Tally Gotliv adhère à Otzma Yehudit après un accord entre le Likud et Ben Gvir
Classée 20e sur la liste du Likud à l'issue des primaires, la députée sera 2e sur la liste d'extrême-droite ; Un sondage donne Smotrich stable depuis sa fusion avec Feiglin
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le Likud, parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a annoncé jeudi que la députée Tally Gotliv, connue pour ses prises de position virulentes, se présenterait aux élections du 27 octobre prochain sur la liste du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, dirigé par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Gotliv a obtenu des résultats décevants aux primaires du Likud, le mois dernier, ce qu’elle a reproché à Netanyahu. Elle a fait savoir que de son point de vue, faute d’être réélue, elle était susceptible de perdre son immunité parlementaire et de finir « dans des geôles du Shin Bet ».
En vertu de l’accord entre le Likud et Otzma Yehudit, Gotliv restera soumise à la discipline de vote du Likud jusqu’au scrutin et elle ne sera pas considérée comme une parlementaire démissionnaire. Si elle l’avait été, cela l’aurait empêchée de se présenter sur la liste d’un des partis à la Knesset et cela l’aurait privée des quelque 1,85 million NIS de subventions qui sont accordées par la Knesset aux partis pour chaque siège. L’annonce du Likud n’a pas précisé si la subvention de Gotliv irait à Otzma Yehudit ou au Likud.
À l’issue de cette annonce, Ben Gvir a souhaité la bienvenue à Gotliv au sein d’Otzma Yehudit en lui disant qu’elle « rejoignait une famille de combattants ».
Il l’a qualifiée de « combattante contre l’État profond », disant qu’elle s’insurgeait également contre « les persécutions dont est victime notre cher Premier ministre ».
Elle occupera la deuxième place sur la liste électorale de la formation, a-t-il annoncé dans la journée de vendredi. Se laissant aller à de nouveaux éloges, il a rendu hommage à « l’une des idéologues les plus courageuses et les plus tenaces de la Knesset. Tout le monde peut convenir que Tally n’est pas seulement une députée, mais un véritable multiplicateur de force ».
De son côté, Gotliv a estimé qu’Otzma Yehudit avait « atteint des sommets législatifs » à la Knesset et que Ben Gvir était un « ministre intrépide ».
Mercredi, les médias israéliens avaient rapporté que Ben Gvir avait déclaré à des responsables du Likud que la « fenêtre d’opportunité se refermait » au sujet du transfert de Gotliv à Otzma Yehudit.
Gotliv était entrée à la Knesset aux dernières élections, en novembre 2022, à la 25ᵉ place de la liste du Likud lorsque le parti avait remporté 32 sièges sur les 120 que compte le parlement.
Gotliv s’est fait connaître auprès de nombreux militants du Likud par ses attaques contre les manifestants anti-gouvernement et par ses interruptions régulières lors du procès pour corruption du Premier ministre, sans parler d’autres audiences à fort enjeu devant les tribunaux et au sein des commissions de la Knesset.
Gotliv se présente comme une martyre du système judiciaire, qui selon elle veut la poursuivre pour avoir révélé l’identité d’un agent du Shin Bet dans le cadre d’une théorie complotiste qui affirmait que des militants anti-gouvernement avaient aidé le Hamas à préparer le pogrom qui avait été perpétré par le groupe terroriste, le 7 octobre 2023. En juin dernier, la Knesset avait voté, lui accordant l’immunité contre toute forme de poursuites.
Aux primaires du Likud du 17 août dernier, Gotliv était arrivée 12ᵉ, mais elle avait été reléguée à la 20ᵉ place sur la liste du parti en raison du grand nombre de places réservées aux choix personnels de Netanyahu.
Selon les médias israéliens, Netanyahu a fait pression pour obtenir ces places et évincer Gotliv, ainsi que d’autres figures populaires au sein du Likud, mais qui sont considérées comme problématiques auprès du grand public.
À l’issue des primaires du Likud, Gotliv a accusé Netanyahu de vouloir « l’éliminer », affirmant que son nom ne figurait même pas sur les bulletins de vote de certains bureaux de vote. Elle a également évoqué publiquement la possibilité de faire défection et de rallier Otzma Yehudit.
Le départ de Gotliv pour le parti de Ben Gvir a eu lieu au moment où Netanyahu fait en sorte de consolider sa coalition, le nouveau parti de l’ex-général de l’armée israélienne, Ofer Winter, risquant de prendre des voix au parti HaTzionout HaDatit du ministre des Finances Bezalel Smotrich et de le faire passer sous le minimum électoral.
Selon de récents sondages, la fusion, cette semaine, du parti de Smotrich et de celui de l’ex-député du Likud, Moshe Feiglin, éloigne la menace pour le bloc de Netanyahu.
Depuis son alliance avec le parti Zehut de Feiglin, le parti HaTzionout HaDatit de Smotrich est crédité de cinq sièges, tandis que le parti « Ton Peuple, Israël » de Winter passe sous le minimum électoral, selon un sondage qui a été publié jeudi par Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.
Le sondage du Zman Yisrael de la semaine passée, réalisé peu après la création du parti « Ton Peuple, Israël », donnait le parti de Winter à six sièges et HaTzionout HaDatit sous le seuil électoral.
Dans un entretien à la chaîne N12, diffusé jeudi, Winter a déclaré que si les sondages continuaient de donner son parti en difficulté une semaine avant l’élection, « nous reverrons notre démarche de manière responsable, car la nation d’Israël est plus importante que nous ».
Il a également déclaré qu’il ne siègerait pas dans une coalition dirigée par Naftali Bennett ou Avigdor Liberman.
Netanyahu et Eisenkot au coude-à-coude – HaBayit HaTzioni – HaMiluimnikim franchit le seuil
Le sondage du Zman Yisrael de cette semaine donne le parti centriste Yashar, dirigé par l’ex-chef d’État-major de l’armée, Gadi Eisenkot, au coude-à-coude avec le Likud, avec 22 sièges chacun, après avoir mené la semaine dernière avec 26 sièges.
L’avance dont a joui Yashar, plusieurs semaines durant, dans les sondages du Zman Yisrael semble s’être effondrée, car le parti HaBayit HaTzioni – HaMiluimnikim a passé le seuil électoral pour la première fois dans cette enquête, avec un total de quatre sièges.
Ce dernier parti, ancré à droite et dirigé par les ex-ministres Yoaz Hendel et Chili Tropper, souhaite former une coalition sans partis arabes ni ultra-orthodoxes : il se dit résolu à ne pas faire partie d’un gouvernement dirigé par Netanyahu.
Selon ce même sondage, les partis sionistes opposés à toute forme d’exercice du pouvoir avec Netanyahu sont crédités de 55 sièges, et les partis de l’actuel gouvernement Netanyahu de 50.
D’après le sondage de cette semaine, aucun des deux camps ne dispose de 61 sièges – la majorité – sans l’aide du bloc opposé, de HaBayit HaTzioni – HaMiluimnikim ou des deux partis à majorité arabe, lesquels réunissent 11 sièges au total.
Parmi les partis sionistes opposés à Netanyahu, Yashar, le parti d’Eisenkot, est suivi dans ce même sondage par le parti BeYahad, de l’ex-Premier ministre de droite Naftali Bennett, avec 15 sièges (14 la semaine dernière), le parti laïc et fermement ancré à droite Yisrael Beytenu, du député Avigdor Liberman, avec 10 sièges (inchangé) et enfin le parti de gauche HaDemocratim, de l’ex-chef d’État-major adjoint Yair Golan, avec huit sièges (inchangé).
En dehors des cinq sièges de Smotrich, les partis de la coalition de Netanyahu demeurent stables, avec neuf sièges pour le parti ultra-orthodoxe séfarade Shas, huit pour le parti ultra-orthodoxe ashkénaze YaHadout HaTorah et six pour Otzma Yehudit, de Ben Gvir. Le sondage a été réalisé avant l’annonce de la candidature de Gotliv sur la liste d’Otzma Yehudit.
Les deux partis à majorité arabe sont eux aussi stables, avec six sièges pour l’alliance tripartite réunissant le parti communiste Hadash, le parti laïc Taal et le parti nationaliste Balad, et cinq sièges pour le parti traditionaliste Raam, qui s’est associé cette semaine à l’ex-député de Yesh Atid, Yoav Segalovitz.
Le sondage a été réalisé les 2 et 3 septembre derniers par Tatika Research and Media en collaboration avec Adgenda, sur la base d’un échantillon de 500 personnes, avec une marge d’erreur de 4,4 %.
la Communauté du Times of Israël !







