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Un juge argentin limogé pour des publications antisémites sur les réseaux sociaux

Le jury de destitution a révoqué un juge qui avait qualifié les Juifs de « couvée de vipères » et Israël d’« État fictif », et utilisé les termes « sioniste » et « gay » comme des insultes - une première

Vue du bâtiment de la Cour suprême à Buenos Aires, le 15 mai 2022. (Crédit : Luis ROBAYO/AFP)
Vue du bâtiment de la Cour suprême à Buenos Aires, le 15 mai 2022. (Crédit : Luis ROBAYO/AFP)

JTA — Mardi, un juge fédéral argentin a été démis de ses fonctions après avoir publié une série de messages antisémites sur ses comptes de réseaux sociaux – une faute jugée incompatible avec ses fonctions, a estimé une instance chargée de la procédure de destitution.

Alfredo Eugenio López, qui présidait le tribunal fédéral n°4 de la ville côtière de Mar del Plata, a été destitué par le Jury de destitution argentin, une instance spéciale composée de juges, de parlementaires et d’avocats.

C’est la première fois, dans l’histoire de l’Argentine, qu’un juge est révoqué pour des propos antisémites.

Dans ses publications sur les réseaux sociaux, le juge López a qualifié le peuple juif de « couvée de vipères », Israël d’« État fictif » et les Juifs argentins d’« étrangers ». Il a également employé des termes tels que « sioniste » et « gay » comme des insultes.

Selon la commission, le juge s’est rendu coupable d’actes de « discrimination et de déni d’égalité des droits à l’encontre de la communauté juive argentine. Dans le cadre de cette procédure, il est particulièrement significatif que, par son comportement, il ait détruit la confiance du public dans sa capacité à continuer d’administrer la justice de manière impartiale ». L’affaire a été portée devant la commission par le Conseil de la magistrature argentin, basé à Buenos Aires, l’organe constitutionnel chargé de la sélection et de la discipline des juges fédéraux.

La première plainte contre López a été déposée en février 2025 par la Delegación de Asociaciones Israelitas Argentinas, l’organisation qui représente la communauté juive d’Argentine. Un mois plus tard, le Forum argentin contre l’antisémitisme a lui aussi porté plainte. Puis, en juillet 2025, l’avocat Yamil Santoro, de la Fondation Apolo, leur a emboîté le pas.

Pour sa défense, López a soutenu que ses messages constituaient « des interprétations subjectives et hors contexte d’échanges sur les réseaux sociaux, qui n’affectent en rien l’administration de la justice ni son impartialité » en tant que juge. Il a ajouté que ses propos n’avaient aucun lien avec une affaire en cours, et qu’il n’avait jamais fait l’objet d’une récusation ni d’une révocation dans le cadre d’une affaire judiciaire.

Ni López ni son avocat n’ont pour l’instant souhaité commenter davantage cette affaire.

« Il a été limogé parce qu’il ne cessait tout simplement pas de tenir des discours haineux », a déclaré Alberto Maques, membre du jury, lors d’une interview en direct diffusée mardi sur la chaîne d’information A24. « Ce type de comportement est absolument honteux de la part d’un juge fédéral. »

Selon Maques, le juge a reconnu avoir publié 15 messages sur les réseaux sociaux. Mais il y aurait en réalité plus de 50 messages dans lesquels il aurait tenu « des propos scandaleux qui ne méritent pas d’être répétés, car ils relèvent véritablement du discours de haine ».

« Il ne s’agit pas simplement d’un problème de discours haineux dirigé contre la communauté juive. C’est une personne totalement dépourvue de sens commun », a-t-il ajouté, interrogé par la chaîne d’information A24.

Les procureurs chargés de la procédure de destitution ont par ailleurs fait valoir que les messages concernés, loin d’être de simples commentaires politiques isolés, témoignaient d’une hostilité systématique envers les Juifs, le sionisme et l’État d’Israël.

« Aucune position d’autorité ne peut cautionner la haine. Il ne s’agit pas ici de sanctionner une opinion, mais de sanctionner des comportements répétés à caractère antisémite, hostiles et déshumanisants, incompatibles avec l’impartialité, la dignité et la confiance publique exigées de l’appareil judiciaire », a indiqué mardi la DAIA dans un communiqué.

« Cette affaire crée un précédent : pour la première fois en plus d’un siècle, la DAIA a engagé une procédure de cette nature à l’encontre d’un juge. Aucune fonction n’est au-dessus de la démocratie. »

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