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Trump : « Une civilisation entière disparaîtra ce soir » si l’ultimatum donné à l’Iran doit ne pas aboutir

Avant l'échéance, qui a été fixée à 20 heures, le Corps des gardiens de la révolution islamique a menacé de priver les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz si Washington franchissait les "lignes rouges" de Téhéran

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président Donald Trump fait semblant de viser avec un fusil de sniper alors qu’il s’adresse aux journalistes dans la salle de presse James Brady à la Maison Blanche, le 6 avril 2026, à Washington. (Crédit : AP/Julia Demaree Nikhinson)
Le président Donald Trump fait semblant de viser avec un fusil de sniper alors qu’il s’adresse aux journalistes dans la salle de presse James Brady à la Maison Blanche, le 6 avril 2026, à Washington. (Crédit : AP/Julia Demaree Nikhinson)

Quelques heures avant l’expiration de son dernier ultimatum, mardi dans la soirée, le président américain Donald Trump a proféré des menaces – « Une civilisation entière disparaîtra ce soir, pour ne jamais renaître », a-t-il dit – si l’Iran devait ne pas accepter ses exigences de rouvrir le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran a aussi intensifié et durci sa rhétorique contre les États-Unis. Des pourparlers entre les deux parties se poursuivent néanmoins.

« Je ne veux pas que cela arrive, mais cela arrivera probablement », a écrit Trump sur son réseau social, Truth Social. « Toutefois, maintenant que nous avons un changement de régime complet et total, où des esprits différents, plus intelligents et moins radicalisés dominent, peut-être que quelque chose de révolutionnaire et de merveilleux peut se produire, QUI SAIT ? »

Trump a ajouté : « Nous le saurons ce soir – ce sera l’un des moments les plus importants de la longue et complexe histoire du monde. Quarante-sept ans d’extorsion, de corruption et de mort prendront enfin fin. Que Dieu bénisse le grand peuple iranien ! »

Dans un message truffé de jurons qui avait été publié dimanche, Trump avait averti que, si la république islamique ne rouvrait pas le détroit, les États-Unis attaqueraient des centrales électriques et des ponts en Iran à partir de mardi soir. Lundi, il avait dit que « tout le pays peut être anéanti en une nuit », avec un plan qui visait à détruire « tous les ponts d’Iran ».

S’adressant aux journalistes alors qu’il se trouvait en Hongrie, mardi – peu après la publication de Trump sur les réseaux sociaux – le vice-président américain JD Vance a averti que les États-Unis disposaient « d’outils que nous n’avons pas encore décidé d’utiliser » contre le régime des mollahs. Il a ajouté qu’il avait « bon espoir » que les négociations permettraient d’éviter leur déploiement.

« Les États-Unis ont largement atteint leurs objectifs militaires », a expliqué Vance aux journalistes, ajoutant : « Il y aura beaucoup de négociations d’ici là » -jusqu’à l’expiration du délai qui a été fixé par les États-Unis, dans la nuit de mardi et mercredi, à minuit.

Le vice-président américain JD Vance s’exprime lors d’une conférence de presse à l’ancien monastère des Carmélites à Budapest, en Hongrie, le 7 avril 2026. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool Photo via AP)

« Ils doivent savoir que nous disposons d’outils dans notre arsenal que nous n’avons pas encore décidé d’utiliser. Le président des États-Unis peut décider de les utiliser, et il décidera de les utiliser si les Iraniens ne changent pas leur ligne de conduite », a ajouté Vance.

Dans le même temps, le Corps des gardiens de la révolution islamique a fait savoir mardi qu’il priverait les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz si Washington franchissait les « lignes rouges » de Téhéran, dans un communiqué qui a été diffusé à la télévision d’État.

« Les gardiens de la révolution déclarent une fois de plus que si l’armée terroriste américaine franchit les lignes rouges, notre réponse ira au-delà de la région », a noté le communiqué.

Il a précisé que les Gardiens – des forces paramilitaires – prendront pour cible les infrastructures « afin de priver les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz dans la région pendant des années ».

« Les partenaires régionaux des États-Unis doivent également savoir que jusqu’à aujourd’hui, nous avons fait preuve d’une grande retenue dans un esprit de bon voisinage et nous avons émis certaines réserves quant au choix des cibles de représailles, mais toutes ces réserves ont désormais été levées », a-t-il poursuivi.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a expliqué, mardi, que lui-même et 14 millions d’Iraniens avaient déclaré qu’ils « sacrifieraient leur vie » pour défendre l’Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian répondant aux questions des médias lors d’une conférence de presse, à New York, le 26 septembre 2025. (Crédit : Angelina Katsanis/AP Photo)

« Plus de 14 millions d’Iraniens courageux ont jusqu’à présent déclaré être prêts à sacrifier leur vie pour défendre l’Iran. J’ai moi-même sacrifié ma vie pour l’Iran, je le fais encore et je continuerai à le faire », a-t-il écrit sur X.

L’Iran compte environ 90 millions d’habitants.

Alors que les deux camps durcissaient leur discours, le Qatar a averti mardi que la guerre se rapprochait d’un seuil au-delà duquel elle deviendrait incontrôlable.

« Nous avertissons depuis 2023 qu’une escalade laissée sans contrôle nous mènera à une situation incontrôlable, et nous sommes très proches de ce point », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari. « C’est la raison pour laquelle nous exhortons toutes les parties à trouver une solution pour mettre fin à cette guerre avant qu’il ne soit trop tard ».

Al-Ansari a indiqué que le Qatar était confronté à des dangers liés à la sécurité alimentaire, à l’approvisionnement en eau et à la sécurité environnementale, expliquant : « Nous sommes toujours au seuil de tous ces défis ».

De la fumée s’élevant à la suite de frappes sur Téhéran, le 7 avril 2026 (Crédit : Atta Kenare/AFP)

« Nous espérons pouvoir rester à ce stade et être en mesure de revenir en arrière pour retrouver un environnement plus sûr. Mais évidemment, nous sommes très préoccupés par tout ce qui se passe actuellement ».

Une source iranienne de haut rang et deux sources pakistanaises ont confié à Reuters, mardi, que l’Iran et les États-Unis continuaient d’échanger des messages via Islamabad, même si l’espoir d’une percée dans les négociations restait mince.

Téhéran ne fera preuve d’aucune souplesse tant que Washington continuera d’exiger sa « capitulation sous les pressions », a déclaré la source iranienne de haut rang, qui a demandé à conserver l’anonymat.

La source a indiqué que le Qatar avait transmis lundi le message de Téhéran aux États-Unis et aux pays de la région – laissant entendre que si Washington attaquait les centrales électriques iraniennes, « toute la région et l’Arabie saoudite seraient plongées dans l’obscurité totale à la suite des frappes de représailles de l’Iran ».

Il a également averti que « si la situation devenait incontrôlable, les alliés de l’Iran fermeraient également le détroit de Bab el-Mandeb ».

Un méthanier (gaz de pétrole liquéfié) navigue dans les eaux au nord du détroit de Bab el-Mandeb à Mokha, au Yémen, le 6 avril 2026. (Crédit : AP/Abdulnasser Alseddik)

Par ailleurs, deux sources pakistanaises ont déclaré mardi à Reuters que les efforts visant à faciliter les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran se poursuivaient.

L’une de ces sources, un haut responsable de la sécurité, a expliqué que la frappe nocturne qui a été lancée par l’Iran contre des installations industrielles saoudiennes liées à des entreprises américaines menaçait de faire dérailler les négociations. Si l’Arabie saoudite venait à riposter aux frappes, les discussions seraient terminées, a noté la source, qui a ajouté que des représailles pourraient également entraîner le Pakistan dans le conflit en vertu de son pacte de défense avec Ryad.

La deuxième source a déclaré que l’Iran « marchait sur des œufs » et que les trois à quatre prochaines heures seraient décisives pour l’avenir du dialogue.

Le Pakistan a été au cœur des négociations entre les États-Unis et l’Iran ces dernières semaines, jouant le rôle de principal intermédiaire pour les propositions échangées par les deux parties, mais aucun signe de compromis n’est apparu.

« Nous sommes en contact avec les Iraniens. Ils ont récemment fait preuve de souplesse en laissant entendre qu’ils pourraient rejoindre les pourparlers, mais ils adoptent en même temps une ligne dure comme condition préalable à toute négociation », a dit la source pakistanaise chargée de la sécurité. Elle a ajouté qu’Islamabad tentait de persuader Téhéran d’entamer les négociations sans conditions préalables.

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