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« Ton sort sera celui de ton chef » : Israël aurait menacé des officiers iraniens

Selon le Wall Street Journal, des agents du Mossad auraient menacé des policiers iraniens par téléphone pour affaiblir les forces de sécurité et attiser les troubles

Des membres des forces paramilitaires iraniennes (Basij) défilant avec des armes et des drapeaux lors d'un rassemblement anti-Israël à Téhéran, en Iran, le 10 janvier 2025. (Crédit : AFP)
Des membres des forces paramilitaires iraniennes (Basij) défilant avec des armes et des drapeaux lors d'un rassemblement anti-Israël à Téhéran, en Iran, le 10 janvier 2025. (Crédit : AFP)

Les efforts israéliens visant à renverser le régime iranien dans le cadre de la guerre en cours se seraient étendus à la guerre psychologique, selon un article du Wall Street Journal, qui affirme que des responsables du renseignement auraient passé des appels téléphoniques menaçants à des membres des forces de sécurité intérieure de la République islamique d’Iran.

Ces appels s’inscriraient dans le cadre d’une campagne plus large visant à préparer le terrain à un soulèvement contre la République islamique, en sapant le moral des forces de sécurité, notamment les branches de sécurité intérieure du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), la milice Basij et les unités de police spéciales, selon l’article publié mercredi.

Le Wall Street Journal a détaillé l’un de ces échanges téléphoniques entre un agent du Mossad et un commandant de police, à partir d’un enregistrement obtenu par le média américain.

L’agent israélien aurait déclaré en farsi : « Nous savons tout de vous. Vous êtes sur notre liste noire et nous disposons de toutes les informations vous concernant », ce à quoi le commandant aurait répondu « OK ».

L’agent aurait ensuite exhorté l’officier à rejoindre le soulèvement contre le régime, ou à tout le moins à se retirer. « Je vous appelle pour vous avertir à l’avance qu’il faut vous ranger du côté de votre peuple… sinon, vous subirez le même sort que votre dirigeant », a-t-il déclaré.

« Mon frère, je le jure sur le Coran, je ne suis pas votre ennemi », aurait répondu le commandant. « Je suis déjà un homme mort. Venez plutôt nous aider, s’il vous plaît. »

Outre ces appels, des frappes israéliennes visant des officiers subalternes auraient contraint les forces de sécurité à se mettre à l’abri. Ces opérations s’inscriraient dans une forme de répartition des rôles entre les États-Unis et Israël, les premiers ciblant la « puissance militaire et industrielle » du régime, tandis que les seconds visent ses « structures de contrôle interne ».

La campagne aurait débuté par des frappes contre des centres de commandement, avant de s’étendre à des complexes sportifs locaux qui, comme l’ont vite découvert les services de renseignement israéliens, servaient de lieux de rassemblement secondaires aux forces de sécurité intérieure. Le Wall Street Journal indique que les frappes contre ces sites figurent parmi les plus meurtrières du conflit à ce stade.

Une photographie montre un bâtiment fortement endommagé au complexe sportif Azadi de Téhéran à la suite d’une frappe, le 5 mars 2026. (Crédit : AFP)

Israël aurait depuis recentré ses efforts sur des postes de contrôle et des barrages routiers tenus par des membres de la milice Basij, ciblant le personnel à l’aide de drones de surveillance.

Ces opérations ont été éclipsées dans l’opinion publique par les assassinats très médiatisés du guide suprême, Ali Khamenei, et d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Elles auraient néanmoins plongé les forces de maintien de l’ordre dans une profonde incertitude.

Au moins trois postes de contrôle ont été pris pour cible jeudi dernier, dont un sur l’autoroute Imam Reza et un autre rue Shahed, dans le nord de Téhéran. Dimanche soir, Israël a frappé 11 postes de contrôle supplémentaires. Selon l’article, nombre de ces frappes auraient été guidées par des informations fournies par des civils iraniens.

Des habitants ont indiqué que des agents de sécurité avaient investi des écoles, des salles de sport et d’autres bâtiments civils pour échapper aux drones en vol stationnaire. Lorsque les forces se réfugient dans des appartements, de nombreux locataires évacuent les lieux, craignant d’être pris pour cible.

Certains habitants ont confié au Wall Street Journal avoir vu des policiers dormir dans des tentes ou des bus.

Israël aurait également frappé des entrepôts de la police, détruisant du matériel informatique, des véhicules et divers équipements, selon les listes de cibles citées dans l’article. Les unités de motards, qui ont joué un rôle clé dans la répression des manifestations par le régime, ont également été prises pour cible par l’armée de l’air israélienne.

Un immense drapeau iranien ornant un bâtiment tandis que des Iraniens passent devant des structures endommagées à la suite d’une frappe militaire survenue plus tôt dans la capitale iranienne, Téhéran, le 15 mars 2026. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

L’article indique en outre que les enquêtes sur des délits de droit commun, comme les vols commis avant la guerre, sont à l’arrêt, la police étant elle-même prise pour cible. Un habitant de Téhéran a ainsi expliqué que la police lui avait demandé, ainsi qu’à d’autres commerçants, de fermer leurs boutiques avant la tombée de la nuit, leur sécurité ne pouvant plus être garantie.

Malgré des revers importants, le régime serait toutefois parvenu à contenir toute contestation collective significative.

Quelques piétons marchant dans le Grand Bazar historique alors que les magasins restent fermés, à Téhéran, en Iran, le 16 juin 2025. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Si des responsables israéliens ont affirmé au Wall Street Journal que ces frappes avaient porté un coup significatif, il reste difficile d’évaluer l’ampleur des perturbations au sein de la chaîne de commandement, en raison du contrôle strict exercé par le régime sur Internet.

Par ailleurs, plusieurs experts estiment que si la République islamique parvient à se maintenir au pouvoir, elle pourrait en ressortir plus dure et plus intransigeante encore. L’un d’eux a déclaré au journal « qu’ils voient un système se déliter sous leurs yeux… mais il faudrait bien davantage pour provoquer son effondrement ».

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