Trump, qui accuse le Hamas de garder les 13 corps d’otages, dit veiller au grain
Selon le président US, le Qatar pourrait envoyer des troupes à Gaza ; en réponse à cet avertissement, le chef du Hamas s'engage à intensifier les recherches pour retrouver les corps
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Le président américain Donald Trump a proféré samedi de nouvelles menaces à l’encontre du Hamas, affirmant que le groupe terroriste palestinien serait responsable si le cessez-le-feu venait à échouer. Il a également repris les affirmations israéliennes selon lesquelles le Hamas aurait choisi de ne pas restituer les corps de certains otages morts alors qu’il le peut.
Il a averti qu’il surveillerait « de très près » les actions du Hamas au cours des 48 prochaines heures.
Trump s’est exprimé dans un message publié sur les réseaux sociaux, alors qu’il rencontrait l’émir et le Premier ministre du Qatar à bord de l’Air Force One. Cet État du Golfe a joué un rôle clé dans la médiation de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, qui est entré en vigueur au début du mois.
Selon cet accord, le Hamas devait restituer tous les otages, vivants et morts. Jusqu’à présent, le groupe terroriste a restitué les corps de quinze otages morts ainsi que les vingt derniers otages vivants. Les dépouilles de treize autres otages sont toutefois toujours détenues à Gaza. Le Hamas affirme qu’il n’a pas accès à tous les corps et qu’il ignore où se trouvent certains d’entre eux. Les responsables israéliens affirment que le groupe terroriste est en mesure de localiser la plupart des otages restants, mais ils donnent des estimations variables quant au nombre de ceux qui seraient inaccessibles.
Sur sa plateforme Truth Social, Trump a écrit qu’il régnait actuellement une « paix très forte au Moyen-Orient », mais que le Hamas devait « rapidement » reprendre la restitution des corps à Israël, sous peine d’en subir les conséquences. Il a également fait allusion à la résistance du groupe terroriste au désarmement, autre exigence de l’accord.
« Le Hamas va devoir commencer à restituer rapidement les corps des otages décédés, dont deux Américains, sinon les autres pays impliqués dans cette GRANDE PAIX prendront des mesures. Certains corps sont difficiles à atteindre, mais d’autres peuvent être restitués dès maintenant, et pour une raison quelconque, ils ne le font pas », a-t-il écrit.
« Cela a peut-être un rapport avec leur désarmement, mais quand j’ai dit que ‘les deux parties seraient traitées équitablement’, cela ne s’applique que si elles respectent leurs obligations. »
« Voyons ce qu’ils feront au cours des prochaines 48 heures. Je surveille cela de très près », a-t-il ajouté.
À la suite de ce message, un haut responsable du Hamas aurait promis d’étendre les recherches pour retrouver les corps des otages restants. Khalil al-Hayya, le négociateur en chef du groupe terroriste palestinien, a déclaré dans la nuit à la chaîne qatarie Al-Jazeera que des équipes se rendraient dans de nouvelles zones de Gaza afin de localiser les restes des otages. Il a ajouté que le Hamas ne voulait pas donner à Israël un prétexte pour reprendre la guerre.
Israël mène également des recherches dans la moitié de l’enclave qu’il contrôle. Selon la chaîne publique Kan, un responsable de la sécurité aurait déclaré aux familles des otages morts qu’une opération de recherche était en cours, basée sur des informations provenant des services de renseignement. Il aurait également indiqué que le gouvernement s’apprêtait à autoriser l’entrée d’engins de chantier lourds à Gaza afin de faciliter les recherches. Une équipe égyptienne a également été dépêchée à Gaza pour participer à la recherche des corps.
Samedi soir, des milliers de personnes se sont rassemblées à travers Israël pour réclamer le retour des corps des otages morts, les orateurs appelant à maintenir la pression sur le Hamas. Selon des sources israéliennes citées par les médias israéliens, deux corps devraient être restitués dimanche.
Samedi, Trump a rencontré l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, et le Premier ministre, Mohammed ben Abdulrahman al-Thani, qui sont montés à bord de l’Air Force One à son arrivée à la base aérienne d’al-Udeid, qui abrite le quartier général régional de l’armée américaine et des milliers de soldats américains. L’avion présidentiel a procédé à un ravitaillement de carburant dans cet État du Golfe avant de poursuivre son voyage vers la Malaisie.
Trump a salué l’émir comme « l’un des grands dirigeants du monde, et pas seulement du Moyen-Orient », et a qualifié le Premier ministre « d’ami et d’ami du monde entier ».
En désignant les deux dirigeants qataris, Trump a déclaré : « Nous avons accompli beaucoup de choses ensemble, en particulier au cours de l’année dernière… La paix au Moyen-Orient, et ils y ont largement contribué. »
President Trump, with UFC playing on the TV in Air Force One’s conference room, meets with the Emir and Prime Minister of Qatar.
Trump’s plane is refueling here and picking up Secretary Rubio before heading to Malaysia. pic.twitter.com/KS3m8sFTNW
— Josh Wingrove (@josh_wingrove) October 25, 2025
À l’issue de la rencontre, Trump a déclaré à la presse que le Qatar fournirait des troupes à la force internationale de stabilisation (ISF) prévue à Gaza, si nécessaire. Il a salué ce pays du Golfe comme un allié et un acteur clé de la stabilité régionale.
Interrogé sur la disponibilité du Qatar à fournir des troupes à la force de maintien de la paix, il a répondu : « Ils le feront quand ils en auront besoin. »
Affirmant que la réunion « avait couvert de nombreux sujets », Trump a salué le grand nombre de pays impliqués dans les efforts visant à stabiliser Gaza, qu’il a estimé à 59. Il a déclaré que parmi eux figuraient « des nations très importantes », notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, l’Indonésie, la Jordanie et l’Égypte.
Le président américain a refusé de donner un calendrier pour le déploiement de la force multinationale à Gaza, affirmant que cela se ferait « assez rapidement » et ajoutant qu’ils « sont en train de le faire en ce moment même. Ils sont actuellement en train de choisir les dirigeants ».
Il a affirmé que « tout le monde était d’accord » sur cet accord et a attribué son succès à la guerre de douze jours qui a opposé Israël et l’Iran en juin, au cours de laquelle Israël et les États-Unis ont bombardé les installations nucléaires de la République islamique.
« Il y a un an, cela aurait été très difficile. Je pense que le tournant décisif a été lorsque nous avons éliminé la puissance nucléaire iranienne », a-t-il expliqué.
« Cela a complètement changé la donne au Moyen-Orient. Cela a rendu l’accord possible. »
Trump a mis en garde le Hamas, déclarant que si le cessez-le-feu venait à échouer, le groupe terroriste en serait tenu pour responsable.
« Je pense que cela tiendra. Si ce n’est pas le cas, ce sera la faute du Hamas. Il ne sera pas difficile de régler très rapidement le problème du Hamas. J’espère que cela tiendra également pour le Hamas, car ils nous ont donné leur parole. Je pense donc que cela tiendra, et s’il en est autrement, ils auront un très gros problème », a-t-il affirmé.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, tout juste de retour d’un déplacement en Israël dans le cadre d’une offensive diplomatique tous azimuts menée par Washington pour maintenir la trêve à Gaza, était présent lors de la réunion avec les dirigeants qataris.
Dans l’avion qui le conduisait d’Israël au Qatar, il a déclaré que « toute la bande de Gaza serait démilitarisée » et a rejeté l’idée d’une division à long terme entre Israël et le Hamas.
« En fin de compte, plus Gaza sera démilitarisée, plus le terrorisme sera éliminé de Gaza, et plus elle ressemblera à cette zone verte – et cette ligne se déplacera en conséquence », a-t-il expliqué, faisant référence à la « Ligne jaune » qui sépare les zones contrôlées par Israël de celles contrôlées par le Hamas.
« C’est le plan à long terme », a-t-il déclaré.
« Les Israéliens ont clairement fait savoir qu’ils n’avaient aucune intention d’occuper Gaza. »
Le Qatar fait partie des pays clés qui soutiennent cet accord fragile, aux côtés de l’Égypte, des États-Unis et de la Turquie. Cette semaine, l’émir du Qatar a reçu le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des prochaines étapes très sensibles de l’accord, notamment de la mise en place d’une force de maintien de la paix à Gaza et du sort du groupe terroriste palestinien.
L’AFP et Nurit Yohanan ont contribué à cet article.
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