Tabatabai, le chef militaire du Hezbollah qui a fait ses armes au Yémen et en Syrie
La frappe, qui a fait cinq morts selon les autorités libanaises, a visé un appartement dans un immeuble résidentiel de la banlieue sud, bastion du Hezbollah
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Le chef militaire du Hezbollah, Haitham Tabatabai, qu’Israël a affirmé avoir tué dimanche dans une frappe ciblée sur la banlieue sud de Beyrouth, avait accédé à ce poste après la mort des principaux chefs militaires du mouvement terroriste libanais durant la guerre avec Israël.
Son nom reste largement inconnu du grand public libanais. Tabatabai fait partie des nouveaux responsables du Hezbollah promus après la guerre au cours de laquelle la formation pro-iranienne a été décimée par Israël.
Tabatabai, présenté par Israël comme le « chef d’état-major du Hezbollah », est le plus important responsable de la formation chiite à être tué depuis le cessez-le-feu proclamé il y a près d’un an, en dépit duquel Israël poursuit ses frappes.
Selon une source proche de la formation pro-iranienne, Tabatabai était auparavant « responsable du dossier du Yémen » au sein du Hezbollah, qui soutient les Houthis aussi pro-Iran.
Il avait également occupé des fonctions en Syrie où le mouvement islamiste soutenait militairement le pouvoir déchu de Bachar al-Assad, selon les Etats-Unis.
La frappe, qui a fait cinq morts selon les autorités libanaises, a visé un appartement dans un immeuble résidentiel de la banlieue sud, bastion du Hezbollah.
Selon la source proche du Hezbollah, Tabatabai était basé à l’étranger et était « revenu au Liban pendant la guerre », au cours de laquelle Israël a décapité la hiérarchie du mouvement chiite.
Son père est d’origine iranienne et sa mère libanaise, mais il a la nationalité libanaise, d’après la même source.
Les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre lui en 2016, le désignant comme terroriste.
Le Trésor américain a offert une récompense allant jusqu’à 5 millions de dollars pour des informations à son sujet, précisant qu’il était « également connu sous le nom d’Abou Ali Tabatabai ».
Washington le présentait alors comme « un chef militaire clé du Hezbollah qui a commandé les forces spéciales du groupe en Syrie et au Yémen ».
Selon l’armée israélienne, Tabatabai était « un vétéran » du Hezbollah qu’il a rejoint dans les années 1980 et y a occupé « une série de postes » importants, « dont la direction des opérations du Hezbollah en Syrie ».
Le Hezbollah a militairement soutenu le pouvoir de Bachar al-Assad lors de la guerre civile en Syrie, jusqu’à sa chute en décembre 2024.
Les Houthis du Yémen font partie, avec le Hezbollah, de ce que l’Iran qualifie « d’axe de la résistance » contre Israël.
En novembre 2024, un rapport d’experts de l’ONU présentait le Hezbollah comme « l’un des principaux soutiens des houthis », tout en affirmant que les terroristes yéménites étaient formés notamment en Iran et dans les centres d’entraînement du Hezbollah au Liban.
Outre le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, Israël a tué, notamment dans des frappes ciblées, les principales figures militaires du mouvement : Fouad Chokr, le chef militaire, Ibrahim Aqil, qui commandait la force al-Radwan, l’unité d’élite, et Ali Karaké, le numéro trois militaire.
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