Un ancien entrepreneur américain accuse Tsahal de crimes de guerre à Gaza ; La GHF dément
Anthony Aguilar affirme avoir été témoin du recours à la force aveugle à l'encontre des civil et affirme que le système de la Fondation humanitaire de Gaza était" criminel"
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Un entrepreneur américain qui s’était investi dans la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF) avant de quitter le projet a déclaré dans une interview diffusée dans la soirée de vendredi que, lorsqu’il travaillait à Gaza, il avait vu des soldats israéliens et des prestataires américains utiliser une force « aveugle » contre des civils sur des sites de distribution des aides humanitaires, des violences qu’il a décrites comme des « crimes de guerre ».
La GHF a mis en doute les motivations d’Aguilar, affirmant qu’il avait récemment été licencié pour « comportement inapproprié ». Elle l’a accusé d’avoir fait « de fausses déclarations sans fondement réel ».
L’interview a eu lieu alors que les pressions, à l’international, et les critiques s’intensifient autour de la crise humanitaire à Gaza. Les informations portant sur les souffrances de Palestiniens qui meurent de faim et sur les tirs survenant aux abords des sites de distribution de l’assistance internationale ne cessent de devenir plus nombreuses, jour après jour.
Dans une interview accordée à la BBC, Anthony Aguilar, ancien soldat des forces spéciales américaines et travailleur humanitaire au sein de la GHF, a estimé que le mécanisme d’aide soutenu par les États-Unis et Israël se distinguait par son « amateurisme », et il a affirmé que la conduite de la Fondation paraissait « inexpérimentée, avec des dirigeants et des employés sans aucune formation ». Il a ajouté que las personnels de la Fondation humanitaire de Gaza n’avaient « aucune idée de la manière de mener des opérations de cette ampleur ».
« Mon évaluation la plus franche est la suivante – j’ai envie de dire que ce sont des criminels », a-t-il poursuivi.
« De toute ma carrière, je n’ai jamais été témoin d’un tel niveau de brutalité et de l’utilisation outrancière d’une force aveugle et inutile à l’encontre d’une population civile, d’une population désarmée et affamée », a-t-il ajouté.
« Je n’ai jamais été témoin de quelque chose de pareil dans tous les endroits où j’ai été déployé en temps de guerre et ce jusqu’à ce que je me retrouve à Gaza – entre les mains des soldats israéliens et des contractants américains », a-t-il ajouté.
« Sans aucun doute, j’ai été témoin de crimes de guerre », a continué Aguilar, précisant qu’ils avaient été commis « par les soldats israéliens, c’est indubitable, qui ont utilisé des obus d’artillerie, des obus de mortier, qui ont tiré des obus de chars en direction de civils non armés ».
« Il s’agit d’un crime de guerre », a-t-il répété.
La GHF rejette de « fausses affirmations »
Après la diffusion de l’interview, la Fondation a diffusé émis un communiqué dans lequel elle a indiqué qu’Aguilar avait fait « de fausses déclarations qui ne reposent sur aucune réalité ».
« Dès que nous avons pris connaissance de ces affirmations, nous avons immédiatement lancé une enquête », a expliqué la GHF. « Les conclusions, sur la base de recoupements entre la chronologie énoncée et des clips vidéo, avec le témoignage de sources sur le terrain, ont démontré qu’il s’agissait de fausses accusations sans fondement ».
« Il faut souligner qu’Aguilar était employé en tant que sous-traitant et qu’il a été licencié il y a plus d’un mois pour comportement inapproprié », a ajouté la Fondation. « Suite à son licenciement, nous avons reçu des menaces qui laissaient entendre que s’il n’était pas réintégré, des mesures seraient prises à notre encontre, ce qui soulève des questions s’agissant de la motivation de cette interview. »
« Nous avons également des preuves qui montrent qu’il a probablement falsifié des documents et qu’il a présenté des vidéos trompeuses pour promouvoir son faux récit », a ajouté la GHF, sans donner plus de détails.
« La question de la sécurité des personnes qui visitent les centres de distribution ainsi que celle des employés de la Fondation sont une priorité absolue, et nous avons mis en vigueur des normes élevées que nous ne permettons pas de violer », a ajouté la GHF. « Nous continuons à nous concentrer sur notre mission principale : celle de fournir de quoi se nourrir aux habitants de Gaza – en toute sécurité, directement et sans interruption, comme nous l’avons fait depuis le début de nos opérations, le 27 mai. Depuis lors, nous avons distribué plus de 92 millions de rations aux habitants palestiniens de Gaza ».
Les activités de la GHF ont fait l’objet d’un examen minutieux au cours des deux mois qui ont suivi son ouverture, à la fin du mois de mai, avec des informations quotidiennes qui ont fait état de Palestiniens tués alors qu’ils étaient venus chercher de l’assistance sur les sites du GHF. Plusieurs hommes ont encore été abattus samedi.
Israël, qui accuse le Hamas de détourner les aides humanitaires, accuse le groupe terroriste d’attaquer les civils qui se trouvent à proximité des sites de la Fondation, affirmant par ailleurs que le groupe terroriste gonfle le nombre de morts.
De son côté, Tsahal affirme que les soldats ne procèdent qu’à des « tirs de sommation » pour tenter de contrôler les foules – admettant toutefois que les coups de feu ont ôté la vie à « plusieurs » Palestiniens sur les sites d’aide.
La GHF a systématiquement nié que des tirs meurtriers avaient eu lieu aux abords de ses centres, affirme que des agitateurs du Hamas ont attaqué et menacé son personnel et qu’ils ont tenté de provoquer des troubles sur les sites.
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