Trump prône la fin de la guerre, mais il laisse Netanyahu s’exprimer sur le Hamas
A la Maison Blanche, plutôt que d'essayer de lui forcer la main, le président américain a permis à Netanyahu d'expliquer pourquoi le Hamas ne doit pas pouvoir survivre - et Witkoff tente de faire l'impossible
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David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Deux semaines après avoir laissé éclater sa colère à l’encontre d’Israël alors qu’il se tenait sur la pelouse de la Maison Blanche, s’emportant contre la conduite de l’État juif dans les dernières heures de la guerre avec l’Iran – il avait souligné, devant les journalistes, son mécontentement profond à plusieurs reprises – le président américain Donald Trump a accueilli, lundi dans la soirée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a reçu ce dernier, ses collaborateurs et de son épouse Sara pour un dîner et il a fait l’éloge de son invité.
Le 24 juin, Trump n’avait interrompu sa diatribe que pour entrer en contact avec Netanyahu, soucieux de s’assurer que le Premier ministre avait bien rappelé, comme lui-même l’avait ordonné, les avions de combat qui s’apprêtaient alors à bombarder l’Iran en réponse à des tirs de missile qui avaient pris pour cible le territoire israélien, après la conclusion du cessez-le-feu. Mais dans la soirée du 7 juillet – un contraste saisissant – il a salué « l’énorme succès » remporté par les États-Unis et par Israël et il a prédit « des succès encore plus grands à l’avenir ».
Cette fois-ci, la crise inscrite au sommet de l’ordre du jour n’est plus l’Iran – même si la menace posée par le régime inflexible de Téhéran pourrait bien revenir en tête de l’agenda. Non : il s’agit aujourd’hui d’évoquer les derniers efforts livrés en vue de la finalisation d’un accord de cessez-le-feu à Gaza, accord qui ouvrirait la porte à la remise en liberté des captifs. Ce qui a été remarquable dans la forme comme dans le fond des déclarations qui ont été faites par Trump et Netanyahu devant les journalistes alors qu’ils se préparaient à commencer leur repas, cela a été la réticence affichée par le président à faire céder Netanyahu sur Gaza, à le faire ouvertement plier à sa volonté, comme il avait pu le faire pour la mise en œuvre du cessez-le-feu dans le cadre de la guerre lancée contre le programme nucléaire iranien.
Trump a souligné à plusieurs reprises – ces derniers jours, et même depuis son entrée en fonction – qu’il souhaitait mettre un terme à la guerre dans la bande et obtenir le retour des 50 otages restants. Vingt seulement seraient encore en vie. C’est sa « priorité absolue », a répété la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, peu avant l’arrivée du Premier ministre israélien, de son épouse et de son équipe, lundi dans la soirée.
Mais Netanyahu est catégorique : pas de terme à la guerre tant que le Hamas ne sera pas anéanti – pas tant que ses chefs n’auront pas pris le chemin de l’exil, pas tant que ses capacités de gouvernance de la bande n’auront pas été détruites, pas tant que les capacités du groupe terroriste à redresser la tête et à menacer à nouveau Israël ne seront pas éliminées. Et le Hamas, après avoir affirmé qu’il avait répondu « positivement », le week-end dernier, à la dernière version de la proposition soumise par l’envoyé spécial Steve Witkoff en matière d’accord de cessez-le-feu, accord qui permettrait aux otages d’être rapatriés, a été, de son côté, catégorique sur le fait que la trêve de 60 jours actuellement négociée devra nécessairement déboucher sur un cessez-le-feu permanent et sur le retrait total des forces israéliennes de Gaza, ce qui lui permettrait de survivre et de pouvoir renaître de ses cendres.
Trump cherche manifestement à mettre en place un nouvel ensemble d’alliances au Moyen-Orient, au bénéfice de l’Amérique et d’Israël. En accordant une légitimité aux nouveaux dirigeants syriens, il a ouvert la voie à des contacts directs entre Jérusalem et Damas, et il veut à tout prix élargir les accords d’Abraham en y intégrant l’Arabie saoudite. Le genre de « succès encore plus grand » typique qu’il anticipe en partenariat avec Netanyahu. Il est toutefois parfaitement conscient que ce ne sera pas possible tant qu’Israël sera en guerre à Gaza.
Interrogé sur les négociations, Trump a déclaré sur un ton inhabituellement modéré, lundi, que les parties « veulent se rencontrer ; elles veulent un cessez-le-feu » – cherchant apparemment à ne pas avoir l’air d’exercer des pressions sur le Premier ministre israélien devant les journalistes. Il a rejoint le Premier ministre en réaffirmant la vision dont il avait fait part lors de leur rencontre au mois de février – à savoir le déplacement massif des habitants de Gaza. Il a également donné la parole à Netanyahu lorsqu’il a été interrogé sur les perspectives d’une solution à deux États, décrivant le Premier ministre comme « l’homme le mieux placé au monde pour répondre à cette question » et permettant à Netanyahu d’expliquer longuement pourquoi un État palestinien pleinement souverain serait synonyme de « suicide » pour Israël, comme l’avait souligné le pogrom commis par le groupe terroriste du Hamas, le 7 octobre, un assaut lancé à partir de son quasi-État.
Witkoff devrait se rendre à Doha pour tenter de trouver un compromis. Au mois de janvier, sa présence avait joué un rôle déterminant dans la finalisation du dernier accord de ce type – un accord qui s’était effondré après sa première phase, en mars, parce que Netanyahu – à l’époque comme aujourd’hui – n’était pas prêt à passer aux phases ultérieures prévues qui auraient exigé la fin permanente des hostilités.
Invité par Trump lors du dîner à évaluer les avancées obtenues dans le cadre des négociations de Doha, Witkoff a déclaré : « Nous avons l’occasion d’obtenir enfin un accord de paix – Monsieur le Premier ministre, comme nous en avons déjà discuté – et nous avons l’occasion, je l’espère, de l’obtenir très rapidement ».
Pour y parvenir, Witkoff devra toutefois faire appel à tous ses talents de négociateur – des talents qui ont fait leurs preuves. Il devra en effet persuader le Hamas d’accepter des conditions qui répondent ostensiblement à sa demande d’une fin garantie du conflit, alors même que Netanyahu a établi sans ambiguïté aucune – cela a encore été le cas la semaine dernière – qu’en fin de compte : ‘Il n’y aura plus de Hamas. Il n’y aura pas de Hamastan. Nous ne reviendrons pas là-dessus. C’est terminé. »
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