Trump prolonge la trêve entre Israël et le Liban de trois semaines après des pourparlers à Washington
Netanyahu et Aoun pourraient être reçus à la Maison Blanche ; le président US dit ignorer la loi libanaise interdisant les contacts avec Israël, mais assure qu’elle sera abrogée
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a annoncé une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban, peu après avoir présidé à la Maison Blanche un deuxième cycle de pourparlers entre les ambassadeurs des deux pays.
Dans une publication sur Truth Social, qui a été diffusée immédiatement après la réunion, Trump a indiqué qu’il prévoyait d’accueillir prochainement Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun à la Maison Blanche.
« Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l’aider à se protéger du Hezbollah », a écrit Trump en référence au groupe terroriste chiite libanais, soutenu par le régime iranien, ajoutant que la réunion à la Maison Blanche s’était « très bien » déroulée.
Peu après cette publication, Trump a invité les journalistes dans le Bureau ovale, où les participants aux pourparlers ont brièvement pris la parole pour le remercier d’avoir organisé cette rencontre.
Répondant aux questions, Trump a affirmé que tout accord conclu entre les États-Unis et la République islamique d’Iran devait inclure une clause interdisant à Téhéran de continuer à financer le Hezbollah. Il a également précisé que le cessez-le-feu n’empêchait pas Israël de mener des frappes en légitime défense et il a appelé à l’abrogation de la loi libanaise interdisant tout contact avec des Israéliens, tout en reconnaissant qu’il n’avait jusque-là jamais entendu parler de cette loi.
Au début du mois, Trump avait persuadé Jérusalem d’accepter un premier cessez-le-feu de 10 jours avec le Hezbollah, qui devait expirer dans la nuit de lundi à mardi. Le groupe terroriste a entraîné le Liban dans la guerre américano-israélienne contre le régime iranien dès le 2 mars, en lançant des attaques contre l’État hébreu.
Après l’accord de cessez-le-feu conclu le 7 avril entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a insisté pour qu’il s’étende également au Liban, tout en continuant à bloquer les navires dans le détroit d’Ormuz tandis qu’Israël poursuivait ses frappes contre le Hezbollah.
Craignant que les tensions persistantes au Liban ne fragilisent le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, les États-Unis ont poussé Israël à réduire ses frappes contre le Hezbollah.
Afin d’éviter de légitimer l’influence de la République islamique au Liban, Washington a cherché à sécuriser ce cessez-le-feu par une voie distincte, en favorisant des pourparlers directs entre Jérusalem et Beyrouth, une première depuis plusieurs dizaines d’années.
L’administration Trump voit dans la position anti-Hezbollah du gouvernement libanais actuel une occasion unique de conclure un accord de paix.
Le groupe terroriste financé par l’Iran continue toutefois d’exercer une influence considérable au Liban, où environ un tiers de la population est chiite. Les précédentes tentatives du gouvernement pour désarmer le Hezbollah se sont soldées par un échec cuisant, le groupe ayant continué à tirer à plusieurs reprises sur le nord d’Israël.
Il n’est donc pas sûr – loin de là – qu’un accord entre Israël et le Liban conclu à Washington produise des effets concrets sur le terrain.
En outre, pour Beyrouth, les priorités semblent être le maintien du cessez-le-feu et le retrait de Tsahal, qui a établi une zone tampon de trois à six miles de profondeur dans le sud du Liban.
Alors que pour Israël, l’objectif principal demeure le désarmement du Hezbollah. Jérusalem s’est engagée à reprendre les combats si la diplomatie échouait.
Trump, quant à lui, cherche à ajouter un nouvel accord de paix à son palmarès, mais il a également indiqué qu’un tel accord aiderait les efforts de Washington pour parvenir à un cessez-le-feu permanent avec Téhéran.
« Ce serait formidable de régler cela en même temps que ce que nous faisons en Iran », a-t-il déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale après la réunion.
Interrogé sur la date de la rencontre entre Netanyahu et Aoun, Trump a dit espérer qu’elle se tienne durant la période de prolongation du nouveau cessez-le-feu de trois semaines. La semaine dernière, il avait toutefois évoqué un appel téléphonique imminent entre les deux dirigeants, un appel qui n’a finalement pas eu lieu.
Aoun a jusqu’à présent évité tout contact avec Netanyahu, en raison de fortes pressions internes, notamment de la part du Hezbollah. Il reste incertain qu’il accepte une rencontre tant que des troupes israéliennes resteront déployées dans la zone tampon du sud du Liban.
« Éliminer la menace du Hezbollah »
Dans son propos liminaire, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a mis en garde contre une focalisation excessive sur la présence militaire israélienne au Liban.
« Accorder une importance disproportionnée au retrait israélien revient à retomber dans le piège de mettre l’accent là où il ne faut pas », a-t-il déclaré, selon des propos ensuite publiés par l’ambassade d’Israël. « Si nous persistons dans cette voie, nous sommes voués à l’échec. Et l’échec, mes amis, n’est pas une option. »
« Si, en revanche, nous nous concentrons sur le problème fondamental, le Hezbollah, et ses intentions meurtrières à l’égard d’Israël, je suis convaincu que nous parviendrons à éliminer cette menace et à instaurer la paix entre nos deux pays », a-t-il ajouté.
Leiter a souligné que la zone tampon établie par Tsahal visait à protéger les localités du nord d’Israël des tirs du Hezbollah.
« Tant que cette menace pèse sur les citoyens israéliens, nos positions avancées doivent être maintenues », a-t-il poursuivi. « Le Liban n’a pas rempli ses obligations de démantèlement des infrastructures terroristes, comme l’ont montré les attaques répétées contre Israël lancées depuis le sud du Liban ces dernières semaines, y compris pendant le cessez-le-feu. »
L’émissaire israélien a déclaré qu’Israël était prêt à prolonger le cessez-le-feu, tout en avertissant que cela ne fonctionnerait que si Jérusalem conservait le droit de neutraliser toute menace identifiée.
Lors de la partie publique de la réunion, Leiter a insisté sur le fait qu’Israël n’avait aucun différend avec le gouvernement libanais.
« Israël souhaite la paix avec le Liban et Israël souhaite la sécurité pour ses citoyens », a-t-il déclaré. « Nous partageons avec le gouvernement libanais la volonté de débarrasser le pays de cette influence malfaisante qu’est le Hezbollah. »
Il a également affirmé que, grâce aux frappes américaines et israéliennes contre le régime iranien, « la possibilité d’affaiblir le Hezbollah et de libérer le Liban de son emprise est aujourd’hui tangible… Nous espérons pouvoir, ensemble, officialiser la paix entre Israël et le Liban dans un avenir très proche ».
L’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh, a elle aussi remercié Donald Trump, sans toutefois évoquer de perspective de paix avec Israël.
« Merci d’avoir présidé ce moment historique », a-t-elle déclaré.
« Avec votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur », a-t-elle ajouté, suscitant un sourire du président américain.
Trump a également demandé au vice-président américain JD Vance, au secrétaire d’État américain Marco Rubio, à l’ambassadeur américain au Liban Michel Issa et à l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee de s’adresser à la presse, et chacun a pris soin de profiter de l’occasion pour faire l’éloge du président.
Rubio a estimé que la prolongation du cessez-le-feu offrait une fenêtre à Israël et au Liban pour progresser vers une « paix permanente ».
Huckabee a comparé le Hezbollah à « un petit voyou du quartier qui n’arrête pas de lancer des pierres contre les fenêtres de tout le monde ».
« S’il cesse de jeter des pierres, les voisins pourront s’entendre et commencer à travailler ensemble », a-t-il ajouté, affirmant que l’initiative américaine permettrait de « chasser ce petit voyou du quartier ».
Interrogé sur un éventuel accord avec l’Iran, Trump a été invité à préciser si Téhéran devait cesser de financer le Hezbollah.
« Oui, c’est indispensable », a répondu Trump.
Les récentes négociations avec l’Iran ont principalement porté sur le nucléaire, Téhéran ayant rejeté les demandes visant à inclure dans les accords l’arrêt de son soutien aux groupes mandataires dans la région.
À la question de savoir si Israël et le Liban pourraient conclure un accord de paix cette année, Trump a répondu : « Il y a de grandes chances. »
Interrogé sur la poursuite des frappes israéliennes contre le Hezbollah, il a indiqué qu’il les autoriserait dans certaines circonstances.
« Israël va devoir se défendre s’il est pris pour cible… mais il le fera avec prudence, et ses frappes seront chirurgicales », a déclaré Trump aux journalistes.
Ces propos marquent un infléchissement par rapport à la semaine précédente, lorsqu’il avait « INTERDIT » à Israël de bombarder le Liban.
Ce message publié sur Truth Social avait suscité des inquiétudes à Washington, conduisant un responsable de la Maison Blanche à préciser que le cessez-le-feu autorisait toujours Israël à agir face à des menaces.
Trump a également été interrogé sur une loi libanaise interdisant tout contact avec des Israéliens, que le département d’État aurait exhorté Beyrouth à abroger.
« Je n’en ai jamais entendu parler, mais… je suis presque sûr que cela prendra fin très rapidement », a-t-il déclaré, avant de se tourner vers Rubio pour confirmation.
« Oui », a répondu le secrétaire d’État.
« Je sais que le Liban ne veut pas de ça… C’est fou », a ajouté Trump.
L’ambassadrice libanaise, qui se tenait derrière lui, n’a pas été invitée à réagir.
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