Syrie : Regain de violence à Soueïda – deux morts lors d’affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales
Un membre des forces de l'ordre syriennes a été tué ainsi qu'un « combattant local » quelques semaines seulement après des conflits religieux meurtriers dans cette région druze
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Selon des informations, dans la province de Soueïda, au sud de la Syrie, à majorité druze, de nouveaux affrontements religieux ont fait deux morts au moins ce dimanche. Il s’agit du premier incident meurtrier depuis le cessez-le-feu conclu le mois dernier.
Selon la chaîne de télévision officielle Ekhbariya, des groupes armés s’en sont pris à des membres des forces de l’ordre syriennes à Soueïda : ils auraient tué un de leurs membres et en auraient blessé d’autres, en tirant des obus sur plusieurs villages de cette province méridionale à nouveau gagnée par les violences.
Selon une source proche des forces de sécurité, les groupes armés ont violé le cessez-le-feu convenu dans cette région à majorité druze déjà en proie à des affrontements sanglants entre factions qui ont fait des centaines de victimes le mois dernier.
« Un membre des forces de sécurité générale a été tué et sept autres ont été blessés… lors d’affrontements avec des factions locales autour de Tal Hadid, dans la campagne occidentale de Soueïda », explique l’Observatoire syrien des droits de l’homme, dont le siège se trouve au Royaume-Uni, en faisant lui aussi état de la mort d’un « combattant local ».
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Tal Hadid est un « point clé » situé à une altitude relativement élevée, ce qui permet à celui qui le contrôle de surplomber les zones voisines.
Des combats ont également éclaté autour de la ville de Thaala, complète l’Observatoire, « suite au bombardement de la zone au moyen d’obus et d’armes lourdes tirés depuis des zones sous contrôle des forces gouvernementales, et des explosions entrecoupées de de coups de feu se sont fait entendre dans plusieurs quartiers de Soueïda ».
Clashes erupted once again between Druze forces and Syrian Government troops in the western Sweida countryside. Syrian media report Druze gunmen targeted government positions “in violation of the ceasefire,” killing one security officer and wounding others. pic.twitter.com/tlC16zkIk5
— Ariel Oseran أريئل أوسيران (@ariel_oseran) August 3, 2025
Selon l’Observatoire et les habitants de Soueïda, Damas a imposé un siège à la province, l’Observatoire affirmant que le gouvernement voulait « forcer les habitants à se rentrer dans le rang ».
La route qui relie Soueïda à Damas est coupée depuis le 20 juillet dernier, date à laquelle la province a été le théâtre d’affrontements meurtriers entre combattants druzes et bédouins sunnites, suivie de l’intervention des forces gouvernementales.
Les forces israéliennes ont ensuite mené des frappes contre les forces militaires syriennes dans le sud de la Syrie ainsi que contre des cibles gouvernementales à Damas, officiellement dans le but d’empêcher les troupes syriennes d’entrer dans le sud de la Syrie – une zone dont Israël revendique publiquement la démilitarisation – et de tenir son engagement de protéger les Druzes, dont des milliers de coreligionnaires vivent en Israël.
Un cessez-le-feu a mis fin à une semaine d’effusion de sang – qui a fait 1 400 morts, selon l’Observatoire – mais la situation demeure tendue et a de nouveau donné lieu à des violences ce dimanche.
Le gouvernement syrien accuse les groupes druzes de bloquer la route principale, ce à quoi l’Observatoire rétorque en expliquant que des groupes armés alliés du gouvernement ont en fait pris le contrôle de la zone et bloquent la circulation.
Le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les violences commises en juillet dans la province ; la commission chargée de cette enquête a tenu sa première réunion samedi.
Le gouvernement du président par intérim Ahmad al-Sharaa peine à asseoir son contrôle depuis l’insurrection surprise qui l’a amené au pouvoir en renversant l’ex-président Bachar al-Assad, en décembre dernier, mettant fin à des décennies de règne autocratique de la famille Assad.
Opposants politiques et minorités ethniques et religieuses se méfient du régime islamiste de facto de Sharaa, en cheville avec les combattants affiliés issus de groupes militants.
Alors même que ses propres combattants viennent globalement de la mouvance Al-Qaïda, Sharaa a promis de protéger les membres des nombreuses minorités de Syrie. Mais cet engagement a été remis en question, dans un premier temps par les meurtres de masse de membres de la secte alaouite d’Assad en mars de cette année, et aujourd’hui par les dernières violences commises dans le sud-ouest de la Syrie.
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