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Tsahal cartographie les maisons des auteurs des attentats de Jérusalem pour démolition

Tsahal inspecte des sites à Qatanna et Qubeiba ; Katz ordonne des sanctions civiles contre les proches et des habitants des villages ; des défenseurs des droits humains écrivent à la procureure générale pour protester contre cette décision

Des inspecteurs de l'armée israélienne se rendent au domicile des deux terroristes palestiniens auteurs d'une fusillade meurtrière à Jérusalem le 8 septembre 2025, en vue de leur démolition éventuelle. (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)
Des inspecteurs de l'armée israélienne se rendent au domicile des deux terroristes palestiniens auteurs d'une fusillade meurtrière à Jérusalem le 8 septembre 2025, en vue de leur démolition éventuelle. (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)

Mardi, des ingénieurs de l’armée israélienne ont inspecté les maisons des deux terroristes palestiniens auteurs de la fusillade meurtrière survenue à Jérusalem la veille afin de préparer leur démolition.

Les deux tireurs, Mohammad Taha, 21 ans, de Qatanna, et Muthanna Amro, 20 ans, de Qubeiba, ont tué six personnes et en ont blessé plus d’une dizaine d’autres au carrefour Ramot, dans la capitale, avant d’être abattus par un soldat qui n’était pas en service et par des civils armés.

Conformément à sa politique, Israël démolit les maisons des Palestiniens accusés d’attentats terroristes meurtriers, une mesure qui, selon l’État juif, a également un effet dissuasif.

En plus de cartographier les maisons de ces deux villages situés en périphérie de Ramallah, l’armée israélienne a annoncé que ses soldats avaient minutieusement inspecté plusieurs autres sites et interrogé des suspects dans la région.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a pour sa part ordonné aux autorités de prendre des « sanctions civiles » à l’encontre des proches des deux terroristes ainsi que des habitants de Qatanna et de Qubeiba, semblant ainsi infliger une punition collective à des Palestiniens sans qu’ils n’aient été accusés d’avoir participé à l’attaque, et n’en ayant même pas eu connaissance.

Une décision qui a provoqué l’opposition d’un groupe de défense des droits humains, qui a alors sollicité une intervention de la procureure générale.

Katz a annoncé la révocation de 750 permis de travail et d’entrée en Israël. Or, si la politique en vigueur interdit aux membres de la famille immédiate de Palestiniens accusés de terrorisme de travailler en Israël, il est en revanche plus rare que les autorités israéliennes révoquent les permis de travail de parents plus éloignés.

Cette mesure, ont expliqué les responsables israéliens, vise à dissuader les Palestiniens de planifier des attentats terroristes, en affectant de manière négative les moyens de subsistance de leurs familles élargies. Pour les critiques, elle n’est rien d’autre qu’une punition collective.

Katz a également déclaré – même si les implications pratiques d’une telle décision restent floues – avoir ordonné la démolition de « toutes les structures illégales qui se trouveraient dans les villages ». Les deux villages sont situés dans la zone B de la Cisjordanie. Dans cette zone, Israël n’a aucune autorité sur les questions civiles telles que la délivrance de permis de construire.

Ces sanctions, a indiqué Katz, lui ont été recommandées par des responsables de la défense, parmi lesquels le général de division Ghassan Alian, chef sortant de l’unité chargée de coordonner les activités gouvernementales dans les territoires (COGAT).

L’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) s’est tournée vers la procureure générale Gali Baharav-Miara, lui demandant d’ordonner à l’armée israélienne et au ministère de la Défense de ne pas infliger ce qu’elle décrit comme une punition collective.

« Les punitions collectives sont interdites par la loi israélienne et par le droit international humanitaire. De tels actes constituent des crimes de guerre », a fait remarquer l’ACRI à la procureure générale. « Nous vous demandons d’ordonner au ministère de la Défense et à l’armée de mettre immédiatement fin à ces crimes de guerre. »

Mohammad Taha, 21 ans, originaire de Qatanna, et Muthanna Amro, 20 ans, originaire de Qubeiba, désignés par le Shin Bet comme les auteurs d’un attentat terroriste meurtrier perpétré à Jérusalem le 8 septembre 2025.

L’ACRI a déclaré avoir adressé une lettre similaire à la procureure générale militaire, la générale de division Yifat Tomer-Yerushalmi.

Lundi soir, l’organisation de défense des droits civiques Yesh Din a fait parvenir une mise en garde juridique sur ces mêmes questions à Baharav-Miara, et au chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, à la suite d’informations parues dans les médias faisant état de mesures punitives prévues par l’armée à l’encontre des municipalités palestiniennes d’où provenaient les terroristes.

« Le droit international humanitaire interdit absolument et sans aucune exception toute punition collective », a affirmé l’organisation.

Le ministre de la Défense Israel Katz en visite au marché Mahane Yehuda, à Jérusalem, le 2 septembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Yesh Din a rappelé un incident récent survenu dans le village d’al-Mughayyir, en Cisjordanie, au cours duquel l’armée israélienne a déraciné des milliers d’oliviers, une action menée en représailles à la suite d’une fusillade perpétrée par un habitant du village.

Le bureau de la procureure générale a refusé tout commentaire sur ces lettres.

La maison d’un terroriste rasée

Par ailleurs, les soldats israéliens ont rasé la maison d’un Palestinien accusé d’avoir participé à un attentat terroriste meurtrier qui avait coûté la vie à un enfant l’an dernier, dans un bus, en Cisjordanie, a rapporté l’armée.

Yehoshua Aharon Tuvia Simha, 12 ans, avait perdu la vie dans l’attaque, le 11 décembre 2024, d’un bus qui se rendait à Jérusalem. Trois autres personnes avaient été blessées durant l’incident.

Selon l’armée israélienne, l’attaque avait été perpétrée par plusieurs hommes armés, parmi lesquels Thabet Mohammed Masalmeh, dont la maison située dans la ville de Bayt Awa a été démolie pendant la nuit.

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