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Un nouveau programme « TSPT-friendly » repense l’aménagement des lieux publics en Israël

Des applications comme Ontopo pour les réservations de restaurant et l'annuaire professionnel Easy vont intégrer des filtres liés au TSPT, avec une auto-certification des établissements participants

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Des Israéliens sont attablés dans un restaurant à Tel Aviv, le 4 avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Des Israéliens sont attablés dans un restaurant à Tel Aviv, le 4 avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le Centre israélien de psychotraumatologie a lancé dimanche une nouvelle campagne incitant les restaurants, cafés, bars et autres lieux de vie sociale à aménager des espaces plus accueillants, plus adaptés et plus accessibles aux personnes souffrant de traumatismes et de trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Cette initiative « TSPT-friendly » a pour objectif de sensibiliser la population aux difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les personnes souffrant de ce trouble, ainsi que d’informer le secteur de l’hôtellerie-restauration sur la meilleure façon d’accueillir ces personnes, qui choisissent souvent de ne pas sortir de chez elles plutôt que de s’aventurer dans un monde qui leur semble parfois inquiétant et imprévisible.

Les établissements participants sont invités à se rendre sur le site et à visionner un film didactique (en hébreu), qui explique les difficultés invisibles liées au TSPT et propose des conseils pratiques pour accueillir les clients qui en souffrent. Les entreprises sont encouragées à afficher bien en évidence le logo du programme, à annoncer leur participation sur les réseaux sociaux et à s’assurer que l’ensemble de leur personnel est sensibilisé et impliqué.

De grandes plateformes israéliennes, notamment Ontopo pour les réservations de restaurants et le répertoire d’entreprises Easy, se sont déjà engagées à intégrer un filtre « adapté aux personnes souffrant de TSPT » dans leurs applications de recherche.

« Le principe est similaire à celui des lieux adaptés aux végans », a expliqué Shir Elias, responsable de recherche du centre. « L’objectif est de créer un espace confortable, où chacun peut exprimer ses besoins sans se sentir gêné. »

Le projet est le fruit de discussions et d’un hackathon organisés par le centre (connu en hébreu sous le nom de Metiv) en collaboration avec TechHeal, un groupe de spécialistes des technologies de pointe qui développent des solutions innovantes pour les personnes souffrant de TSPT.

Selon Elias, les approches thérapeutiques traditionnelles affichent un taux de réussite d’environ 40 %, quelle que soit la méthode. « Notre intention était de réfléchir de manière créative à la façon dont nous pourrions aider les familles et les personnes touchées. Notre première conclusion a été qu’il fallait d’abord adapter les espaces publics, puis mettre en place de nouvelles technologies. »

Shir Elias, directrice de recherche au Centre israélien de psychotraumatologie, prend la parole lors du lancement du programme « TSPT-friendly » au Musée d’art de Tel Aviv, le 17 mai 2026. (Crédit : Raphael Shahari)

« Quand on souffre de TSPT, on est constamment en alerte », explique Elias. « Par exemple, si vous avez combattu au Liban, vous rechercherez automatiquement une issue de secours. Dans un restaurant, être assis au milieu d’une salle bondée, avec une serveuse qui vous touche, suffit à déclencher une crise de panique. Les personnes souffrant de TSPT sont également très sensibles au bruit : une musique forte et rythmée peut leur donner l’impression d’être sous le feu des balles. »

Les chiens d’assistance représentent un autre obstacle fréquemment rencontré. Formés pour accomplir des tâches hautement spécialisées destinées à atténuer les crises d’angoisse, ces chiens sont souvent refoulés par certains établissements mal informés. « Quel soulagement ce serait si le restaurant était au courant, et proposait une table tranquille dans un coin, où le chien pourrait rester », a expliqué Elias.

Les établissements participants devront s’auto-certifier. « Il s’agit d’un label social, non d’une norme officielle. Nous n’assurerons pas de supervision », a précisé Elias. « En tant que centre de traumatologie doté d’un pôle de formation dédié, nous disposons des outils nécessaires pour mettre en œuvre des programmes de formation et d’encadrement. Mais nous avons choisi de confier cette responsabilité à la société israélienne elle-même, qui s’est montrée, comme nous l’avons constaté, très réceptive à cette question. »

Le logo « PTSD-friendly ». (Autorisation : Centre israélien de psychotraumatologie)

Selon le film de la campagne, la peur de se retrouver face à des éléments déclencheurs pousse les personnes concernées à s’isoler. Elles rompent ainsi des liens de soutien essentiels et s’enfoncent davantage dans la solitude. La population, quant à elle, préfère souvent prendre ses distances, simplement par crainte de les mettre dans l’embarras.

« Mais il n’est pas nécessaire d’être un soignant ni de savoir ce que cette personne a vécu », entend-on dans le film, qui conseille au personnel de faire preuve de patience, de clarté et de bienveillance. « Établissez un contact visuel, parlez doucement et demandez : ‘Que puis-je faire pour vous ?’ Ne haussez pas le ton, ne mettez pas votre interlocuteur dans l’embarras et ne lui demandez jamais ce qu’il a vécu. »

Parmi les mesures pratiques visant à réduire le sentiment d’incertitude, la publication en ligne d’avis préalables concernant des événements comme des fêtes très animées, le fait d’avertir les clients lorsqu’une table est prête afin qu’ils n’aient pas à faire la queue, ainsi que la rapidité du service et de l’envoi de l’addition.

Tout en reconnaissant qu’il peut être difficile pour les serveurs d’identifier de manière individuelle les personnes en détresse, la campagne met l’accent sur la formation des chefs d’équipe et des responsables. À terme, le centre espère étendre sa certification au-delà des lieux de loisirs, pour inclure les banques, les musées, les établissements de santé, les lieux de travail et les services des ressources humaines des entreprises.

« Tous ceux qui ont eu vent de ce programme souhaitent y participer », a affirmé Elias. « Tout le monde connaît quelqu’un qui a vécu une expérience traumatisante, et qui n’est plus la même personne depuis. »

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