Trump « libérera » Cuba une fois que les États-Unis en auront fini avec l’Iran
Washington est en pourparlers avec La Havane, selon le président US, qui affirme : "Je peux en faire ce que je veux", alors que l'île connaît d'importantes coupures d'électricité
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LA HAVANE, Cuba — Lundi, le président américain Donald Trump a durci le ton à l’égard de Cuba, se disant prêt à avoir « l’honneur » de « s’emparer de Cuba sous une forme ou une autre » et assurant qu’il pouvait « faire tout ce qu’il voulait » avec ce pays voisin.
Ces propos menaçants interviennent alors même que Cuba et les États-Unis ont entamé des pourparlers pour tenter d’améliorer leurs relations, pour le moins tendues, et qui ont atteint aujourd’hui l’un de leurs moments les plus conflictuels depuis 67 ans, année où Fidel Castro a renversé celui qui était alors un proche allié des États-Unis.
« Peu importe que je le libère ou que je le prenne. Je peux en faire ce que je veux. Je vous dis la vérité », a lancé Trump aux journalistes lors d’une cérémonie de signature dans le Bureau ovale.
« Nous sommes en pourparlers avec Cuba, mais nous allons nous occuper de l’Iran d’abord », a indiqué dimanche Trump aux journalistes, à bord d’Air Force One.
« Je pense que nous parviendrons très bientôt à un accord, ou que nous ferons ce qu’il faut », a-t-il ajouté, avant de préciser : « Je crois sincèrement que j’aurai… l’honneur de récupérer Cuba. C’est un immense honneur. Récupérer Cuba, d’une manière ou d’une autre. »
Les commentaires de Trump interviennent alors que l’île est confrontée à une crise économique sans précédent, amplifiée par le blocus pétrolier imposé par les États-Unis après la capture, le 3 janvier, de l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro.
Suite à l’intervention de Trump, le New York Times a rapporté que la destitution du président cubain, Miguel Diaz-Canel, représentait un objectif clé des États-Unis dans le cadre des pourparlers bilatéraux. Citant quatre personnes proches des négociations, le journal a indiqué que les Américains avaient fait savoir aux négociateurs cubains que Diaz-Canel devait céder sa place, mais qu’ils laissaient aux Cubains le soin de décider des prochaines étapes.
Cuba s’est toujours opposé à toute ingérence dans ses affaires intérieures, considérant toute proposition en ce sens comme un obstacle infranchissable à tout accord.
Diaz-Canel, 65 ans, qui a succédé au défunt Fidel Castro et à son frère Raul Castro à la présidence en 2018, a fait savoir vendredi qu’il s’attendait à ce que les pourparlers avec les États-Unis se déroulent « conformément aux principes d’égalité et de respect des systèmes politiques des deux pays, de souveraineté et d’autodétermination ».
Après avoir destitué Maduro et s’être associé à Israël pour attaquer l’Iran, Trump a ouvertement laissé entendre que Cuba serait « le prochain sur la liste ». Il a intensifié la pression, interrompant toutes les livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba et menaçant d’imposer des droits de douane à tout pays qui vendrait du pétrole à l’île.
Cuba affirme ainsi ne pas avoir reçu de livraison de pétrole depuis trois mois. Le pays a imposé un rationnement énergétique sévère, avec pour conséquence des coupures d’électricité prolongées. Une grande partie de l’économie cubaine est au point mort. Lundi, le réseau électrique de l’île s’est effondré, plongeant les 10 millions d’habitants du pays dans le noir.
Aucun pétrole n’a été importé sur l’île depuis le 9 janvier. Les conséquences se font sentir sur le secteur de l’électricité et obligent les compagnies aériennes à réduire leurs vols, frappant de plein fouet le secteur touristique, vital pour l’économie. Dans certaines régions de l’île, des coupures de courant quotidiennes pouvant durer jusqu’à 20 heures sont désormais la norme.
Pour tenter d’alléger la pression économique – et répondre aux exigences des États-Unis –, un haut responsable de l’économie de La Havane a annoncé lundi que les exilés cubains pourraient désormais investir et posséder des entreprises sur place.
« Cuba souhaite établir des relations commerciales fluides avec les entreprises américaines » ainsi qu’avec « les Cubains résidant aux États-Unis et leurs descendants », a annoncé Oscar Perez-Oliva, ministre du Commerce extérieur et vice-Premier ministre, à NBC News.
Si plus d’une dizaine de présidents américains, depuis plusieurs décennies, sont opposés au gouvernement communiste cubain et ont critiqué son bilan en matière de droits de l’homme, Washington a toujours respecté son engagement de ne pas envahir Cuba ou soutenir une invasion, conformément à l’accord conclu avec l’Union soviétique pour résoudre la crise des missiles de Cuba de 1962.
La Maison Blanche n’a pour l’instant pas précisé sur quelle base juridique reposerait une éventuelle intervention à Cuba.
Le gouvernement cubain n’a pas répondu à notre demande de commentaires.
la Communauté du Times of Israël !







