Un ex-député arrêté pour incitation à la violence lors d’un discours prononcé à Ramallah en 2022
La police s'est présentée avec un mandat au domicile de Mohammad Barakeh après que l'ex-chef du Hadash a refusé de se présenter à une convocation dans une implantation de Cisjordanie pour un interrogatoire
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La police israélienne a procédé mardi à l’arrestation et à l’interrogatoire de l’ancien député Mohammad Barakeh, qui doit répondre de soupçons d’incitation à la haine lors d’un discours qu’il avait prononcé il y a plus de trois ans à Ramallah.
En annonçant son initiative, la police a déclaré avoir arrêté un ancien élu pour une allocution prononcée en décembre 2022, dans laquelle il aurait « fait l’éloge de terroristes et de groupes terroristes », se serait « identifié à eux » et aurait « appelé à la lutte contre l’État d’Israël ».
Cette arrestation est intervenue plusieurs jours après que la police a convoqué Barakeh pour un interrogatoire dans l’implantation d’Ariel, en Cisjordanie, suite à l’autorisation accordée la semaine dernière par le bureau du procureur de l’État d’ouvrir une enquête.
Barakeh, l’ancien président du parti à majorité arabe Hadash, a refusé de se rendre dans l’implantation. La police s’est alors présentée à son domicile à Shfaram, munie d’un mandat, a placé l’ancien député en état d’arrestation et l’a conduit en Cisjordanie pour l’interroger.
À l’issue de son interrogatoire, Barakeh a été déféré devant le tribunal de Petah Tikva, où la police a demandé à ce qu’il lui soit interdit de quitter le pays jusqu’en octobre ou d’entrer en Cisjordanie pendant une période de 90 jours.
Le juge a rejeté la demande de la police concernant l’interdiction de voyager à l’étranger, mais a imposé à Barakeh une interdiction d’entrer en Cisjordanie pendant 30 jours.
La police n’a fourni aucune précision sur les propos tenus par Barakeh dans son discours. Selon des informations parues dans la presse israélienne, l’ancien député aurait comparé l’État d’Israël à l’Allemagne nazie, appelé à une « résistance populaire contre l’occupation », et exhorté à la « lutte et au combat » contre Israël.
Le discours incriminé a été prononcé en 2022, lors d’un rassemblement organisé à l’occasion de l’anniversaire de la fondation du Fatah, le principal parti politique palestinien en Cisjordanie.
À l’époque où il a tenu ce discours, Barakeh était président du Haut Comité de suivi des citoyens arabes en Israël, une organisation-parapluie représentant les Arabes d’Israël.
Dans la soirée de mardi, l’organisation a dénoncé l’arrestation de son ancien président, affirmant qu’elle était motivée par des considérations politiques et qu’elle marquait « une nouvelle et dangereuse étape dans une série de persécutions politiques » visant à « intimider la population arabe, à la dissuader de s’engager politiquement et de combattre légitimement les politiques d’occupation, de racisme et de répression politique ».
Barakeh, qui a été député de 1999 à 2015, a été arrêté ou inculpé à plusieurs reprises par le passé, notamment en novembre 2023, aux côtés de trois autres dirigeants arabes israéliens de premier plan, pour avoir organisé une manifestation contre la guerre qui, selon la police, risquait d’inciter à la violence et de menacer l’ordre public.
En 2015, un tribunal a annulé la condamnation de l’ancien dirigeant du Hadash pour avoir agressé un militant de droite pendant une manifestation contre la deuxième guerre du Liban, en 2006. Barakeh avait frappé un militant de droite en marge d’une manifestation anti-guerre à Tel Aviv, justifiant son geste par la défense d’un militant de gauche, qui affirmait avoir été menacé.
Le tribunal a également rejeté les accusations portées contre Barakeh en 2011 pour insulte à un fonctionnaire et entrave à l’exercice de ses fonctions par un agent de police.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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