Un orchestre israélien accusé d’appropriation culturelle à cause de son hommage à Oum Kalsoum
Composé de musiciens juifs et arabes, Firqat Alnoor a interprété un morceau de la défunte icône égyptienne à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

L’orchestre israélien qui a diffusé cette semaine une vidéo à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de l’icône égyptienne Oum Kalsoum a été accusé d’appropriation culturelle du patrimoine égyptien.
Orchestre classique arabe composé de musiciens juifs et arabes venus de tout Israël, Firqat Alnoor a tourné cette vidéo sur les dunes à Dubaï. On y voit et entend l’orchestre interpréter le morceau d’Oum Kalsoum « Ghanili Shway Shway » avec des images de l’artiste en train de chanter et des extraits du film égyptien « Salama ».
À mesure que la vidéo s’est répandue au sein du monde arabe, les réseaux sociaux se sont enflammés, accusant l’orchestre israélien d’appropriation culturelle.
La famille d’Oum Kalsoum se serait offusquée et opposée aux prochains concerts de l’orchestre, qu’elle aurait menacé de poursuites judiciaires s’il ne cessait pas.
La famille d’Oum Kalsoum estime que le fait de commercialiser des éléments de son répertoire sans autorisation revient à ignorer l’importance culturelle qu’elle revêt pour des millions d’Arabes de parle monde, peut-on lire dans les médias régionaux.
Ariel Cohen, le chef d’orchestre, a déclaré à la chaîne israélienne N12 que l’orchestre avait précisément voulu porter la voix et la musique d’Oum Kalsoum.
Oum Kalsoum, surnommée la « Quatrième pyramide » d’Égypte ou « la dame du Caire », fut l’une des chanteuses les plus vénérées du monde arabe et des Juifs mizrahi, admiratifs de sa voix profonde et puissante.
La chanteuse s’était produite à Haïfa dans les années 1930, à une époque où la ville faisait partie de la Palestine sous mandat britannique.
Après la défaite de l’Égypte face à Israël, lors de la guerre des Six Jours de 1967, Oum Kalsoum a chanté des titres aux accents patriotiques, dont un parlait de reconquête de la Palestine.
Elle est décédée huit ans plus tard, en 1975, à l’âge de 76 ans.
À l’occasion de précédentes interviews à propos de la diva égyptienne, Cohen a souvent dit qu’Oum Kalsoum n’était pas leur ennemie.
Il a déclaré à la chaîne N12 qu’il n’était pas surpris par ces menaces, dont l’orchestre avait déjà fait l’objet lors d’un concert au Caire, en 2022 dans le cadre d’un événement du ministère israélien des Affaires étrangères. Il a rappelé que ce concert avait eu lieu avant l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023 et le boycott culturel qui s’en est suivi, lequel a valu à l’industrie artistique et culturelle israélienne de faire l’objet de boycott de la part de la communauté internationale.
« Nous n’avons reçu aucune lettre officielle », a assuré Cohen.
« Je crois au pouvoir de cette belle musique, qui rend honneur à son talent. Ceux à qui cela plaît, l’aiment de toute façon ; ceux à qui cela ne plaît pas ne parlent pas de la qualité de la musique. Toutes ces réactions et cette tempête [autour de la vidéo] tournent autour de l’appropriation culturelle », ajoute-t-il en comparant ces accusations à celles selon lesquelles Israël aurait volé les falafels et les terres palestiniennes.
Loin de n’être qu’un orchestre composé de 25 musiciens d’origine arabe et juive, Firqat Alnoor est le seul et unique orchestre en Israël à jouer sans partition des morceaux divers issus du Moyen-Orient, en arabe comme en hébreu, sans oublier la musique liturgique et israélienne.
la Communauté du Times of Israël !







