Un Palestinien va être inculpé pour le meurtre de Yehudah Sherman
La police affirme que Dawas Hassoun a délibérément percuté le quad du jeune résident d'implantation avec son camion ; il va être mis en examen pour attaque terroriste
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Dawas Hassoun, un Palestinien d’une cinquantaine d’années, va être inculpé pour avoir mortellement percuté Yehudah Sherman, 18 ans, en Cisjordanie en mars, ont annoncé mercredi la police et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, qualifiant les faits d’attentat terroriste.
Le 21 mars, Sherman circulait en quad avec deux autres personnes dans la ville palestinienne de Beit Imrin, au nord de Naplouse, quand Hassoun, un résident de la localité, avait percuté le quad avec son camion, tuant l’adolescent.
Hassoun avait alors déploré un accident.
Cet incident avait déclenché une vague d’attaques anti-palestiniennes de représailles de la part de certains partisans du mouvement pro-implantations israéliens. Il avait aussi été mis en relation avec les actes de harcèlement dont avait été victime une équipe de tournage de CNN.
La police avait d’abord ouvert une enquête sur ce qu’elle avait considéré comme un accident de la route meurtrier – mais elle avait ensuite annoncé qu’elle examinait la possibilité qu’il s’agisse d’une attaque à motivation nationaliste de la part du suspect palestinien.
« Quand le prévenu a remarqué trois Israéliens qui circulaient dans le village à ce moment-là, il a décidé de leur faire du mal s’ils ralentissaient », ont fait savoir les autorités dans un communiqué. « Après les avoir poursuivis pendant un court moment, le prévenu a délibérément percuté le Ranger [véhicule] dans lequel les trois hommes se trouvaient ».
Le véhicule avait dérapé dans un ravin, et Sherman avait été mortellement blessé. Les deux autres hommes, son frère aîné, Daniel, et le conducteur, avaient été légèrement touchés et ils avaient été transportés à l’hôpital.
La police a annoncé qu’elle avait également arrêté le fils de Hassoun après avoir perquisitionné le domicile familial et trouvé une mitraillette et un fusil de chasse en sa possession. Une mise en accusation sera également déposée contre lui dans les prochains jours.
La police avait expliqué, au mois de mars dernier, que Hassoun « avait reconnu les faits qui lui sont reprochés », mais elle avait ajouté que « l’enquête se poursuit ».
Un porte-parole de la police n’avait pas précisé les aveux spécifiques qui avaient été faits par Hassoun. Les Palestiniens affirment que ce genre de confession est souvent obtenue sous la contrainte.
Sherman vivait dans l’avant-poste illégal des Fermes de Shuva Yisrael, situé au nord de la Cisjordanie. L’attaque présumée s’était produite alors qu’il effectuait une « patrouille terrestre » avec deux autres personnes, dont son frère Daniel, qui vivait dans cet avant-poste et qui en assurait la gestion, avait noté à l’époque le Conseil du district de Samarie.
Dans les jours qui avaient suivi la mort de Sherman, des partisans du mouvement pro-implantations avaient lancé des dizaines d’attaques dans des villes palestiniennes, incendiant des biens et blessant des habitants. Plusieurs Palestiniens avaient été blessés par balle dans le village de Tayasir à cette occasion, avaient fait savoir les médias palestiniens.
Quand une équipe de CNN était arrivée pour couvrir l’attaque de Tayasir — une localité qui se trouve dans la zone A de la Cisjordanie, un territoire censé être placé sous le contrôle civil et sécuritaire total de l’Autorité palestinienne — un soldat israélien de la réserve avait été filmé en train de dire au journaliste de CNN Jeremy Diamond que toute la Cisjordanie appartenait aux Juifs et qu’ils vengeaient la mort d’un partisan du mouvement pro-implantations.
Diamond avait raconté, choqué, qu’un soldat avait pris son caméraman à la gorge alors que les militaires tentaient de les empêcher de filmer dans un avant-poste illégal de Cisjordanie situé dans le secteur.
Deux des soldats avaient confié aux journalistes qu’ils étaient amis avec Sherman.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, avait dénoncé ce comportement, évoquant « un grave incident éthique ». Dans une décision sans précédent, l’ensemble du bataillon, qui était composé de plusieurs centaines de soldats, avait été retiré de ses fonctions opérationnelles en Cisjordanie.
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