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Tsahal n’a pas connaissance de victimes dans la zone où le « Pelé palestinien » a été tué

La famille et les supporters pleurent Suleiman al-Obeid, 41 ans, qui, selon la FPF, aurait été tué le 6 août par Tsahal en attendant de recevoir de l'aide dans le sud de Gaza

Le footballeur gazaoui Suleiman Obeid (à gauche) s'emparant du ballon devant le joueur iranien Hashem Beikzadeh lors du match de la Coupe de la Fédération de football d'Asie occidentale (WAFF), à Amman, en Jordanie, le 20 juin 2007. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)
Le footballeur gazaoui Suleiman Obeid (à gauche) s'emparant du ballon devant le joueur iranien Hashem Beikzadeh lors du match de la Coupe de la Fédération de football d'Asie occidentale (WAFF), à Amman, en Jordanie, le 20 juin 2007. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

L’armée israélienne a répondu dimanche aux accusations selon lesquelles elle aurait tué, la semaine dernière, un ancien joueur de l’équipe nationale palestinienne de football alors qu’il attendait de l’aide humanitaire, dans le sud de la bande de Gaza. Elle a affirmé n’avoir connaissance d’aucune victime dans cette zone ce jour-là.

Suleiman al-Obeid, 41 ans, surnommé le « Pelé » du football palestinien, « a été tué mercredi lorsque les troupes israéliennes ont pris pour cible des personnes qui attendaient l’aide humanitaire dans le sud de la bande de Gaza », a déclaré la Fédération palestinienne de football (FPF) dans un communiqué.

« Après un examen initial et approfondi, aucune victime n’était à déplorer suite à des tirs de Tsahal dans les zones de distribution de la bande de Gaza le 6 août », a répondu l’armée au communiqué de la FPF.

Cette réponse n’a guère convaincu la famille d’Obeid, qui affirme qu’il espérait continuer à marquer des buts jusqu’à l’âge de 50 ans, mais qu’un obus tiré par un char israélien a mis fin à ce rêve dix ans trop tôt.

« C’est la chose la plus précieuse qu’il nous ait laissée », a déclaré Doaa al-Obeid, la veuve d’Obeid, en serrant contre elle le short bleu et blanc floqué du numéro 10 qu’il portait pour son club de Gaza, Al-Shati, l’un des seuls souvenirs qu’elle garde de son défunt mari. Elle et ses cinq enfants pleurent le regretté attaquant.

Leur maison ayant été détruite lors d’une frappe plus tôt cette année, la famille n’a que peu d’autres effets personnels de leur défunt. Ils vivent désormais dans une tente, au milieu des ruines d’un quartier de Gaza-City.

La mort d’Obeid, que les fans comparaient au grand joueur brésilien Pelé pour son talent et ses buts, a fait les gros titres après que l’attaquant de Liverpool Mohamed Salah a critiqué l’hommage rendu à Obeid par l’UEFA, l’instance dirigeante du football européen, qui ne mentionnait pas la cause du décès.

« Pouvez-vous nous dire comment il est mort, où et pourquoi ? », a écrit Salah.

Chaque jour, des milliers de Gazaouis se pressent vers les sites de distribution de nourriture, dont quatre sont gérés par la controversée Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël. Ces sites sont le théâtre de fusillades quasi quotidiennes faisant des centaines de morts parmi les personnes qui tentent d’y accéder.

Selon les Nations unies, plus de 1 300 personnes auraient trouvé la mort en tentant d’obtenir de la nourriture dans l’enclave depuis le début des opérations de la GHF, en mai, dont une grande partie aurait été abattue par les troupes israéliennes opérant à proximité des sites de cette fondation.

L’armée israélienne a reconnu avoir tiré des coups de semonce en direction des foules qui s’approchaient de façon menaçante, mais a réfuté les chiffres avancés par l’ONU qu’elle qualifie « d’exagérés », sans toutefois fournir ses propres chiffres.

Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Des Gazaouis transportant des colis d’aide humanitaire qu’ils ont réussi à se procurer, sur un sentier côtier à l’ouest de Beit Lahiya, après l’entrée de camions d’aide dans la bande de Gaza depuis le passage frontalier nord de Zikim, le 29 juillet 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

« Une gazelle »

Obeid a continué à jouer malgré l’adversité, a déclaré sa veuve, Doaa.

« Il s’entraînait tous les jours, sans jamais s’arrêter, pas même un seul jour. Même pendant la guerre, au milieu des roquettes, des bombardements et des massacres, il allait jouer. Il rassemblait ses amis et ses proches et allait jouer avec eux », a-t-elle ajouté.

La FPF affirme que des centaines d’athlètes et de responsables sportifs figurent parmi les victimes de la campagne militaire israélienne visant le groupe terroriste palestinien du Hamas et que la plupart des installations sportives sont désormais détruites.

Le footballeur gazaoui Suleiman al-Obeid sur une photo non datée. (Crédit : X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Les supporters gazaouis affirment qu’ils ne se concentreront pas sur la mort d’Obeid, mais sur son héritage.

« Les enfants l’appelaient le Henry et le Pelé de Palestine », a déclaré Hassan al-Balawi, un barbier de Gaza-City, en le comparant également au grand footballeur français Thierry Henry.

« Ce joueur était une gazelle : quand nous arrivions sur le terrain, nous prenions plaisir à le regarder. Tous les fans de football palestiniens appréciaient le capitaine Suleiman al-Obeid. »

Obeid, qui avait joué pour l’équipe nationale palestinienne, jouait encore pour son club à Gaza lorsque la guerre entre Israël et le Hamas a éclaté suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 otages ont été enlevés et emportés de force à Gaza.

Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.

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