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Un journaliste d’extrême gauche arrêté après s’être réjoui de la mort de soldats

Selon Israel Frey, "le monde est meilleur" après la mort des 5 soldats tués par des bombes déclenchées par le Hamas ; il exhorte les mères à refuser d'envoyer leurs fils au combat

Le journaliste ultra-gauche Israel Frey participant à une manifestation pour la libération des otages retenus dans la bande de Gaza, devant les quartiers généraux de l'armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 8 avril 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le journaliste ultra-gauche Israel Frey participant à une manifestation pour la libération des otages retenus dans la bande de Gaza, devant les quartiers généraux de l'armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 8 avril 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La police de Tel Aviv a arrêté mercredi le journaliste Israel Frey, un journaliste d’extrême gauche haredi, soupçonné d’incitation au terrorisme après avoir publié un message dans lequel il affirmait que « le monde est meilleur » après la mort de cinq soldats israéliens.

Les forces de l’ordre ont annoncé mardi l’ouverture d’une enquête mardi sur le journaliste après qu’il a publié sur Twitter ces propos plus tôt dans la matinée, semblant se réjouir après qu’une bombe placée en bord de route et déclenchée par le Hamas ait tué, lundi soir, les cinq soldats dans le nord de Gaza.

La police a déclaré que Frey était actuellement en garde à vue et qu’il serait présenté demain devant le tribunal de Tel Aviv pour une prolongation de sa détention provisoire.

« Le monde est meilleur ce matin, sans ces cinq jeunes hommes qui ont participé à l’un des crimes les plus brutaux contre l’humanité », a écrit sur le réseau social X Frey plus tôt dans la matinée, faisant référence aux soldats tués lundi soir par des bombes artisanales placées en bord de route et déclenchées par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Beit Hanoun. Quatre des cinq soldats tués appartenaient au bataillon ultra-orthodoxe Netzah Yehuda.

« Malheureusement, pour le garçon de Gaza qui est actuellement opéré sans anesthésie, pour la fillette qui meurt de faim et pour la famille qui se blottit dans une tente sous les bombardements, cela ne suffit pas », a-t-il poursuivi.

« Cet appel s’adresse à toutes les mères israéliennes : ne soyez pas la prochaine à recevoir votre fils dans un cercueil en tant que criminel de guerre. Refusez. »

Le message de Frey a déclenché une tempête sur les réseaux sociaux, suscitant des critiques cinglantes de la part de ses adversaires politiques, mais aussi d’autres militants de gauche farouchement opposés à la guerre, qui lui ont reproché de se réjouir du sang versé.

Plus tard dans l’après-midi, la police a demandé au bureau de la procureure générale d’autoriser les forces de l’ordre à enquêter sur Frey pour incitation à la violence.

Le journaliste ultra-orthodoxe Israel Frey, sur la chaîne Democrat TV, en 2020. (Crédit : Capture d’écran ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

La demande a été acceptée, déclenchant ainsi l’ouverture d’une enquête conjointe menée par un groupe de travail anti-incitation à la violence du ministère de la Sécurité nationale et par la division des enquêtes et des renseignements de la police israélienne.

« Nous continuerons à agir conformément à la politique du ministre [de la Sécurité nationale] Itamar Ben Gvir et du chef de la police, Danny Levy, et adopterons une approche ferme et sans compromis à l’égard de quiconque incite à la haine ou soutient l’ennemi », ont déclaré mardi après-midi la police et le ministère de la Sécurité nationale dans un communiqué conjoint.

Les députés du parti ultranationaliste Otzma Yehudit de Ben Gvir tentent de faire adopter un projet de loi qui permettrait à la police d’enquêter sur les délits d’expression sans l’accord préalable de la procureure générale. La police reste toutefois tenue d’obtenir l’autorisation de cette autorité pour enquêter sur de telles infractions.

Frey, un ultra-gauche resté fidèle à son éducation ultra-orthodoxe, a exhorté les Israéliens à refuser le service militaire et participe régulièrement aux manifestations anti-gouvernement et pour la libération des otages qui ont lieu chaque semaine sur la rue Begin, devant les quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv.

L’interrogatoire de mardi n’était pas la première confrontation de Frey avec la police. Le journaliste radical avait déjà été arrêté et interrogé par la police en mars pour incitation au terrorisme après avoir salué les attaques contre des soldats de Tsahal et des résidents d’implantations de Cisjordanie.

Les enquêteurs l’avaient notamment interrogé au sujet d’un de ses articles dans lequel il affirmait que les attaques palestiniennes contre les soldats israéliens et les résidents d’implantations de Cisjordanie ne constituaient pas du terrorisme.

Il a également été interrogé en décembre 2022 pour des propos similaires, dans lesquels il louait un Palestinien de Cisjordanie qui avait poignardé à mort la sergente Noa Lazar, 18 ans, à un checkpoint de Jérusalem. Il a déclaré que ces publications avaient conduit à son renvoi de la chaîne anti-Netanyahu Democrat TV en novembre de la même année.

Dans un tweet publié après la mort de Lazar, près du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, il avait écrit que « les attaques contre les forces de sécurité ne sont pas du terrorisme ».

Frey est un critique virulent de la guerre contre le Hamas à Gaza depuis le déclenchement de celle-ci, à la suite du pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023. Il a été critiqué par des militants de droite quelques jours seulement après le début des combats, après avoir enregistré une vidéo dans laquelle il récitait le Kaddish, la prière juive pour les morts, en mémoire des Gazaouis tués lors de la contre-offensive israélienne au 7 octobre.

Cette vidéo avait déclenché de violentes manifestations devant son domicile de Bnei Brak, le 15 octobre 2023, au cours desquelles des manifestants avaient tenté de s’introduire dans le bâtiment. Des policiers sont arrivés tard dans la nuit pour le conduire, lui et ses enfants, en lieu sûr.

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