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Un ex-otage exhorte Trump et Netanyahu à conclure l’accord sur Gaza

Les membres des familles des captifs reprochent au Premier ministre de ne pas soutenir un accord visant à libérer tous les otages restants

Des familles d'otages, d'anciens captifs et leurs sympathisants marchent vers l'ambassade américaine à Tel Aviv, lors d'un rassemblement appelant à la libération de tous les otages, le 19 juillet 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
Des familles d'otages, d'anciens captifs et leurs sympathisants marchent vers l'ambassade américaine à Tel Aviv, lors d'un rassemblement appelant à la libération de tous les otages, le 19 juillet 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Des milliers d’Israéliens se sont mobilisés, samedi dans la soirée, en vue de la libération des otages actuellement détenus par le Hamas. Ils ont appelé à un accord qui garantirait la remise en liberté de tous les captifs qui se trouvent encore dans la bande dans un contexte de négociations portant sur un cessez-le-feu temporaire, au sein de l’enclave côtière, qui ne prévoit que le retour d’une partie des otages.

S’exprimant samedi devant quelque 2 000 personnes sur la place des otages de Tel Aviv, Doron Steinbrecher, libérée des geôles du Hamas, a exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à mettre un terme à la guerre, à finaliser un accord sur les otages et à « Make Israël great again« .

« Il y a six mois, j’ai vu le soleil pour la première fois après 471 jours passés dans les tunnels », a indiqué Steinbrecher, qui a été relâché par le Hamas dans le cadre d’une trêve qui a eu lieu au mois de janvier, alors qu’elle s’exprimait lors du rassemblement hebdomadaire. « Il y a six mois, j’ai pensé que j’allais enfin respirer pour la première fois autrement qu’en ressentant de la peur ».

« Aujourd’hui, après six mois, je ne peux toujours pas respirer… et j’ai toujours peur », a-t-elle poursuivi. « Il faudra du temps. Et la première étape est que tout le monde revienne ».

Steinbrecher s’est ensuite adressée en anglais au président américain Donald Trump : « Nous nous sommes rencontrés et nous avons parlé ; je sais à quel point c’est personnellement important pour vous, à quel point vous êtes impliqué, et je sais de quoi vous êtes capable. Faites en sorte que cela se produise. Laissez tout le monde sortir des portes de l’enfer pour que nous puissions nous remettre debout ».

« Bibi et Trump », a-t-elle poursuivi, le surnom de Netanyahu, « concluez l’accord, de manière à ce que nous puissions rendre à Israël sa grandeur ! »

La manifestation a commencé en début de soirée par une minute de silence pour les 893 soldats de Tsahal qui ont perdu la vie pendant et depuis le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023.

L’ancienne otage Doron Steinbrecher prend la parole lors d’un rassemblement appelant à la libération des captifs retenus en otage à Gaza par le Hamas sur la place des otages à Tel Aviv, le 19 juillet 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Un silence qui a été rompu par une querelle qui s’est déclenchée à l’extrémité sud de la place – là où les manifestants de gauche se rassemblent généralement avant les manifestations du samedi soir avec des pancartes qui dénoncent les « crimes de guerre » et le « génocide » dans la bande de Gaza. Un homme portant un drapeau israélien orné d’un logo anti-gouvernement a crié aux militants de gauche qu’ils devraient « avoir honte » et il a failli en venir aux mains avec l’un d’entre eux avant que d’autres ne parviennent à les séparer.

A la fin de la minute de silence, la maîtresse de cérémonie – une avocate à la tête du groupe anti-gouvernemental Mothers on the Front – a dénoncé avec vivacité les exemptions de service militaire obligatoire dont bénéficient les Haredim.

« Vous êtes plus Juifs que tous les Haredim de Bnei Brak », a déclaré Ayelet Hashachar Seidoff à la foule en liesse, faisant référence à la grande ville ultra-orthodoxe voisine de Tel Aviv.

L’une des intervenantes, Vered Shavit Fima, la mère de deux soldats, a critiqué la tentative, de la part du gouvernement, de codifier les exemptions de recrutement au sein de Tsahal des ultra-orthodoxes, affirmant que les soldats sont très éprouvés et épuisés aux niveaux physique et psychologique et qu’ils réclament la fin de la guerre.

Lorsqu’ils rentrent chez eux, a-t-elle continué, ils découvrent « des accords conclus à leurs dépens, la loi sur l’évasion, l’allongement de la durée du service, l’argent donné à des gens qui ne servent pas alors qu’eux-mêmes manquent cruellement d’équipement ».

Pendant son discours, les militants de gauche sont partis assister à une veillée silencieuse, qui était organisée rue Kaplan pour les enfants palestiniens tués à Gaza.

Les protestataires ont ensuite rejoint les familles d’otages qui participaient à trois manifestations distinctes. Les personnes qui étaient présentes place des Otages, rue Begin et place Habima se sont dirigées vers un immense rassemblement qui se tenait devant les bureaux de l’ambassade américaine, rue Hayarkon.

En tête de la marche se trouvaient l’ex-otage Yocheved Lifshitz, la veuve de l’otage assassiné Oded Lifshitz, et d’autres proches de captifs – dont Tal Kuperstein, le père de Bar Kuperstein, qui se déplace en fauteuil roulant.

Devant l’entrée de la mission américaine, une vague des drapeaux israéliens, américains et jaunes – le jaune est le symbole des otages. Les manifestants se sont tenus derrière une grande banderole qui appelait Trump à conclure un « grand et un bel accord », clin d’œil au récent projet de loi de Finances du président américain. Une grande pancarte indiquait : « Sauvez les otages, mettez fin à la guerre ».

Einav Zangauker, mère de l’otage Matan Zangauker, a expliqué que les familles n’accepteraient rien de moins que le retour des 50 otages, vivants et morts, en une seule fois.

« Nous ne nous contenterons pas de huit otages, ni de dix otages, ni de 49 », a-t-elle affirmé. « Il est temps pour Israël de faire le choix de la vie. C’est le moment de mettre fin à la guerre en échange de tous les otages, c’est le moment de nous rendre notre souffle, de nous permettre de serrer à nouveau nos proches dans nos bras ».

Elle s’est adressée à Trump en anglais : « Monsieur le Président, nous comptons sur vous ; vous avez déjà permis à des otages de revenir à la maison : s’il vous plaît, faites-le à nouveau. Nous avons besoin de vous et de votre leadership. Nous vous en supplions, aidez-nous à ramener nos enfants à la maison maintenant ».

Une manifestation similaire a eu lieu devant le bâtiment du consulat général des États-Unis à Jérusalem.

Des Israéliens se rassemblent pour la libération des otages détenus dans la bande de Gaza par le Hamas, devant le Consulat américain à Jérusalem, le 19 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les familles d’otages critiquent Netanyahu

Itzik Horn, le père de l’otage Eitan Horn, a fustigé le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui, selon lui, assume la responsabilité de la séparation d’Eitan et de son frère Iair, qui a été relâché au début de l’année dans le cadre du cessez-le-feu.

« Mon fils Eitan est détenu dans des conditions inhumaines dans un tunnel à Gaza et il souffre d’une maladie de peau qui ne cesse de s’aggraver », a dit Horn. « Netanyahu, vous l’avez arraché à son frère ».

Les familles des personnes retenues en otage à Gaza appellent depuis longtemps à la conclusion d’un accord global qui permettrait à tous les otages d’être rapatriés sur le sol israélien.

Einav Zanguaker a indiqué qu’il était « temps pour Israël de se joindre aux États-Unis, d’abandonner cette folie qu’est ‘la guerre éternelle’ et de faire avancer la vision de Trump en ce qui concerne la fin du conflit et le retour de tous les otages ».

Einav Zangauker s’exprime lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 19 juillet 2025 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Trump a expliqué vendredi qu’il pensait qu’une avancée dans l’accord partiel – qui ouvrirait la porte à la remise en liberté d’au moins 10 otages vivants – allait se produire « très prochainement ».

Comme Horn, Zanguaker a appelé à la finalisation d’un accord global qui permettrait la libération des 50 personnes qui sont encore détenues par les terroristes à Gaza. Elle a rejeté la responsabilité de l’impossibilité de conclure un accord sur Netanyahu.

« Netanyahu fait de la politique politicienne sur le dos des 50 otages et de nos soldats héroïques. Mon Matan est seul dans les tunnels avec une dystrophie musculaire qui l’empêche de se tenir debout. Il n’a plus le temps », a-t-elle affirmé.

« Cessez d’utiliser la selektzia. Les Juifs ne font pas de sélection sur le dos de leurs frères », a-t-elle poursuivi, s’adressant directement au Premier ministre en faisant référence à la pratique nazie qui consistait, pendant la Shoah,à faire la distinction entre les Juifs jugés aptes aux travaux forcés et ceux qui devaient être immédiatement exécutés.

« Nous voyons les pressions qui sont exercées par Trump en faveur de la conclusion d’un accord global et de la fin de la guerre. Il comprend ce que les gens ici refusent de comprendre, à savoir que seule la fin de la guerre garantira le retour de tous », a-t-elle ajouté.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages – dont 49 des 251 personnes qui avaient été kidnappées par les terroristes du Hamas lors du massacre commis dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps sans vie d’au moins 28 personnes dont la mort a été confirmée par l’armée israélienne. Vingt captifs seraient encore en vie et l’état de santé de deux autres suscite de vives inquiétudes, ont confié des responsables israéliens.

Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat de l’armée israélienne qui avait été tué à Gaza en 2014.

Le Hamas a relâché 30 otages – 20 civils israéliens, cinq soldats et cinq ressortissants thaïlandais – et il a restitué les corps sans vie de huit captifs israéliens qui avaient perdu la vie dans les geôles du groupe terroriste au cours d’un cessez-le-feu qui avait couru du mois de janvier au mois de mars, ainsi qu’un otage supplémentaire, un citoyen américano-israélien, au mois de mai – un « geste » à l’égard des États-Unis, selon l’organisation au pouvoir à Gaza. Le groupe terroriste avait remis en liberté 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine, à la fin du mois de novembre 2023, et quatre otages avaient été libérés au cours des toutes premières semaines de la guerre.

En échange, Israël a remis en liberté quelque 2 000 terroristes palestiniens emprisonnés pour atteinte à la sécurité nationale et des personnes soupçonnées de terrorisme, arrêtées pendant le conflit à Gaza sur le terrain.

Huit otages ont été relâchés vivants par les soldats, et les corps sans vie de 49 autres ont été retrouvés, dont trois qui avaient accidentellement été tués par l’armée israélienne alors qu’ils tentaient d’échapper à leurs ravisseurs. La dépouille d’un soldat qui avait trouvé la mort en 2014 a aussi été récupérée.

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