« Un cauchemar pour Israël » : Des sénateurs républicains fustigent les termes présumés de l’accord avec l’Iran
L'Iran ayant déclaré que les questions nucléaires ne faisaient pas partie des négociations actuelles, Mike Pompeo compare ces termes à ceux du JCPOA et affirme que cela permettra à Téhéran de "pratiquer le terrorisme"
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Des sénateurs américains de premier plan, issus du Parti républicain, ont critiqué, samedi, les termes de l’accord que le président américain Donald Trump négocie actuellement avec Téhéran pour mettre fin au conflit contre la République islamique d’Iran.
Ces critiques, qui émanent du parti de Trump lui-même, interviennent alors que des responsables américains et iraniens ont tous deux laissé entendre qu’ils étaient sur le point de conclure un protocole d’accord pour mettre fin au conflit et ouvrir la voie à de nouvelles négociations.
Trump a précisé que cet accord inclurait l’ouverture du détroit d’Ormuz, mais n’a pas mentionné le programme nucléaire iranien, bien qu’il ait maintes fois insisté sur le fait que l’Iran ne serait pas autorisé à se doter d’armes nucléaires et que le régime devait renoncer à son stock d’uranium enrichi à 60 %.
De son côté, l’Iran a déclaré que les questions nucléaires ne faisaient pas partie des négociations actuelles.
Le sénateur Lindsey Graham, fervent partisan de la guerre contre le régime iranien déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février, et président de la commission sénatoriale du Budget, a exprimé sa crainte que des conditions soient réunies pour permettre à ce régime de survivre. Il a affirmé qu’un accord laissant l’Iran en position de force dans la région serait un « cauchemar pour Israël ».
« Si un accord est conclu pour mettre fin au conflit iranien parce qu’on estime que le détroit d’Ormuz ne peut être protégé contre le terrorisme iranien et que l’Iran possède toujours la capacité de détruire les principales infrastructures pétrolières du Golfe, alors l’Iran sera perçu comme une force dominante nécessitant une solution diplomatique », a-t-il écrit sur le réseau social X.
« Cette combinaison entre la perception que l’Iran a la capacité de pratiquer le terrorisme dans le détroit de façon permanente et celle de causer des dégâts massifs aux infrastructures pétrolières du Golfe constitue un changement majeur de l’équilibre des pouvoirs dans la région et, à terme, sera un cauchemar pour Israël », a-t-il ajouté.
Le compte X des Républicains du Sénat a partagé la publication de Graham, tout comme le sénateur républicain Tom Cotton, président de la commission sénatoriale du Renseignement.
Le sénateur Roger Wicker, du Mississippi, qui préside la commission sénatoriale des Forces armées, a quant à lui averti que « le cessez-le-feu de 60 jours dont on parle – et qui repose sur la conviction que l’Iran agira un jour de bonne foi – serait un désastre ».
« Tout ce qui a été accompli par l’Opération ‘Fureur épique’ serait réduit à néant ! », a-t-il ajouté, faisant référence à la guerre en Iran sous le nom que lui a donné Washington.
Ni Graham ni Wicker n’ont explicitement cité Trump dans leurs messages.
Vendredi, Wicker a reproché aux conseillers de Trump de le pousser à conclure un accord avec l’Iran « qui ne vaudrait pas le papier sur lequel il est écrit », plutôt que de lui permettre de « mener à bien la tâche qu’il a commencée ».
« Poursuivre la recherche d’un accord avec le régime islamiste iranien risquerait de donner une image de faiblesse », a-t-il déclaré.
Le sénateur Ted Cruz, du Texas, s’est joint dimanche matin au chœur grandissant des voix de condamnation, se disant « profondément préoccupé » par les informations détaillant l’accord en cours de négociation.
« La décision du président Trump de frapper l’Iran a été la plus importante de son second mandat. Il a eu raison de le faire et nous avons obtenu des résultats militaires extraordinaires », a écrit Cruz sur X.
« Si tout cela aboutit à un régime iranien – toujours dirigé par des islamistes qui scandent ‘mort à l’Amérique’ – qui reçoit désormais des milliards de dollars, est capable d’enrichir de l’uranium et de développer des armes nucléaires, et contrôle efficacement le détroit d’Ormuz, alors ce résultat serait une erreur désastreuse. »
Contrairement à Graham et Wicker, Cruz a cité Trump dans son message, mais a tout de même semblé vouloir distancier le président de cet accord potentiel, affirmant plutôt qu’il était « poussé par certaines voix au sein de l’administration ».
« Le président Trump croit en la paix par la force, et son leadership fort a déjà rendu l’Amérique bien plus sûre. Il devrait continuer à tenir bon, à défendre l’Amérique et à faire respecter les lignes rouges qu’il a tracées à maintes reprises », a-t-il conclu.
De même, l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui a servi sous Trump pendant son premier mandat, a averti que les termes de l’accord rapportés n’étaient « en rien conformes à la doctrine America First ».
Au contraire, Pompeo a comparé l’accord en cours de négociation à l’accord sur le nucléaire iranien conclu par l’administration Obama en 2015 – connu sous l’acronyme JCPOA -, affirmant qu’il semblait « tout droit sorti du manuel de Wendy Sherman, Robert Malley et Ben Rhodes : payer le Corps des Gardiens de la Révolution islamique pour qu’il mette en place un programme d’armes de destruction massive et engage le terrorisme ».
« Loin d’être dans l’esprit de l’Amérique d’abord », a-t-il déclaré.
« C’est simple : ouvrez ce maudit détroit. Privez l’Iran de l’accès à l’argent. Éliminez suffisamment de capacités iraniennes pour qu’il ne puisse plus menacer nos alliés dans la région. »
« Il était grand temps », a-t-il ajouté.
« Allons-y. »
Trump face aux critiques des deux camps
Ces critiques à l’égard de la démarche visiblement engagée par Trump pour parvenir à un accord constituent la dernière manifestation d’opposition aux politiques de guerre du président contre la République islamique d’Iran de la part de son parti, pourtant largement loyal.
Ces critiques proviennent des deux camps : certains poussent à une action militaire plus importante, tandis que d’autres cherchent activement à l’éviter.
Mardi, le Sénat américain a adopté une résolution sur les pouvoirs de guerre qui mettrait fin au conflit, à moins que Trump n’obtienne l’autorisation du Congrès. Le résultat du vote (50 voix contre 47) montre qu’un nombre restreint mais croissant de Républicains est prêt à s’opposer au président sur la question de la guerre.
Un vote similaire, qui devait avoir lieu jeudi à la Chambre des Représentants, a été annulé à la dernière minute par les dirigeants républicains de cette assemblée.
La Chambre avait bloqué trois résolutions précédentes sur les pouvoirs de guerre lors de votes serrés plus tôt cette année, avec un soutien quasi unanime des Républicains, soulignant ainsi le fort soutien à la guerre en Iran et au président au sein de son parti.
Mais les marges se sont progressivement réduites – la dernière résolution a échoué à cause d’une égalité des voix – au fil des semaines écoulées depuis le 28 février. La mesure de jeudi semblait susceptible d’être adoptée, compte tenu des défections attendues d’une poignée de Républicains et de l’absence d’autres.
« Nous avions les voix, cela ne faisait aucun doute, et ils le savaient », a déclaré aux journalistes le représentant Gregory Meeks, principal démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, après l’annulation du vote.
Il a indiqué que les dirigeants républicains de la Chambre avaient reporté le vote au début du mois de juin, après la pause du Memorial Day.
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