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Trump : l’Iran « s’effondre » face au blocus du détroit d’Ormuz et attaque des navires dans ces eaux stratégiques

Un ministre iranien nie l'efficacité du blocus US, après que le président américain a prolongé le cessez-le-feu pour une durée indéterminée ; Téhéran exécute un homme accusé de collaborer avec le Mossad

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une cérémonie en l'honneur des champions nationaux de la NCAA, dans la salle à manger d'État de la Maison Blanche, le 21 avril 2026, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une cérémonie en l'honneur des champions nationaux de la NCAA, dans la salle à manger d'État de la Maison Blanche, le 21 avril 2026, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que l’Iran était « en train de s’effondrer financièrement » en raison du blocus du détroit d’Ormuz, alors que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) attaquait trois navires dans cette voie maritime stratégique bloquée à la fois par Washington et Téhéran.

Les déclarations de Trump ont été faites quelques heures après l’annonce de la prolongation, pour une durée indéterminée, du cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, initialement conditionné à la levée du blocus iranien sur le détroit d’Ormuz.

Téhéran avait brièvement levé ce blocus la semaine dernière, à la suite du cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, avant de revenir sur sa décision après que les États-Unis ont annoncé maintenir leurs propres restrictions sur le trafic maritime lié à l’Iran, des restrictions qui avaient été instaurées le 13 avril.

« L’Iran s’effondre financièrement ! Ils veulent que le détroit d’Ormuz soit ouvert immédiatement », a écrit Trump sur Truth Social. Il a affirmé que la République islamique était « à court d’argent » et que son armée et sa police « se plaignent de ne pas être payées », ajoutant : « SOS !!! »

Selon Trump, l’Iran « perd 500 millions de dollars par jour » en raison du blocus américain, qui l’empêcherait de percevoir des revenus liés au transit maritime dans le détroit.

« Ils veulent qu’il soit ouvert pour pouvoir gagner 500 millions de dollars par jour », a-t-il écrit dans une autre publication qui a été postée mercredi matin sur Truth Social.

Trump a également laissé entendre que ce blocus constituait un levier clé dans les négociations, affirmant que s’il acceptait de rouvrir le détroit, « il ne pourra jamais y avoir d’accord avec l’Iran, à moins que nous ne fassions sauter le reste de leur pays, y compris leurs dirigeants ».

« Ils disent seulement qu’ils veulent qu’il soit fermé parce que je l’ai totalement BLOQUÉ ! Ils veulent simplement sauver la face », a-t-il déclaré, s’écartant apparemment de la formulation initiale du Pentagone selon laquelle le blocus américain ne visait que les navires liés à l’Iran plutôt que l’ensemble du détroit.

Par ailleurs, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré sur X que le blocus américain « vise directement les principales sources de revenus du régime » en restreignant le commerce maritime.

« Les réservoirs de l’île de Kharg seront pleins et les puits de pétrole iraniens, qui sont fragiles, seront fermés », a indiqué Bessent, faisant référence à la plaque tournante maritime iranienne que les États-Unis ont prise pour cible pendant la guerre avec l’Iran et par laquelle transitent 90 % des exportations de pétrole de Téhéran.

Conformément aux déclarations précédentes concernant les initiatives prises pour exercer des pressions économiques sur Téhéran, Bessent a également indiqué que les actifs iraniens resteraient gelés et que toute personne ou tout navire qui faciliterait le transfert de fonds vers l’Iran s’exposerait à des sanctions américaines.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent s’exprime à Las Vegas, le 16 avril 2026. (Crédit: Lucas Peltier/AP)

Le ministre iranien de l’Agriculture, Gholamreza Nouri, a toutefois affirmé mardi que le blocus naval imposé par les États-Unis n’avait eu que peu d’impact sur la capacité de l’Iran à s’approvisionner en produits de première nécessité et en denrées alimentaires, invoquant l’importante production nationale et l’existence de voies d’importation alternatives.

« Malgré le blocus naval américain, nous ne rencontrons aucun problème pour nous procurer des produits de première nécessité et des denrées alimentaires. La taille de notre pays permet des voies d’importations variées », a-t-il expliqué, des propos rapportés par l’agence de presse officielle iranienne IRNA.

« Près de 85 % des produits agricoles et de première nécessité sont d’origine locale. La sécurité alimentaire du pays est donc assurée », a ajouté Nouri.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) annonce avoir arraisonné deux navires pour violation des lois maritimes

La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, par lequel transitent en temps de paix environ 20 % du trafic mondial de pétrole, a entraîné une forte hausse des prix mondiaux de l’énergie.

Afin de contrer la flambée des prix du pétrole, Trump envisage de prolonger la dérogation apportée à la loi Jones, qui autorise les navires cargo battant pavillon étranger à transporter du fioul et d’autres marchandises entre les ports nationaux, ont indiqué des responsables américains dont les propos ont été cités par le site d’information Axios.

Trump a suspendu les restrictions imposées par la loi Jones pour une durée de 60 jours à compter du 17 mars, dans l’espoir que cette mesure contribuera à contenir les prix en augmentant les expéditions depuis la côte américaine du golfe du Mexique à destination des autres marchés côtiers du pays.

Un pétrolier ancré dans le détroit d’Ormuz au large de l’île de Qeshm, en Iran, le 18 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Asghar Besharati)

L’Iran a bloqué la navigation dans le détroit et lancé des attaques de missiles et de drones dans toute la région après que les États-Unis et Israël ont déclenché une campagne de bombardements contre la république islamique le 28 février, dans le but de déstabiliser le régime et de neutraliser ses programmes balistiques et nucléaires.

Depuis le début de la guerre, plus de 30 attaques ont visé des navires au Moyen-Orient.

Les bombardements américains se sont principalement concentrés sur la marine iranienne, coulant et endommageant gravement des dizaines de navires. Mais le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) continue d’exploiter une flotte de petits bateaux d’attaque, dont certains auraient survécu aux combats, des navires qui sont généralement équipés de fusils mitrailleurs et qui sont aptes à mener des opérations de pose de mines.

Mercredi, l’Iran a ouvert le feu sur un porte-conteneurs dans le détroit d’Ormuz. Peu après, un deuxième navire a été attaqué, selon l’organisation de l’armée britannique UKMTOC.

La télévision d’État iranienne a fait savoir que les deux navires, identifiés comme l’Epaminondas, battant pavillon libérien et le Francesca, battant pavillon panaméen, avaient été attaqués et arraisonnés par les Gardiens de la révolution islamique, et qu’ils devaient être conduits en Iran pour ce que le CGRI a qualifié de violations des lois maritimes.

Les agences de presse semi-officielles Nour News, Fars et Mehr ont pour leur part fait état d’une troisième attaque menée par le CGRI contre un navire venu « s’échouer » sur la côte iranienne, sans toutefois donner plus de détails. Le navire a été identifié comme étant l’Euphoria, battant pavillon panaméen.

Une femme téléphone tout en passant devant un panneau d’affichage représentant le Rais Ali Delvari, héros national d’un soulèvement du début des années 1900 contre les forces britanniques dans le sud de l’Iran, dans le golfe Persique, à droite, et le défunt chef de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique, Alireza Tangsiri, tué lors de la frappe américano-israélienne fin mars 2026 alors qu’il ordonnait la fermeture du détroit d’Ormuz, sur un bâtiment d’une place du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 20 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Mercredi, dans un premier communiqué, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) avait juré de « porter des coups dévastateurs, bien au-delà de l’imagination de l’ennemi, à ses dernières positions dans la région ».

Le Corps des gardiens « demeure en état de préparation maximale, fermement déterminé à poursuivre le combat et prêt à riposter de manière décisive, certaine et immédiate à toute menace ou à toute nouvelle agression », a ajouté le communiqué.

La justice iranienne annonce l’exécution d’un homme accusé de collaboration avec le Mossad

L’agence de presse Mizan, proche du système judiciaire de la République islamique, a annoncé mercredi l’exécution d’un homme condamné pour espionnage au profit des services de renseignement israéliens du Mossad. Il s’agit de la dernière exécution en date d’une série survenue dans le contexte de la guerre avec les États-Unis et Israël.

Mizan a identifié l’homme comme étant Mehdi Farid, indiquant qu’il avait occupé un poste dans une unité de défense civile au sein d’une organisation sensible, et qu’il avait profité de son accès pour collecter et transmettre des informations au Mossad.

Sa condamnation à mort a été confirmée par la Cour suprême, et mise à exécution une fois les procédures légales épuisées, a précisé Mizan.

L’Iran occupe la deuxième place mondiale en matière d’exécutions, derrière la Chine, selon des organisations de défense des droits de l’homme basées à l’étranger.

Illustration : un nœud coulant orné de fleurs artificielles à côté de portraits de personnes exécutées par le gouvernement iranien, exposés lors d’une manifestation contre la peine capitale en Iran, dans le centre de Paris, le 11 octobre 2025. (Crédit : Martin LELIEVRE / AFP)

Au début du mois, le chef de la justice iranienne, connu pour ses positions intransigeantes, a exhorté les tribunaux à accélérer le prononcé des verdicts liés au conflit américano-israélien, notamment les condamnations à la peine capitale, alors que des militants tiraient la sonnette d’alarme face à la recrudescence des pendaisons de condamnés considérés comme des prisonniers politiques.

La plupart des personnes exécutées sont de jeunes hommes, parfois même des adolescents, soupçonnés d’avoir participé aux manifestations qui ont secoué le pays en janvier dernier et qui ont été brutalement réprimées par le régime, faisant des milliers de morts dans les rues, ou d’appartenir à des groupes d’opposition interdits.

Pour Amnesty International, ces exécutions sont la preuve que le système judiciaire est une « arme de répression » qui « envoie des individus à la potence pour semer la terreur et faire payer ceux qui réclament un renouveau politique fondamental ».

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