Un leader juif américain voulait plaider en faveur de la libération de Marwan Barghouti
Ronald Lauder a proposé d'aller à Charm el-Cheikh pour plaider sa cause lors des négociations finales, mais cette idée a été rejetée par le cabinet de Netanyahu en raison de l'opposition des ministres du gouvernement
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Un responsable de premier plan de la communauté juive américaine a exercé des pressions, en privé, en faveur de la remise en liberté de Marwan Barghouti, un célèbre prisonnier palestinien, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas – accord qui a ouvert la porte à la libération des otages détenus à Gaza, selon trois sources proches du dossier qui se sont entretenues avec le Times of Israel.
Dans le cadre de ces efforts, le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, a proposé de se rendre à Charm el-Cheikh, en Égypte, où les négociations sur l’accord ont été finalisées la semaine dernière. Son objectif était alors de plaider en faveur de l’inclusion de Barghouti à la liste des 250 prisonniers purgeant une peine à perpétuité dans les prisons israéliennes qui seront relâchés en échange des 48 otages restants dans la bande, ont fait savoir un haut responsable arabe, un responsable israélien et une troisième source.
L’idée a été rejetée par le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en raison de l’opposition massive à la libération de Barghouti, âgé de 66 ans, parmi les ministres israéliens qui ont approuvé l’accord, ont expliqué les trois sources.
La décision prise par Lauder de s’engager pour défendre un individu qui est largement considéré en Israël et dans la diaspora comme un terroriste notoire a été particulièrement notable compte tenu de la stature de l’héritier de la société de cosmétiques Estée Lauder, qui est aussi le président dirigeant d’une importante organisation juive.
Barghouti, ancien secrétaire général du Fatah, un parti nationaliste palestinien laïc dirigé par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en Cisjordanie, avait été condamné en 2004 à cinq peines de prison à vie pour avoir aidé à planifier des attentats terroristes pendant la deuxième Intifada. Ces attaques devaient entraîner la mort de cinq personnes en Israël.
Barghouti n’a cessé de nier les accusations lancées à son encontre. Il a également rejeté l’idée qu’une cour israélienne puisse disposer des compétences nécessaires pour émettre un jugement sur un membre du parlement de l’Autorité palestinienne.
Certaines parties, dans la région, ont comparé Barghouti à Nelson Mandela, ancien militant anti-apartheid sud-africain emprisonné qui était devenu président, et ils le considèrent comme un successeur potentiel d’Abbas en raison de son large soutien parmi les différentes factions palestiniennes.
S’il a, dans sa vie, exprimé son soutien à la « résistance armée » contre « l’occupation israélienne » en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza, il a également soutenu la solution à deux États sur la base des frontières pré-1967. Il a aussi condamné les attentats qui visent des civils à l’intérieur même du territoire israélien.
L’ancien chef du Shin Bet, Ami Ayalon, avait expliqué au journal Haaretz, au début de l’année, qu’Israël devait libérer Barghouti dans le cadre d’un accord visant à mettre un terme à la guerre à Gaza et à rapatrier les otages dans la mesure où « Marwan est le seul chef palestinien qui puisse être élu et mener une direction palestinienne unie et légitime vers une séparation mutuellement acceptée avec Israël ».
Plaidant en faveur de la libération de Barghouti par Israël, Lauder a proposé qu’il soit exilé en dehors des territoires palestiniens. L’ancien chef du Tanzim, la faction armée du Fatah, a fait savoir qu’il était d’accord avec cette idée, espérant apparemment poursuivre son activisme depuis l’étranger, a déclaré le responsable israélien.
Lauder a également proposé de séparer clairement la libération de Barghouti de l’échange otages contre prisonniers – prônant de la présenter comme un geste à l’égard de l’Arabie saoudite ou de l’un des autres pays arabes qui ont également appelé à sa remise en liberté, a expliqué l’officiel israélien.
Mais finalement, cette initiative n’a guère eu de chances d’aboutir en raison de l’opposition écrasante d’Israël à la remise en liberté de Barghouti, qui est devenu une personnalité légendaire même s’il a passé la majeure partie de son emprisonnement à l’isolement, a commenté le responsable arabe.
Il avait été vu pour la première fois depuis des années au mois d’août dernier, quand le bureau du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait diffusé une vidéo montrant le ministre se moquant de Barghouti dans sa cellule.
L’avocat de Barghouti a également affirmé que son client avait été gravement violenté par ses gardiens, une accusation que les services israéliens des prisons, placés sous le contrôle de Ben Gvir, ont niée.
L’Égypte et le Qatar, qui ont joué le rôle de médiateurs dans les négociations entre Israël et le Hamas, ont également appelé les États-Unis à intervenir et à convaincre Israël de relâcher Barghouti. Mais l’administration Trump « a refusé de s’impliquer outre mesure », a confié le responsable israélien.
Les chefs du Hamas ont fait savoir aux médiateurs que « le sort réservé à Barghouti reste au cœur de ces négociations », a indiqué la source proche du dossier.
Le nom de Barghouti figurait sur la liste des prisonniers que le Hamas souhaitait voir libérés dans le cadre de l’accord, mais Israël a utilisé l’un de ses cinq vetos pour l’en exclure, selon l’officiel arabe.
« Si le Hamas a fortement insisté pour qu’il soit libéré, il ne pouvait pas non plus donner l’impression de bloquer le cessez-le-feu pour un seul homme », a-t-il ajouté.
Le responsable arabe a émis l’hypothèse que le refus de Netanyahu de remettre Barghouti en liberté était dû à la fois à des inquiétudes politiques intérieures et à des inquiétudes suscitées par la popularité du prisonnier en tant que personnalité politique palestinienne.
Le bureau de Netanyahu et Lauder ont refusé tout commentaire.
la Communauté du Times of Israël !







