégration totale de la province" de Soueïda "dans l'État syrien" mais un autre chef l'a rejeté
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Les autorités syriennes ont annoncé mercredi un nouveau cessez-le-feu dans la ville à majorité druze de Soueïda, dont l’application doit être surveillée par des représentants de l’État et des chefs religieux druzes, après des violences meurtrières.
Un premier cessez-le-feu proclamé mardi était resté sans effet dans cette région du sud de la Syrie où les violences ont fait plus de 300 morts depuis dimanche, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Une source du ministère de l’Intérieur, citée par l’agence officielle Sana, a annoncé qu’un « accord a été conclu pour un cessez-le-feu à Soueïda ».
Un des trois principaux chefs religieux druzes syriens, cheikh Youssef al-Jarbouh, a lu dans une vidéo diffusée par la télévision officielle les dix points de l’accord, qui prévoit « l’intégration totale de la province » de Soueïda « dans l’État syrien ».
Les zones druzes étaient jusque-là contrôlées par des combattants de cette minorité, qui s’étaient déclarés prêts, après la prise du pouvoir à Damas par une coalition islamiste ayant renversé le président Bachar al-Assad en décembre, à intégrer les forces de sécurité.
L’accord prévoit notamment « un arrêt total et immédiat de toutes les opérations militaires », la formation d’un comité regroupant des représentants de l’État syrien et des chefs spirituels druzes pour surveiller son mise en œuvre.
Le texte assure qu’il ne sera pas porté atteinte aux civils ni à leurs propriétés, alors que des témoins et des ONG ont fait état d’exactions au cours des derniers jours, dont des exécutions sommaires et des pillages.
Il prévoit également « la libération des détenus » et de faire la lumière sur le sort des personnes portées disparues au cours des récentes violences.
Après l’annonce du cessez-le-feu, un influent chef religieux druze, cheikh Hikmat al-Hejri, l’a rejeté. « Il ne peut pas y avoir d’accord ou de négociations avec ces bandes armées qui se font appeler gouvernement », a-t-il dit.
Cheikh Hejri avait lancé mercredi matin un appel au président américain Donald Trump, au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « et à tous ceux qui ont une influence dans le monde », leur demandant de « sauver Soueïda ».
Les principaux chefs religieux druzes ont des positions divergentes et cheikh Hejri s’était démarqué mardi en appelant les combattants de cette minorité à ne pas déposer les armes.
Les affrontements ont commencé dimanche entre combattants druzes et tribus bédouines, provoquant l’intervention des forces gouvernementales aux côtés de ces dernières et leur déploiement dans la ville de Soueïda.
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