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Syrie : les violences de juillet 2025 à Soueida pourraient constituer des « crimes de guerre » – ONU

La commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie a détaillé "trois vagues de violence simultanées" à Soueida entre le 14 et le 19 juillet de l'année dernière, faisant plus de 1 700 morts et près de 200 000 déplacés

Des forces de sécurité du gouvernement syrien montent la garde à un poste de contrôle dans le village de Walgha, près de la ville de Sweida, le 21 juillet 2025. (Crédit: Bakr ALkasem / AFP)
Des forces de sécurité du gouvernement syrien montent la garde à un poste de contrôle dans le village de Walgha, près de la ville de Sweida, le 21 juillet 2025. (Crédit: Bakr ALkasem / AFP)

Des « crimes de guerre » et des crimes contre l’humanité pourraient avoir été commis lors des violences qui ont secoué la province druze syrienne de Soueida en juillet dernier, faisant plus de 1 700 morts, ont indiqué vendredi des enquêteurs de l’ONU.

« Les graves violations commises par les forces gouvernementales et les groupes armés druzes pourraient constituer des crimes de guerre », a déclaré Fionnuala Ní Aolaín, membre de la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie, dans un communiqué.

La province à majorité druze de Soueida, dans le sud de la Syrie, avait été le théâtre d’affrontements meurtriers en juillet entre combattants druzes et bédouins sunnites, qui s’étaient étendus avec l’intervention des forces gouvernementales et de tribus venues d’autres régions.

Dans son dernier rapport, la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie affirme avoir documenté des « exécutions, des actes de torture, des violences sexistes et des incendies de maisons à grande échelle », lors des violences qui ont secoué le cœur de ce territoire contrôlé par les Druzes, qui pratiquent une religion ésotérique issue de la branche ismaélienne du chiisme.

La commission, qui enquête sur les violations du droit international commises en Syrie depuis le début de la longue guerre civile en 2011, a détaillé « trois vagues de violence simultanées » à Soueida entre le 14 et le 19 juillet de l’année dernière, faisant plus de 1 700 morts et près de 200 000 déplacés.

Le rapport, s’appuyant sur 409 témoignages de survivants et de témoins, ainsi que sur des visites de terrain, indique que la première vague de violence, du 14 au 16 juillet, avait été la plus meurtrière.

Les forces gouvernementales, accompagnées de combattants tribaux, ont commis des « violations généralisées du droit international humanitaire et des droits de l’homme à l’encontre des civils druzes », avec notamment des « meurtres, tortures, détentions arbitraires et pillages », selon la commission.

Des membres des forces de sécurité syriennes se tenant sur un char suite aux affrontements entre Bédouins et Druzes, dans la ville de Soueïda, à majorité druze, le 15 juillet 2025. (Crédit : Bakr Alkasem/AFP)

Lors d’une seconde vague, qui a débuté le 17 juillet alors que les forces gouvernementales se retiraient à la suite de frappes aériennes israéliennes, est survenue lorsque des groupes armés druzes ont attaqué des civils bédouins, avec là aussi des meurtres et actes de torture.

Et puis, du 17 au 19 juillet, des combattants tribaux ont pris pour cible des civils druzes en représailles, a indiqué la commission, soulignant que des membres des forces gouvernementales avaient alors ôté leurs uniformes pour participer aux violences.

La Commission a également souligné que les frappes israéliennes avaient non seulement tué et mutilé des civils, mais aussi contribué à l’instabilité, « alimentant les accusations de trahison contre les dirigeants de la communauté druze et provoquant des représailles contre l’ensemble de la communauté ».

Le rapport a aussi averti que la province demeurait profondément divisée et que la quasi-totalité des quelque 200 000 personnes déplacées en juillet restaient dans l’impossibilité de rentrer chez elles.

« Il est urgent de déployer des efforts accrus pour que tous les auteurs de ces actes rendent des comptes, quels que soient leur affiliation ou leur rang, afin de rétablir la confiance au sein des communautés victimes, parallèlement à un véritable dialogue pour s’attaquer aux causes profondes du conflit », a déclaré Paulo Pinheiro, président de la Commission.

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