Un ex-employé réclame à Sara Netanyahu des dommages et intérêts pour maltraitance
Licencié, l'ex-employé accuse l'épouse du Premier ministre de violences physiques et de l'avoir forcé à la payer après l'avoir abusivement « diagnostiqué » autiste
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Un ancien employé de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, aujourd’hui âgé de de 61 ans, a porté plainte contre Sara Netanyahu à laquelle il réclame 300 000 shekels de dommages et intérêts, affirmant que l’épouse du Premier ministre a fait preuve de violence verbale et physique à son encontre.
Jeudi, le cabinet du Premier ministre a déclaré par voie de communiqué que ces accusations étaient « infondées, [et] ne reflétaient en aucun cas la réalité », précisant qu’il fournirait une réponse détaillée à l’ensemble des allégations lors du procès.
Le plaignant, Yehiel Ohev-Ami, a été licencié de son poste de cuisinier et d’agent d’entretien du couple il y a de cela près de cinq mois.
Selon lui, il devait chaque jour nettoyer les semelles des chaussures du couple, tout en veillant à ce que sa « main ne rentre pas, par mégarde, à l’intérieur des chaussures ». Lorsqu’il faisait de petites erreurs, comme le fait de ne pas vider la lessive correctement, il faisait l’objet, selon lui, d’un « torrent de cris et d’injures ».
Dans sa plainte, il affirme que Sara Netanyahu l’a plaqué à trois reprises contre le mur, en lui hurlant une fois : « Qui est stupide ? » et « Qui est attardé ? ».
Il affirme également qu’à son retour d’une pause cigarette, l’épouse du Premier ministre lui aurait dit qu’il sentait la cigarette, ajoutant : « J’espère que tu auras le cancer » et « Si seulement tu pouvais mourir ».
Ohev-Ami estime avoir été maltraité au quotidien, mais cite comme élément déclencheur qui lui a « cassé le moral » un échange survenu en décembre 2025 au cours duquel Sara Netanyahu l’aurait « diagnostiqué » autiste, exigeant de surcroît qu’il la paye pour cela.
« Je suis l’épouse du Premier ministre. Je suis la psychologue numéro un en Israël et je n’ai pas de concurrente », lui aurait-elle dit. « Mes thérapies coûtent très cher. »
Selon les termes de la plainte, elle aurait lancé à Ohev-Ami : « Je t’ai diagnostiqué : tu es sur le spectre de l’autisme. », ce qui aurait touché une corde sensible, car l’employé lui avait confié que son propre fils était autiste.
Suite à ce « diagnostic », Ohev-Ami affirme que l’épouse du Premier ministre a exigé qu’il lui rende trois de ses chèques de paye en guise de compensation.
L’employé estime que sa santé a souffert de ces mauvais traitements
Selon la plainte, Ohev-Ami a dû à plusieurs reprises travailler du matin jusqu’aux premières heures du jour suivant, accumulant plus de 100 heures supplémentaires en l’espace d’un mois.
Compte tenu de ces conditions de travail, il estime que sa santé s’est détériorée, notant que le jour où Sara Netanyahu l’a « diagnostiqué » autiste, il a dû consulter pour des problèmes thoraciques qui ont débouché sur la pose d’un stimulateur cardiaque.
Le plaignant accuse par ailleurs le fils du Premier ministre, Yair, de comportement inapproprié, affirmant que le fils Netanyahu avait un jour mis Ohev-Ami à la porte de la résidence parce qu’il n’avait pas changé ses draps.
La plainte vise également le superviseur de fait du plaignant à la résidence du Premier ministre, Efi Azulai, déjà mis en cause par le tribunal disciplinaire de la fonction publique, mais qui serait de nouveau employé à la résidence par l’intermédiaire d’un prestataire externe.
Dans sa déclaration en réponse au rapport, le cabinet du Premier ministre a indiqué qu’Ohev-Ami « n’avait pas donné satisfaction dans ses fonctions à la résidence, qu’il n’a occupées que peu de temps », et qu’il y avait rencontré des difficultés pour collaborer avec les autres employés et se conformer aux exigences de son poste. « En conséquence de quoi, à l’issue d’une procédure régulière, la décision a été prise de mettre fin à son contrat pour des raisons strictement professionnelles », a-t-il souligné.
En outre, selon le communiqué, la plainte n’a été déposée qu’après que le plaignant a demandé à reprendre son travail à la résidence du Premier ministre et qu’il s’est vu opposer un refus.
Des années d’accusations de maltraitance à l’encontre de Sara Netanyahu
Ohev-Ami n’est pas le premier ex-employé de la famille du Premier ministre à faire état d’agissements abusifs de la part de Sara Netanyahu. Les accusations de maltraitance sont en effet apparues dès 1996, au moment où Mme Netanyahu a licencié la nourrice de ses enfants, coupable selon elle d’avoir « laissé brûler la soupe ».
En mai de cette année, une agence d’intérim aurait versé des dizaines de milliers de shekels de dommages et interêts à une employée qui se plaignait que Sara Netanyahu lui avait jeté des tomates et des olives au visage, la dénigrant à plusieurs reprises.
En 2017, Menny Naftali, ex-intendant de la résidence du Premier ministre, avait obtenu gain de cause au tribunal du travail de Jérusalem contre Mme Netanyahu, et s’était vu accorder 170 000 NIS de dommages et intérêts. Le tribunal avait estimé que M. Naftali avait été maltraité, verbalement et émotionnellement, par Sara Netanyahu et qu’il avait été induit en erreur sur ses conditions d’emploi à la résidence.
En 2020, une autre ex-employée de la résidence, une olè française de 56 ans dont l’identité n’a pas été divulguée, a poursuivi Sara Netanyahu pour mauvais traitements.
En 2025, Sylvie Genesia, qui travaillait comme agente d’entretien à la résidence du Premier ministre de la rue Balfour, a poursuivi Mme Netanyahu et la société de ressources humaines qui l’employait pour mauvais traitement durant son service.
En janvier de cette année, le tribunal de grande instance de Tel-Aviv a condamné Sylvie Genesia à verser 120 000 NIS à Sara Netanyahu pour ne pas avoir soumis les documents juridiques requis dans les délais. Le juge a souligné dans sa décision que cela ne signifiait pas que le tribunal acceptait la version des faits de Mme Netanyahu, mais simplement que Mme Genesia ne s’était pas conformée aux règles de la Cour en dépit de ses relances répétées, ce qui avait entraîné la clôture du dossier.
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