Le parquet du district de Jérusalem a mis en examen un extrémiste juif pour avoir agressé un berger palestinien – il avait écrasé les moutons de ce dernier alors qu’il conduisait un quad fourni par l’État dans la région de Khirbet al-Tawil, aux abords de Naplouse, le 17 mai.
Ce partisan du mouvement pro-implantations âgé de 21 ans, qui s’appelle Yedidia Kaufman, est également accusé d’avoir fait irruption, le 2 mai, dans une propriété privée de la ville voisine de Qabalan avec d’autres individus armés de bâtons afin d’intimider les résidents. Il aurait aussi agressé, le 3 mai, des militants de gauche qui tentaient de l’empêcher, lui et d’autres individus, de pénétrer de force dans l’enceinte d’une maison de Tawil.
Il a été mis en examen devant le tribunal de première instance de Jérusalem pour plusieurs chefs d’accusation, notamment pour intrusion, cruauté envers les animaux et agression à caractère raciste.
Kaufman réside dans la grande implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit, au sud de Jérusalem, mais il aurait commis ces crimes alors qu’il vivait et qu’il travaillait à la ferme Jackson, soutenue par l’État, près de Tawil, au cours des mois d’avril et de mai.
« Looking the Occupation in the Eyes », un groupe israélien de gauche qui mène des actions bénévoles aux côtés des Palestiniens de la région, accuse depuis longtemps les partisans du mouvement pro-implantations qui vivent dans cette ferme de harceler les communautés palestiniennes environnantes.
Les militants de la « présence protectrice » affirment également depuis longtemps que les quads fournis par l’État servent à intimider les Palestiniens et à empiéter sur les pâturages des communautés de bergers.
Selon l’acte d’accusation, le quad Polaris avec lequel Kaufman avait écrasé les moutons, à proximité de Tawil, appartenait au propriétaire de la ferme, Noam Jackson, qui l’avait reçu du ministère des Implantations.
Kaufman, qui n’a jamais obtenu de permis de conduire, aurait conduit le véhicule avec deux autres personnes non identifiées à bord, et il serait resté sur place, au-dessus des moutons, malgré les protestations du berger palestinien.
La collision avait tué une brebis qui était pleine et elle avait gravement blessé une autre brebis qui était également gestante et qui a perdu son agneau, a précisé l’acte d’accusation.