Tom Nides et Amos Yadlin dévoilent une nouvelle vision des liens entre Israël et les États-Unis fondée sur la tech
Alors que le soutien américain s’érode, l'ex-ambassadeur et l'ex-chef des renseignements de Tsahal présentent un projet dans le cadre duquel les 2 pays investiraient 2 Mds de $ par an dans des projets communs
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Alors que le soutien à Israël s’effondre aux États-Unis, un ancien haut responsable américain et un ancien haut responsable israélien proposent une nouvelle vision des relations bilatérales.
« Nous devons redéfinir nos relations », a déclaré jeudi Amos Yadlin, ancien chef du Directorat des Renseignements militaires de l’armée israélienne, au Times of Israel.
« Le modèle selon lequel Israël est soutenu par les États-Unis et reçoit de l’aide a très peu de chances de perdurer sous une future administration, et peut-être même sous l’administration Trump », a-t-il poursuivi.
« Nous devons donc trouver une nouvelle base pour nos relations, qui marquerait une transition de l’aide vers un partenariat. »
Selon un nouveau sondage du Pew Research Center publié le mois dernier, six Américains sur dix déclarent avoir une opinion très ou assez défavorable d’Israël, soit une hausse de 20 points par rapport à 2022.
Environ la moitié d’entre eux déclarent même avoir une opinion « très défavorable » d’Israël, une proportion qui a triplé au cours des quatre dernières années.
« Nous avons du travail à faire », a souligné l’ancien ambassadeur américain en Israël, Tom Nides.
« Nous devons raconter l’histoire d’Israël. Nous devons parler d’innovation. Nous devons montrer qu’Israël est un creuset culturel. Israël est un pays qui compte plus de sept millions de Juifs et deux millions d’Arabes. Nous devons mettre en avant ce qui fait la grandeur de l’État d’Israël et ce qu’il a accompli. »
Afin de redéfinir les liens de manière plus pertinente pour les années à venir et de répondre à certaines des préoccupations politiques concernant cette relation, Yadlin et Nides promeuvent le projet « US-Israel Technology Alliance — Strategic Technology Compact ».
Dévoilée lors du salon AI+ Expo, qui s’est tenu ce week-end à Washington, cette initiative vise à construire une « relation spéciale 2.0 » en combinant le capital américain, la puissance industrielle et les laboratoires de classe mondiale avec la rapidité, l’expérience et l’ingéniosité technique d’Israël, selon les organisateurs.
« Les États-Unis disposent de nombreuses technologies », a déclaré Nides.
« Nous sommes à la pointe de la technologie, de l’intelligence artificielle et de l’innovation. Tout le monde sait qu’Israël est la nation des start-ups. Ces deux pays travaillent ensemble pour créer des innovations et des avancées technologiques. »
« La collaboration entre ces deux nations est bénéfique tant pour les Américains, l’Américain moyen, que pour l’Israélien moyen », a-t-il poursuivi.
« Et très franchement, c’est bénéfique pour la région et pour le monde dans son ensemble. »
Selon la proposition préliminaire de cette initiative, élaborée par le groupe de réflexion américain Special Competitive Studies Project et le cabinet de conseil israélien MIND Israel, les relations entre les États-Unis et Israël reposent sur la coopération en matière de défense, l’aide à la sécurité, des intérêts géopolitiques communs et la coopération entre entreprises.
« Ces fondements restent essentiels », ont écrit les organisateurs.
« Mais cela ne suffit plus pour un siècle qui sera marqué par le leadership dans les domaines de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, des énergies de pointe, de la cybersécurité, de l’informatique quantique, de la bioconvergence et de la fabrication stratégique, tant militaire que civile. »
L’Alliance technologique américano-israélienne vise à aller au-delà des fondements de la sécurité de la relation en créant « une base plus moderne, plus réciproque et plus productive pour un partenariat stratégique à long-terme ».
Les organisateurs appellent les deux gouvernements à signer un protocole d’accord qui engagerait Jérusalem et Washington à consacrer au moins un milliard de dollars par an de fonds publics à des projets communs.
« Les États-Unis gagnent un allié technologique de confiance qui a fait ses preuves sur le terrain et qui renforce le leadership américain dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, de l’énergie, de l’informatique quantique et de la résilience industrielle », peut-on lire dans la proposition.
« Israël obtient un accès durable à l’écosystème technologique le plus important au monde, notamment aux programmes fédéraux, aux laboratoires, aux sources de financement, aux chaînes d’approvisionnement et aux opportunités de développement. »
Ce partenariat pourrait également donner aux États-Unis un avantage compétitif sur la Chine.
« La Chine s’efforce d’imposer ses cadres de gouvernance technique et ses normes d’infrastructure comme des normes mondiales, y compris au Moyen-Orient, où les États-Unis et Israël ont des intérêts stratégiques importants et qui se recoupent », affirment les organisateurs.
« Un partenariat américano-israélien, correctement structuré, offre une alternative crédible et éprouvée sur le terrain. Il peut également renforcer et élargir les accords multilatéraux – notamment les Accords d’Abraham – qui sous-tendent la collaboration régionale. »
Pas de changement de régime en Iran
Nides, démocrate de longue date ayant servi sous les administrations de Barack Obama et de Joe Biden, a adressé des éloges inhabituels au président américain Donald Trump pour son approche envers le régime iranien.
« L’Iran a été un cancer pour la région », a déclaré Nides.
« Je félicite sans réserve le président Trump pour certaines des mesures qu’il a prises afin de réduire le nombre de missiles balistiques et de détruire, je suppose pour la deuxième fois, les matières fissiles. »
En juin 2025, Trump avait ordonné aux bombardiers américains de se joindre à l’opération israélienne « Rising Lion », puis, en février, il s’était lancé dans une campagne conjointe contre Téhéran aux côtés d’Israël.
« Cela dit, nous devons trouver un moyen de mettre fin à tout cela », a poursuivi Nides.
« Il n’y aura pas de changement de régime en Iran à ce stade. »
« Mais nous pouvons réduire considérablement leur appareil militaire, et nous y sommes parvenus. »
Selon Nides, l’accord final ressemblera beaucoup au Plan d’action global conjoint (JCPOA) de 2015, abandonné par Trump en 2018 au cours de son premier mandat.
« Il ne s’appellera pas ainsi », a-t-il ajouté.
« Mais j’ai le sentiment que, si je retiens mon souffle et que je ferme très fort les yeux, il comportera de nombreux éléments que nous avions en 2015, sur lesquels beaucoup d’entre nous avons passé beaucoup de temps à travailler. »
Yadlin a fait valoir que la guerre en Iran, bien qu’elle n’ait pas entraîné la chute immédiate de la République islamique, a permis de contrer la menace nucléaire et balistique iranienne.
« Nous avons considérablement retardé ces programmes, et je pense que c’est là que les résultats de la campagne ont été obtenus », a déclaré Yadlin.
« Nous devons maintenant voir si les graves dommages économiques subis par l’Iran créeront également les conditions d’un changement de régime. Nous n’avons pas besoin de rester là, chronomètre en main. Cela ne se produira pas en une semaine ou en un mois, mais cela pourrait très bien se produire d’ici un an ou deux. »
Selon Yadlin, il est dans l’intérêt d’Israël que les États-Unis et l’Iran ne parviennent pas à un accord.
« Une situation où il n’y a ni accord ni guerre est préférable à un accord qui sauverait le régime et, dans une certaine mesure, trahirait également tous les Iraniens courageux qui sont descendus dans la rue », a-t-il affirmé.
la Communauté du Times of Israël !







