Trump écarte l’idée d’une frappe nucléaire contre l’Iran alors que les tensions s’intensifient
Téhéran serait "totalement vaincu militairement", selon le président, qui envisagerait des frappes limitées près d’Ormuz ; plusieurs incidents signalés alors que l’Iran appelle à la reprise du dialogue
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Interrogé sur la question de savoir s’il avait écarté le recours à une arme nucléaire contre l’Iran, le président américain a répondu par l’affirmative lundi, qualifiant la question de « stupide », alors que les États-Unis et l’Iran échangeaient à nouveau des tirs après une accalmie des combats.
« Je ne dirais jamais cela, mais la réponse est oui », a déclaré Trump à un journaliste dans le Bureau ovale.
« Il n’y a aucune raison de le faire… Quelle question stupide ! »
« Ils sont totalement vaincus sur le plan militaire, et maintenant je devrais utiliser une arme nucléaire contre eux ? Quelle question stupide », a-t-il répété.
Trump a déjà menacé par le passé de détruire la civilisation iranienne, mais il n’a jamais menacé de le faire au moyen d’une arme nucléaire.
Cet échange est intervenu alors qu’Axios a rapporté que le président américain envisageait de reprendre une campagne de frappes « limitées » contre l’Iran, au lendemain d’un bref échange de tirs entre les deux parties.
"Have you ruled out using a nuclear weapon against Iran?"@POTUS: "They're totally defeated militarily — so I defeat them and now I should use a nuclear weapon on top of them? What a stupid question." pic.twitter.com/Gv9dXAJ9Zu
— Rapid Response 47 (@RapidResponse47) August 31, 2026
Selon trois responsables américains cités dans l’article, les États-Unis envisageraient de frapper des sites de missiles et de radars situés près du détroit d’Ormuz afin d’empêcher l’Iran de lancer des projectiles contre les navires circulant dans cette voie navigable.
Un responsable cité dans l’article a déclaré que le plan américain, qui a été élaboré par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) et approuvé par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, viserait à « tondre la pelouse » et à réduire le risque d’attaques contre les navires commerciaux et autres embarcations dans le détroit.
Le CENTCOM s’inquiète de voir l’Iran s’efforcer activement de reconstituer ses capacités radar et balistiques à proximité de cette voie navigable stratégique, a indiqué l’article, qui a ajouté qu’un incident survenu à une date récente – un missile avait été tiré sur un avion de chasse américain F-35 escortant un navire dans le détroit – a suscité l’inquiétude des États-Unis.
Bien que le missile n’ait pas été suffisamment proche pour constituer une menace réelle pour l’avion américain, ont déclaré les sources à Axios, ce signal a indiqué que l’Iran était en train de renforcer ses capacités dans la région – ce qui pourrait nécessiter une nouvelle attaque américaine.
Ce plan avait été rédigé et approuvé quelques jours avant les récents échanges de tirs, et le média a laissé entendre que Trump pourrait désormais donner son feu vert aux plans d’attaque, compte tenu de l’escalade.
Selon ces responsables, le président « penchait » en faveur d’un retour aux frappes, mais après la récente escalade, il pourrait chercher à riposter plus durement. Trump a déclaré lundi : « Il y aura une riposte » aux frappes iraniennes », avant d’ajouter : « Nous allons les frapper fort. »
Incidents dans le détroit d’Ormuz
L’article d’Axios a été publié alors que l’Iran annonçait que le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, avait abattu un drone américain au-dessus du détroit d’Ormuz lundi soir, et que le Commandement du Centre des forces armées iraniennes réitérait son avertissement à ses voisins de la région, leur enjoignant de ne pas permettre aux États-Unis d’utiliser leur territoire pour mener des attaques.
UKMTO WARNING 124-26
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— UKMTO Operations Centre (@UK_MTO) August 31, 2026
Par ailleurs, un pétrolier quittant le détroit a signalé avoir été touché par trois « projectiles non identifiés » au large de la côte nord-est d’Oman, a indiqué lundi soir l’agence britannique Maritime Trade Operations (UKMTO), précisant qu’aucune victime ni aucun impact environnemental n’étaient à déplorer.
Les médias iraniens ont également rapporté qu’un pétrolier saoudien avait été intercepté alors qu’il transitait par le couloir sud du détroit d’Ormuz. Aucune confirmation n’a été apportée dans l’immédiat par l’Arabie saoudite.
Le 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre l’Iran en menant des frappes de grande envergure à travers le pays, dans le but de déstabiliser son régime et de détruire son programme de missiles balistiques et son programme nucléaire. Depuis, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz par lequel transitait auparavant environ un cinquième des transports commerciaux mondiaux de pétrole et les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran achoppent depuis sur la question du contrôle du détroit.
Trump a affirmé que la marine américaine exerçait un « contrôle total » sur le détroit, Washington ayant annoncé la semaine dernière avoir achevé le déminage de la voie navigable.
L’Iran, en revanche, insiste sur le fait qu’il contrôle cette voie maritime. Lundi, le CGRI a déclaré qu’un pétrolier « hors-la-loi » avait pris feu près du détroit après avoir heurté deux mines alors qu’il tentait d’emprunter une « route illégale ».
Plus tôt dans la journée, Trump a qualifié l’Iran de « nation en faillite », affirmant sur les réseaux sociaux que son armée était décimée, que ses finances s’effondraient et que « ses dirigeants sont en plein désarroi et incapables de représenter correctement le pays ».
Les négociations entre les deux parties ont échoué, bien que le président iranien Massoud Pezeshkian ait déclaré mardi que Téhéran ferait « immédiatement » de même si les États-Unis revenaient au protocole d’accord conclu en juin entre les deux parties, qui visait à mettre fin à leur conflit.
« Je déclare explicitement que si les États-Unis reviennent à leurs engagements pris dans le cadre du protocole d’accord susmentionné, la République islamique d’Iran prendra immédiatement des mesures réciproques », a déclaré Pezeshkian lors d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai au Kirghizistan, selon le site web de la présidence iranienne.
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également plaidé en faveur d’une reprise des négociations, ce que les États-Unis ont exclu, affirmant lundi que « la solution est tout à fait claire et simple : les États-Unis doivent revenir à leurs engagements ».
« Dans ce cas, tout pourra être remis sur la bonne voie », a-t-il ajouté.
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