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Tom Nides et Amos Yadlin dévoilent une nouvelle vision des liens entre Israël et les États-Unis fondée sur la tech

Alors que le soutien américain s’érode, l'ex-ambassadeur et l'ex-chef des renseignements de Tsahal présentent un projet dans le cadre duquel les 2 pays investiraient 2 Mds de $ par an dans des projets communs

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Tom Nides, s’exprimant lors de la Conférence des présidents des organisations juives américaines, à Jérusalem, le 19 février 2023. (Crédit : Amit Elkayam)
L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Tom Nides, s’exprimant lors de la Conférence des présidents des organisations juives américaines, à Jérusalem, le 19 février 2023. (Crédit : Amit Elkayam)

Alors que le soutien à Israël s’effondre aux États-Unis, un ancien haut responsable américain et un ancien haut responsable israélien proposent une nouvelle vision des relations bilatérales.

« Nous devons redéfinir nos relations », a déclaré jeudi Amos Yadlin, ancien chef du Directorat des Renseignements militaires de l’armée israélienne, au Times of Israel.

« Le modèle selon lequel Israël est soutenu par les États-Unis et reçoit de l’aide a très peu de chances de perdurer sous une future administration, et peut-être même sous l’administration Trump », a-t-il poursuivi.

« Nous devons donc trouver une nouvelle base pour nos relations, qui marquerait une transition de l’aide vers un partenariat. »

Selon un nouveau sondage du Pew Research Center publié le mois dernier, six Américains sur dix déclarent avoir une opinion très ou assez défavorable d’Israël, soit une hausse de 20 points par rapport à 2022.

Environ la moitié d’entre eux déclarent même avoir une opinion « très défavorable » d’Israël, une proportion qui a triplé au cours des quatre dernières années.

L’ancien chef du Directorat des Renseignements militaires, Amos Yadlin, à Tel Aviv, le 3 décembre 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Nous avons du travail à faire », a souligné l’ancien ambassadeur américain en Israël, Tom Nides.

« Nous devons raconter l’histoire d’Israël. Nous devons parler d’innovation. Nous devons montrer qu’Israël est un creuset culturel. Israël est un pays qui compte plus de sept millions de Juifs et deux millions d’Arabes. Nous devons mettre en avant ce qui fait la grandeur de l’État d’Israël et ce qu’il a accompli. »

Afin de redéfinir les liens de manière plus pertinente pour les années à venir et de répondre à certaines des préoccupations politiques concernant cette relation, Yadlin et Nides promeuvent le projet « US-Israel Technology Alliance — Strategic Technology Compact ».

Dévoilée lors du salon AI+ Expo, qui s’est tenu ce week-end à Washington, cette initiative vise à construire une « relation spéciale 2.0 » en combinant le capital américain, la puissance industrielle et les laboratoires de classe mondiale avec la rapidité, l’expérience et l’ingéniosité technique d’Israël, selon les organisateurs.

Manifestation contre la guerre américano-israélienne en Iran et contre le conflit au Liban, à New York, le 8 avril 2026. (Crédit : Ryan Murphy/AP)

« Les États-Unis disposent de nombreuses technologies », a déclaré Nides.

« Nous sommes à la pointe de la technologie, de l’intelligence artificielle et de l’innovation. Tout le monde sait qu’Israël est la nation des start-ups. Ces deux pays travaillent ensemble pour créer des innovations et des avancées technologiques. »

« La collaboration entre ces deux nations est bénéfique tant pour les Américains, l’Américain moyen, que pour l’Israélien moyen », a-t-il poursuivi.

« Et très franchement, c’est bénéfique pour la région et pour le monde dans son ensemble. »

Selon la proposition préliminaire de cette initiative, élaborée par le groupe de réflexion américain Special Competitive Studies Project et le cabinet de conseil israélien MIND Israel, les relations entre les États-Unis et Israël reposent sur la coopération en matière de défense, l’aide à la sécurité, des intérêts géopolitiques communs et la coopération entre entreprises.

« Ces fondements restent essentiels », ont écrit les organisateurs.

« Mais cela ne suffit plus pour un siècle qui sera marqué par le leadership dans les domaines de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, des énergies de pointe, de la cybersécurité, de l’informatique quantique, de la bioconvergence et de la fabrication stratégique, tant militaire que civile. »

L’Alliance technologique américano-israélienne vise à aller au-delà des fondements de la sécurité de la relation en créant « une base plus moderne, plus réciproque et plus productive pour un partenariat stratégique à long-terme ».

Le fondateur et PDG de la société américaine d’intelligence artificielle OpenAI, Sam Altman, s’exprimant à l’Université de Tel Aviv, en Israël, le 5 juin 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les organisateurs appellent les deux gouvernements à signer un protocole d’accord qui engagerait Jérusalem et Washington à consacrer au moins un milliard de dollars par an de fonds publics à des projets communs.

« Les États-Unis gagnent un allié technologique de confiance qui a fait ses preuves sur le terrain et qui renforce le leadership américain dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, de l’énergie, de l’informatique quantique et de la résilience industrielle », peut-on lire dans la proposition.

« Israël obtient un accès durable à l’écosystème technologique le plus important au monde, notamment aux programmes fédéraux, aux laboratoires, aux sources de financement, aux chaînes d’approvisionnement et aux opportunités de développement. »

Ce partenariat pourrait également donner aux États-Unis un avantage compétitif sur la Chine.

Le général de brigade (Rés.) Yossi Karadi, directeur général de l’Unité de cyber-défense C4I (INDC), s’exprimant lors de la conférence Cybertech 2026, à Tel Aviv, le 27 janvier 2026. (Crédit : Gilad Kavalerchik)

« La Chine s’efforce d’imposer ses cadres de gouvernance technique et ses normes d’infrastructure comme des normes mondiales, y compris au Moyen-Orient, où les États-Unis et Israël ont des intérêts stratégiques importants et qui se recoupent », affirment les organisateurs.

« Un partenariat américano-israélien, correctement structuré, offre une alternative crédible et éprouvée sur le terrain. Il peut également renforcer et élargir les accords multilatéraux – notamment les Accords d’Abraham – qui sous-tendent la collaboration régionale. »

Pas de changement de régime en Iran

Nides, démocrate de longue date ayant servi sous les administrations de Barack Obama et de Joe Biden, a adressé des éloges inhabituels au président américain Donald Trump pour son approche envers le régime iranien.

Le président américain Donald Trump s’exprimant sur le conflit en Iran, dans la salle de presse James S. Brady de la Maison Blanche, à Washington, le 6 avril 2026. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

« L’Iran a été un cancer pour la région », a déclaré Nides.

« Je félicite sans réserve le président Trump pour certaines des mesures qu’il a prises afin de réduire le nombre de missiles balistiques et de détruire, je suppose pour la deuxième fois, les matières fissiles. »

En juin 2025, Trump avait ordonné aux bombardiers américains de se joindre à l’opération israélienne « Rising Lion », puis, en février, il s’était lancé dans une campagne conjointe contre Téhéran aux côtés d’Israël.

« Cela dit, nous devons trouver un moyen de mettre fin à tout cela », a poursuivi Nides.

Le président américain Barack Obama, accompagné du secrétaire d’État John Kerry, rencontrant des anciens combattants et leurs familles pour évoquer l’accord sur le nucléaire iranien, dans la salle Roosevelt de la Maison Blanche, à Washington, le 10 septembre 2015. (Crédit : Andrew Harnik/AP Photo)

« Il n’y aura pas de changement de régime en Iran à ce stade. »

« Mais nous pouvons réduire considérablement leur appareil militaire, et nous y sommes parvenus. »

Selon Nides, l’accord final ressemblera beaucoup au Plan d’action global conjoint (JCPOA) de 2015, abandonné par Trump en 2018 au cours de son premier mandat.

« Il ne s’appellera pas ainsi », a-t-il ajouté.

Des motos passant devant un panneau d’affichage sur lequel figure une image de l’ayatollah Ali Khamenei, le défunt guide suprême iranien, dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 6 mai 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

« Mais j’ai le sentiment que, si je retiens mon souffle et que je ferme très fort les yeux, il comportera de nombreux éléments que nous avions en 2015, sur lesquels beaucoup d’entre nous avons passé beaucoup de temps à travailler. »

Yadlin a fait valoir que la guerre en Iran, bien qu’elle n’ait pas entraîné la chute immédiate de la République islamique, a permis de contrer la menace nucléaire et balistique iranienne.

« Nous avons considérablement retardé ces programmes, et je pense que c’est là que les résultats de la campagne ont été obtenus », a déclaré Yadlin.

« Nous devons maintenant voir si les graves dommages économiques subis par l’Iran créeront également les conditions d’un changement de régime. Nous n’avons pas besoin de rester là, chronomètre en main. Cela ne se produira pas en une semaine ou en un mois, mais cela pourrait très bien se produire d’ici un an ou deux. »

Selon Yadlin, il est dans l’intérêt d’Israël que les États-Unis et l’Iran ne parviennent pas à un accord.

« Une situation où il n’y a ni accord ni guerre est préférable à un accord qui sauverait le régime et, dans une certaine mesure, trahirait également tous les Iraniens courageux qui sont descendus dans la rue », a-t-il affirmé.

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