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Trump réfléchirait à des frappes limitées pour forcer l’Iran à conclure un accord nucléaire

Les attaques pourraient s'étendre, voire entraîner un changement de régime, si Téhéran devait continuer de refuser d'abandonner ses activités d'enrichissement d'uranium, selon le Wall Street Journal

Le président américain Donald Trump à la fin d'un discours après avoir visité l'usine Coosa Steel Corporation à Rome, en Géorgie, le 19 février 2025. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)
Le président américain Donald Trump à la fin d'un discours après avoir visité l'usine Coosa Steel Corporation à Rome, en Géorgie, le 19 février 2025. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

Le président américain Donald Trump envisage de lancer des frappes limitées à l’encontre de l’Iran afin de contraindre la république islamique à accepter ses exigences concernant un accord sur le nucléaire, a rapporté jeudi le Wall Street Journal, alors que Téhéran a fait savoir que les bases des « forces hostiles », dans la région, deviendraient des « cibles légitimes » si Washington devait attaquer.

Citant les propos tenus par des personnes proches du dossier, le Journal a expliqué que les frappes préliminaires des États-Unis pourraient commencer dans les prochains jours, visant certains sites militaires ou gouvernementaux iraniens, mais sans aller jusqu’à une attaque à grande échelle susceptible de déclencher une riposte majeure de Téhéran.

Si l’Iran continue de rejeter la demande de Trump de renoncer à son programme d’enrichissement d’uranium, les États-Unis lanceront une attaque plus large contre les cibles du régime, avec pour objectif possible de renverser le régime, a noté le journal. Une source citée par le WSJ a confié que Trump pourrait intensifier les attaques jusqu’à ce que la république islamique tombe ou jusqu’à ce qu’elle démantèle son programme nucléaire.

Trump n’a pas encore décidé s’il allait attaquer l’Iran, ont déclaré des responsables au Journal.

Selon l’article, des conseillers de haut-rang ont présenté à plusieurs reprises l’option de frappes limitées à Trump. Les officiels qui ont échangé avec le WSJ ont toutefois fait remarquer que les discussions récentes s’étaient concentrées sur des frappes à plus grande échelle. Il est néanmoins difficile de dire dans quelle mesure Trump envisage sérieusement la possibilité d’une action militaire à petite échelle.

Des informations qui ont été rapportées après que les négociateurs américains et iraniens ont tenu le deuxième cycle de pourparlers indirects sur le nucléaire à Genève, mardi dernier. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié les négociations de « constructives », même si le vice-président américain JD Vance a fait savoir que que l’Iran n’avait pas accepté toutes les « lignes rouges » de Trump.

Des observateurs – parmi lesquels les négociateurs en chef américains Steve Witkoff et Jared Kushner – regardent les opérations de vol sur le pont d’envol du porte-avions de classe Nimitz USS Abraham Lincoln (CVN 72) dans la mer d’Oman, le 7 février 2026. (Crédit : Hannah Tross / US NAVY / AFP)

Le reortage du WSJ ne mentionne pas Israël qui, selon les médias israéliens, estime que les négociations sont vouées à l’échec et qui se prépare à une éventuelle opération conjointe contre l’Iran aux côtés des États-Unis. Un sondage d’opinion dont les résultats ont été diffusés jeudi a révélé que 59 % des Israéliens soutenaient l’idée de se joindre aux États-Unis pour attaquer l’Iran.

Trump a estimé, jeudi, que les négociations nucléaires indirectes avec l’Iran se déroulaient bien – mais que des « choses graves » pourraient bien arriver à l’Iran si aucun accord n’était conclu. Il a ensuite précisé que son délai pour parvenir à un accord était de dix à quinze jours.

Le président américain a supervisé un renforcement militaire important au Moyen-Orient et il a menacé à plusieurs reprises d’utiliser ces forces contre l’Iran – d’abord à cause de la répression sanglante des manifestants anti-régime survenue le mois dernier, puis plus récemment en raison de son programme nucléaire. Il a écrit mercredi sur les réseaux sociaux que les États-Unis pourraient avoir besoin d’utiliser des bases militaires britanniques, dont une située sur une île de l’océan Indien, « si l’Iran décidait de ne pas conclure d’accord ».

Sur cette photo obtenue par l’Associated Press, des Iraniens participent à une manifestation antigouvernementale à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2026. (Crédit : UGC via AP)

Faisant référence à ce message diffusé sur les réseaux sociaux, l’ambassadeur iranien auprès des Nations unies, Amir Saeid Iravani, a déclaré jeudi dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et au président du Conseil de sécurité des Nations unies que les bases et les actifs des « forces hostiles » seraient des « cibles légitimes  » si la république islamique devait être attaquée.

« Une telle déclaration belliqueuse de la part du président des États-Unis […] signale un risque réel d’agression militaire, dont les conséquences seraient catastrophiques pour la région et constitueraient une grave menace pour la paix et la sécurité internationales », est-il écrit dans la lettre.

Si l’Iran devait faire face à une agression militaire, « toutes les bases, toutes les installations et tous les actifs de ces forces hostiles dans la région constitueraient des cibles légitimes dans le cadre de la riposte défensive de l’Iran », a averti Iravani.

L’année dernière, l’Iran avait pris pour cible la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, en représailles aux frappes américaines qui avaient visé trois de ses sites nucléaires.

Iravani a appelé le Conseil de sécurité — l’instance décisionnelle suprême de l’ONU, où Washington dispose d’un droit de veto — à « veiller à ce que les États-Unis cessent immédiatement leurs menaces illégales de recours à la force ».

Il a également affirmé que l’Iran restait attaché « à des solutions diplomatiques » et « à la résolution des ambiguïtés concernant son programme nucléaire pacifique sur une base de réciprocité ».

Le lieutenant-colonel Carlos Alford, commandant du 379e escadron de communications expéditionnaires, devant le terminal modernisé de la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, le 21 janvier 2016. (Crédit: Sergent-chef Joshua Strang/Armée de l’air américaine via AP)

Alors que l’Iran, dont les dirigeants ont juré de détruire Israël, nie chercher à se doter d’armes nucléaires, le pays a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique, empêchant les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et développant des capacités en matière de missiles balistiques.

Une précédente tentative de négociation avait échoué après qu’Israël a lancé dune attaque surprise à l’encontre des installations nucléaires, du programme de missiles balistiques et des chefs militaires iraniens au mois de juin dernier, déclenchant une guerre de 12 jours à laquelle Washington s’était brièvement joint pour bombarder les sites nucléaires iraniens.

Dans les pourparlers actuels, les États-Unis ont également exigé que les négociations avec l’Iran portent sur le programme de missiles balistiques de la république islamique et sur son soutien aux groupes terroristes de la région.

L’Iran a refusé d’élargir les négociations au-delà de la question du nucléaire.

Dans ce contexte tendu, l’armée norvégienne a annoncé vendredi qu’elle allait transférer environ 60 soldats du Moyen-Orient vers d’autres pays de la région et vers la Norvège et ce pour des raisons de sécurité.

Par ailleurs, lors d’un entretien téléphonique avec Araghchi qui a eu lieu dans la journée de vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exprimé son soutien au processus de négociation et aux « droits légitimes de l’Iran » en vertu du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères via sa chaîne sur l’application de messagerie Telegram.

Un appel qui s’est tenu au lendemain d’un exercice naval conjoint mené par l’Iran et la Russie dans le golfe d’Oman.

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