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Un événement de danse à Jérusalem va de l’avant malgré des pressions liées au boycott

Le Festival international de danse en solo de Jérusalem (JISDF) célèbre ses cinq ans, réunissant 17 artistes venus de 11 pays

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La danseuse et chorégraphe Dor Pazuelo lors du Festival international de danse en solo de Jérusalem 2025 ; l'édition 2026 se déroulera du 15 au 19 septembre. (Crédit : Liron Wiseman)
La danseuse et chorégraphe Dor Pazuelo lors du Festival international de danse en solo de Jérusalem 2025 ; l'édition 2026 se déroulera du 15 au 19 septembre. (Crédit : Liron Wiseman)

À l’approche du Festival international de danse en solo de Jérusalem (JISDF) qui ouvrira ses portes le mois prochain, la directrice artistique Miriam Engel sait à quel point il a été difficile de convaincre des artistes internationaux de participer à l’événement, dans un contexte marqué par le boycott d’Israël par de nombreux acteurs culturels.

« C’est pratiquement un miracle », a déclaré Miriam Engel à propos de cet événement, qui se tiendra du 15 au 19 septembre à la Maison Hansen et à la Greek House de Jérusalem. « C’est un festival de petite dimension mais dynamique, qui continue d’exister malgré tout. »

Le festival célèbre cette année sa cinquième édition. Au cours des premières années, Miriam Engel pouvait choisir sa programmation parmi plusieurs centaines d’artistes solistes issus de plus d’une demi-douzaine de pays.

Après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et les vives réactions internationales contre Israël suite à la guerre qui a suivi à Gaza, Miriam Engel a constaté une forte baisse du nombre de réponses à ses appels à candidatures lancés aux artistes internationaux.

Elle a toutefois réussi à convaincre 17 danseurs issus de 11 pays de participer, parmi lesquels huit ont pris part à des résidences de quelques semaines.

En 2025, le festival a accueilli 20 artistes invités, contre 25 l’année précédente.

d« Cela demande un travail considérable sur le terrain », a souligné Engel.

Cette dernière a évoqué des appels Zoom et des conversations avec différents chorégraphes et danseurs, dont les réactions sont variées. Certains craignent pour leur sécurité, d’autres s’attendent à ce qu’Israël devienne une zone de guerre ; d’autres encore souhaitent venir, mais s’inquiètent de la façon dont cette décision serait perçue dans leur communauté d’origine.

« Nous sommes un festival professionnel. Je leur explique que je ne représente pas l’État d’Israël », a poursuivi Engel. « Je leur dis que ce festival donne la parole aux artistes, et que, compte tenu de notre isolement dans le monde, leur présence est un véritable réconfort pour nous. »

Engel a précisé qu’elle encourageait les artistes participants à venir créer des œuvres, même si ces œuvres sont critiques envers Israël – ce qui n’arrive généralement pas.

« Ils viennent, ils rencontrent d’autres artistes, ils découvrent notre hospitalité, et le bilan général est positif », a-t-elle indiqué. « Et les questions fusent. Il y a un véritable brassage : l’artiste allemand côtoie le Jérusalémite et le Taïwanais ; chacun apporte son univers. On se regarde dans les yeux, et quelque chose se passe. »

Un artiste se produit au Festival international de danse en solo de Jérusalem en 2025 (Autorisation)

« Faire preuve d’une empathie réelle envers les deux camps, c’est ça, être artiste », a poursuivi Engel. « Je veux qu’ils viennent ici pour observer et pour participer. C’est de la diplomatie culturelle par excellence. »

Si ce concept est à la base de tout festival accueillant des artistes internationaux, il est néanmoins devenu pratiquement impossible, pour les manifestations locales, d’inviter des artistes étrangers, compte tenu de la haine croissante envers Israël.

Cette année, une autre manifestation organisée chaque année à Jérusalem, le Festival d’Israël, qui se déroule sur quatre semaines en juillet et août, a dû modifier sa programmation ; les directeurs artistiques avaient en effet peiné à trouver des artistes étrangers disposés à venir.

Ce sont parfois les artistes eux-mêmes qui ont refusé l’invitation, ou des membres de leur entourage qui ne voulaient pas être associés à Israël.

L’événement d’Engel, qui est plus court et de moindre envergure, a l’avantage de se concentrer sur des artistes se produisant en solo ; il est ainsi plus simple à organiser et, au final, moins coûteux pour l’artiste, du moins en termes de dépenses de voyage vers Israël.

C’est pendant la pandémie de COVID-19 qu’Engel a créé ce festival d’une durée de quatre jours.

Miriam Engel, fondatrice et directrice artistique du Festival international de danse en solo de Jérusalem, qui se tiendra du 15 au 19 septembre 2026 (Crédit : Liron Wiseman)

« Pendant la pandémie de coronavirus, chaque danseur a créé un solo qu’il a chorégraphié dans sa cuisine », a déclaré Engel, qui travaille en tant qu’artiste soliste depuis une dizaine d’années.

Son idée de départ était de faire venir des artistes internationaux en Israël. La scène de la danse israélienne et ses chorégraphes jouissent en effet d’une grande reconnaissance mondiale, mais Israël accueillait alors bien moins d’artistes qu’auparavant.

Engel organise l’intégralité du festival. Outre des financements privés, l’événement bénéficie de subventions du ministère de la Culture et des Sports, de la municipalité de Jérusalem et de la Fondation de Jérusalem.

Selon Engel, le festival a pris davantage de sens en raison des traumatismes des trois dernières années, marqués par la crise des otages, deux années de guerre à Gaza et dans le nord du pays, sans oublier la menace permanente de tirs de missiles en provenance d’Iran.

« Je ne m’investis pas dans ce festival uniquement pour des raisons esthétiques, mais aussi pour continuer à aller de l’avant », a expliqué Engel. « Nous y tenons tous profondément. »

Pour acheter des billets et obtenir plus d’informations, rendez-vous sur le site web du JSIDF.

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