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Trump furieux contre le secrétaire à l’Énergie pour avoir annoncé l’accord avec l’Arabie saoudite sans son feu vert

Selon CNN, le dirigeant américain aurait été d'autant plus agacé que l'accord avait été critiqué dans les médias conservateurs, avant qu'il ne le subordonne à la normalisation des relations avec Israël

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright (à droite), s’exprime tandis que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, et le président américain Donald Trump l’écoutent dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, lors de la signature d’un décret sur l’informatique quantique, le 22 juin 2026, à Washington. (Crédit: AP/Jacquelyn Martin)
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright (à droite), s’exprime tandis que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, et le président américain Donald Trump l’écoutent dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, lors de la signature d’un décret sur l’informatique quantique, le 22 juin 2026, à Washington. (Crédit: AP/Jacquelyn Martin)

Le président américain Donald Trump aurait été furieux que son secrétaire à l’Énergie annonce la conclusion d’un accord nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, ce qui l’aurait conduit à prendre la décision surprenante de le subordonner à l’adhésion de Ryad aux Accords d’Abraham.

Selon un reportage de CNN, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, n’avait pas informé Trump de son intention d’annoncer cet accord, et cette initiative prise mercredi a surpris et irrité de nombreuses personnes à la Maison Blanche.

Et ce même si le Wall Street Journal avait déjà rapporté que l’accord était en cours de finalisation la veille de l’annonce.

Cet accord prévoit que des entreprises américaines fourniront de l’énergie nucléaire à l’Arabie saoudite et il inclut la possibilité d’activités d’enrichissement d’uranium sur le territoire saoudien – une disposition qui a alarmé les experts en prolifération nucléaire.

Trump se serait encore plus énervé après avoir vu affluer les critiques à l’encontre de cet accord de la part de nombreux médias conservateurs, notamment le Wall Street Journal et Fox News.

Alors que certains avaient laissé entendre que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait exercé des pressions sur Trump à la dernière minute pour ajouter cette condition, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que les deux hommes ne s’étaient pas entretenus dans l’intervalle.

Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors d’un dîner officiel dans la salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 18 novembre 2025. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

CNN a noté que le message publié jeudi par Trump sur Truth Social – qui annonçait que l’accord déjà signé était subordonné à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux Accords d’Abraham – était intervenu quelques minutes seulement après qu’un débat sur Fox News a remis en question le bien-fondé de cet accord.

Trump a fait savoir, dans la journée de jeudi, que l’accord exigerait de Ryad qu’il normalise ses relations avec Israël, ce qui a suscité les éloges du bureau de Netanyahu.

Dans son message sur Truth Social, Trump a insisté sur le fait qu’il n’y aurait « aucun enrichissement de matières », ce qui signifie que l’accord n’accorderait pas à l’Arabie saoudite le droit d’enrichir de l’uranium sur son territoire.

« L’accord ne concerne que des utilisations non militaires, comme celles dont disposent déjà l’Iran et les Émirats arabes unis (et d’autres pays) ; il sera approuvé, mais il est entièrement subordonné à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux Accords d’Abraham, des accords très respectés et couronnés de succès », a écrit Trump.

Alors que l’administration de l’ancien président américain Joe Biden avait subordonné la coopération nucléaire avec l’Arabie saoudite à la reconnaissance d’Israël par le royaume, certaines informations laissaient entendre que Trump n’appliquerait pas cette condition.

Le message de Trump a fait suite à l’inquiétude exprimée par des sympathisants pro-israéliens — et, selon certaines sources, par Jérusalem — face à la décision prise par son administration de conclure cet accord nucléaire civil sans le subordonner à l’adhésion de Ryad aux Accords d’Abraham.

Le positionnement de longue date de l’Arabie saoudite est qu’elle ne signera pas les Accords d’Abraham sans un accord sur une feuille de route vers la création d’un État palestinien, ce qui est hors de question pour le gouvernement israélien actuel.

La Maison Blanche a insisté sur le fait que les Saoudiens savaient que l’accord était subordonné à la reconnaissance d’Israël, bien que cela n’ait pas été mentionné lors de l’annonce de l’accord.

Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie (à gauche), et le prince Abdulaziz ben Salmane, ministre saoudien de l’Énergie, se serrant la main après avoir échangé des documents lors d’une cérémonie de signature, au Palais royal de Ryad, en Arabie saoudite, le 13 mai 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

« C’est toujours le président qui conclut un accord en dernier ressort, comme vous le savez », a déclaré Leavitt aux journalistes, ajoutant que les Accords d’Abraham étaient « une cause qui lui tient particulièrement à cœur, dont il a déjà parlé par le passé et qu’il continuera à défendre ».

Vendredi, Trump a insisté sur le fait que l’Arabie saoudite établirait des relations avec Israël « à un moment donné », reconnaissant ainsi de manière implicite qu’un tel accord n’était pas susceptible de se concrétiser dans un avenir proche.

Trump a affirmé que des pays tels que l’Arabie saoudite avaient hésité à rejoindre les Accords d’Abraham en raison de l’Iran, insistant sur le fait que le problème avait été résolu grâce aux frappes américaines contre la république islamique.

Ryad et d’autres pays de la région n’ont jamais invoqué de craintes de représailles de la part de l’Iran pour expliquer leur réticence à normaliser leurs relations avec Israël.

Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont signé les Accords d’Abraham au cours du premier mandat de Trump en 2020, brisant ainsi un tabou de longue date pour devenir les premiers États arabes à reconnaître Israël depuis un quart de siècle. Le Maroc et le Soudan leur ont emboîté le pas.

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