Tsahal annonce la réduction du nombre de réservistes et de la durée du service
L'armée appliquera sa réduction des effectifs aux rôles qu'elle juge non essentiels, mais poursuivra sa politique d'avantages accordés à ceux qui servent
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne a affirmé lundi qu’elle s’attelait à réduire les effectifs des forces de réserve non essentielles après que le gouvernement lui a ordonné de limiter le nombre de réservistes en service cette année, tout en s’engageant à ne pas porter atteinte aux avantages accordés à ceux qui se présentent pour servir.
Au plus fort de la guerre, l’armée israélienne a mobilisé environ 300 000 réservistes, et prévoyait d’en appeler quelque 60 000 en 2026 pour des activités de routine. En décembre, le ministre de la Défense, Israel Katz, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ont convenu, dans le cadre du budget de l’État, de réduire à 40 000 le nombre de réservistes en service chaque jour en 2026. Une mesure qui, ont-ils indiqué, permettra d’économiser des milliards de shekels.
Tsahal a affirmé appliquer sa politique de réduction des effectifs aux rôles qu’elle juge non essentiels, tels que les réservistes à temps plein qui renforcent les équipes de défense civile dans les communautés frontalières, ainsi que certains postes au sein du quartier général.
L’armée a par ailleurs fait savoir qu’elle réduira de 72 à 55 le nombre de jours de service requis pour les réservistes dans le cadre des appels à la mobilisation de routine — et non d’urgence. Elle mettra également un terme à différentes pratiques qui sont devenues courantes depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023.
L’armée israélienne a en outre confirmé qu’elle ne portera pas atteinte aux avantages accordés aux réservistes qui servent pendant de longues périodes. Désormais, divers avantages seront accordés après 45 jours de service dans la réserve, afin, selon l’armée, de dissuader les réservistes de continuer à servir au-delà de cette période — alors que cela n’est pas requis — plutôt que de retourner à leur emploi civil.
Les vagues fréquentes et prolongées, pendant la guerre, d’appels de réservistes ont suscité les critiques du ministère des Finances, qui a dénoncé l’inefficacité et le considérable gaspillage de fonds au sein de l’armée israélienne.
Afin de limiter le recours à des réservistes non essentiels, l’armée israélienne a annoncé qu’il serait désormais interdit aux unités de recruter des soldats de réserve en passant par les réseaux sociaux, une pratique qui s’était largement répandue pendant la guerre. De nombreux réservistes terminaient leur service dans une unité avant d’en rejoindre une autre pour continuer à servir.
Aux termes des nouvelles directives de l’armée, le recrutement de réservistes n’est désormais autorisé que depuis le site officiel de l’armée. Par cette mesure, Tsahal souhaite empêcher les réservistes d’être transférés d’une unité à l’autre en l’absence de tout contrôle.
L’armée abandonnera en outre la pratique du « service hybride », dans le cadre duquel les réservistes accomplissent leur service militaire tout en continuant à exercer leur emploi civil, parfois sur la base d’une semaine de service suivie d’une semaine hors armée.
Ce système de rotation hebdomadaire, en plus de son impact économique, a nui à la cohésion des unités de combat, a fait savoir l’armée. Certains soldats finissent en effet par ne jamais servir aux côtés de ceux qui sont censés être leurs camarades.
Le coût direct de la guerre a été estimé à environ 220 milliards de shekels, dont environ 50 à 70 milliards ont été alloués au financement de la mobilisation, pour des périodes prolongées, de centaines de milliers de réservistes.
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