Un commandant de l’armée inculpé pour contrebande vers Gaza-City – Tsahal
Téléphones, cigarettes, batteries, vélos électriques et routeurs auraient été introduits clandestinement à Gaza, un acte jugé « très grave » par les autorités de sécurité
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un officier de Tsahal ayant le grade de major a été inculpé pour avoir introduit des marchandises de contrebande dans la bande de Gaza et pour avoir fait entrer un civil israélien dans l’enclave, a annoncé l’armée jeudi.
L’officier a été arrêté il y a plusieurs mois par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet. Les procureurs militaires l’ont inculpé mercredi de plusieurs chefs d’accusation, notamment aide à l’ennemi, corruption et contrebande de marchandises dans des circonstances aggravantes.
Selon l’acte d’accusation, le 10 janvier, l’officier a fait entrer dans la bande de Gaza un camion transportant des téléphones portables, des cigarettes, des batteries de voiture, des vélos électriques, des ordinateurs portables et des routeurs, pour une valeur de plusieurs millions de shekels. Ces produits figurent parmi les marchandises dont l’entrée est actuellement interdite par Israël.
L’opération aurait été organisée avec plusieurs civils israéliens, également inculpés dans une procédure distincte devant un tribunal de première instance de Haïfa. Le camion était conduit par un civil, tandis que l’officier le précédait à bord d’un véhicule militaire.
L’acte d’accusation indique que l’officier « a contourné les mécanismes d’inspection et de supervision, abusant de son autorité et de son rang militaire, tout en faisant croire aux soldats et aux officiers qu’il s’agissait d’une activité opérationnelle légitime ».
Après avoir franchi la frontière, le civil a laissé le camion dans la bande de Gaza avant de regagner Israël avec l’officier. Celui-ci l’aurait ensuite reconduit dans l’enclave « afin d’achever le transfert des marchandises ».
« Le civil a conduit le camion plus loin dans la bande de Gaza et y est resté plusieurs jours, avant d’être exfiltré avec l’aide des parties impliquées dans la contrebande », selon l’acte d’accusation.
Les procureurs affirment que l’officier « a agi en sachant que les marchandises entraient dans la bande de Gaza sans autorisation ni supervision, et qu’elles pouvaient parvenir à des organisations terroristes, notamment le groupe terroriste palestinien du Hamas, et faciliter leurs activités ».
L’acte d’accusation ajoute que l’officier « savait, ou a fermé les yeux sur la possibilité, que l’introduction d’un civil israélien dans la bande de Gaza pouvait également aider l’ennemi ».
L’enquête a été menée conjointement par le Shin Bet, la police israélienne, la police militaire et l’administration fiscale.
« Tsahal, le Shin Bet et la police israélienne considèrent la contrebande vers la bande de Gaza comme extrêmement grave, car elle représente un risque pour la sécurité nationale, notamment lorsque des militaires, d’active ou de réserve, y sont impliqués », indique un communiqué conjoint.
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