Turquie : 6 personnes arrêtées pour espionnage au profit de l’Iran
Ankara "conseille" à Washington de "négocier" d'abord le nucléaire avec Téhéran ; Les États-Unis ont expulsé vers l'Iran trois anciens gardiens de la révolution
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Six personnes accusées d' »espionnage politique et militaire » pour le compte des services de renseignement iraniens ont été arrêtées et incarcérées en Turquie, ont rapporté mercredi des médias turcs.
Les suspects sont soupçonnés d’avoir recueilli des informations concernant plusieurs sites critiques, parmi lesquels la base militaire d’Incirlik (sud), qui abrite des forces américaines, a indiqué la chaîne de télévision étatique TRT, confirmant une information du quotidien Sabah.
Interrogées par l’AFP, les autorités turques n’ont pas commenté.
Selon l’agence de presse privée DHA, les six suspects ont été appréhendés dans cinq provinces, dont celles d’Istanbul et d’Ankara, la capitale. Cinq d’entre eux sont de nationalité turque et le sixième est iranien, a précisé DHA.
Les suspects sont également accusés d’avoir collecté des informations concernant l’expédition de drones militaires depuis la Turquie vers des pays tiers.
La Turquie, qui partage plus de 500 km de frontière avec l’Iran, s’est opposée publiquement à une intervention militaire américaine en réponse à la violente répression du mouvement de contestation en Iran, qui a fait plus de 6 200 morts, selon un bilan de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).
La Turquie « conseille » aux Etats-Unis de « négocier » d’abord le nucléaire avec l’Iran
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait plus tôt « conseillé » aux Etats-Unis de discuter avec les dirigeants iraniens, estimant que Téhéran était « prêt à négocier » en commençant par le dossier du nucléaire.
Le chef de la diplomatie s’est ensuite entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi, a annoncé son ministère sans autre détail.
« Mon conseil à mes amis américains a toujours été de régler les dossiers avec l’Iran un par un. Commencez par le nucléaire, fermez ce dossier, puis prenez les autres », a-t-il indiqué dans un entretien à la télévision qatarie Al-Jazeera.
« Si vous les présentez tous ensemble, comme un paquet, il sera très difficile pour nos amis iraniens de l’accepter (…). Cela peut leur paraître humiliant », a justifié le chef de la diplomatie turque.
« L’Iran est prêt à négocier à nouveau sur le dossier nucléaire », a affirmé M. Fidan, jugeant en revanche qu’attaquer le pays serait une « erreur ».
La Turquie, qui partage plus de 500 km de frontière avec son voisin iranien, redoute un afflux de réfugiés sur son sol en cas de conflit armé et une déstabilisation de la région, alors que les Etats-Unis ont dépêché une armada dans le Golfe.
Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré mardi au Parlement qu’il se préparait à créer une zone tampon à la frontière iranienne si le régime de Téhéran devait tomber, a rapporté le quotidien Turkiye.
« Nous pensons qu’il devrait y avoir une zone tampon pour garantir que ceux qui arrivent en cas de migration restent du côté iranien. »
La Turquie entretient actuellement une zone tampon dans le nord de la Syrie.
« Après la guerre civile syrienne, la Turquie a été contrainte d’ouvrir ses portes à des millions de réfugiés, et leur intégration dans la société et l’économie s’est avérée être un processus très douloureux », a expliqué Hay Eytan Cohen Yanarocak, du Centre Moshe Dayan.
« [Le président Recep Tayyip] Erdoğan a été accusé pendant des années de ne pas avoir su endiguer les vagues migratoires. Il semble désormais que, compte tenu des leçons tirées de la Syrie, la sécurité aux frontières sera renforcée cette fois-ci. »
Le président américain, Donald Trump, a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en déployant dans le Golfe le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte.
Washington expulse vers l’Iran trois anciens gardiens de la révolution
Washington a expulsé vers l’Iran trois anciens membres présumés des Gardiens de la révolution qui résidaient « illégalement » aux Etats-Unis depuis 2024, a annoncé mardi soir le ministère américain de la Sécurité intérieure.
« Le ministère de la sécurité intérieure a expulsé lundi trois terroristes connus ou présumés entrés aux Etats-Unis sous l’administration Biden, tous anciens membres du corps des Gardiens de la révolution iraniens, une organisation terroriste », affirme le communiqué du ministère.
« Sous la présidence Trump et la ministre (Kristi) Noem, le ministère de la Sécurité intérieure retire le pire du pire de notre pays et les empêche d’entrer, y compris des membres violents de gangs, des meurtriers, des pédophiles et, dans ce cas, des terroristes connus ou présumés », a déclaré la ministre adjointe, Tricia McLaughlin, dans le communiqué.
Selon le ministère, les trois personnes expulsées, Ehsan Khaledi, Mohammad Mehrani et Morteza Nasirikakolaki sont d’anciens membres du corps des Gardiens de la révolution iranienne, que le président Donald Trump a désigné comme organisation terroriste étrangère en 2019.
Le bras armé idéologique de la république islamique d’Iran est accusé par les organisations de droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays.
Les trois hommes sont « entrés illégalement » aux Etats-Unis de septembre à novembre 2024, a précisé le ministère.
Leur expulsion intervient alors que le président Donald Trump laisse planer la menace d’une action militaire contre Téhéran avec le déploiement d’une puissante armada aéronavale dans le Golfe.
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